Les Parcs Nationaux en campervan

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Le Service des Parcs Nationaux est une agence fédérale des Etats-Unis, dépendant du Département de l’Intérieur. D’après une déclaration du président Woodrow Wilson en 1916, sa mission est la « conservation et (la) protection des paysages, des sites naturels et historiques, de la faune, de la flore afin de les transmettre intacts aux générations futures afin qu’elles puissent elles aussi les admirer comme nous l’avons fait en notre temps. » (Wikipédia)

 

Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 410 sites qui sont ainsi gérés par ce service, à travers tout le pays : 59 Parcs Nationaux, 81 Monuments Nationaux, 128 sites ou parcs historiques, 19 zones protégées, entre autres…

Il a aussi une vocation de divertissement, d’inspiration et d’éducation pour toute la population, que ce soit par rapport au patrimoine naturel, culturel ou historique des sites préservés.

 

 

Premiers pas sur un site du National Park Service

201606 - Alaska and Yukon - 0482Quand on entre aux heures ouvrables sur un de ces sites, on y est accueilli par un ranger : un fonctionnaire travaillant pour le Service des Parcs Nationaux. Les rangers, on les reconnaît facilement à leurs larges chapeaux clairs, leurs pantalons verts et leurs chemises grises arborant leur badge nominatif et l’écusson des National Parks.

En dehors des heures ouvrables, les sites restent souvent ouverts, et on peut y entrer et sortir librement, sans que personne n’en contrôle l’accès.

 

L’accès aux sites n’est pas toujours payant. Seuls 128 le sont, pour un montant compris entre 5 USD et 30 USD. Ces montants s’entendent en général par véhicule car – on y reviendra plus loin – c’est le moyen le plus commode pour visiter les Parcs.

Mais il y a mieux : le pass annuel des National Parks. Il donne un accès illimité à tous les sites, pendant un an. Le tout pour 80 USD par véhicule ou groupe de 4 personnes. Alors, même pour un court voyage de 15 jours dans l’Ouest Américain, ça peut vite valoir le coup.

 

Une fois acquitté des droits d’entrée, ou présenté son pass, le ranger nous remet un plan du site et parfois un petit journal d’informations pratiques (facilités, campings, routes ouvertes ou fermées, activités prévues avec les rangers, consignes de sécurité…). C’est alors le moment de se diriger vers le visitor center.

 

 

Au Visitor Center  

C’est le centre névralgique du Parc. C’est là que sont stationnés la plupart des rangers, là où l’on trouve de l’eau potable, des toilettes, parfois un peu de nourriture.

Là où on trouve le magasin de souvenirs, et tout le merchandising associé aux Parcs Nationaux. Là aussi où Sandrine peut faire tamponner son « passeport des Parcs Nationaux », un souvenir précieux.

Là, surtout, où l’on peut glaner toutes les informations pour organiser son temps dans le Parc, mieux comprendre ce qu’il y a à visiter et les différentes manières de s’y prendre.

 

Car il y en a des choses à faire dans les Parcs, un sacré paquet même, et il y aurait de quoi y passer un bon bout de temps. Rien qu’aux visitor centers, on pourrait rester des heures !

 

Une partie importante de cet espace d’accueil est en effet dédiée à mieux connaître le Parc : ce qui fait sa particularité, pourquoi et comment cela s’est fait, les thématiques intéressantes des lieux d’un point de vue naturel, géologique, culturel et historique, et leurs interactions… Le tout est toujours très bien fait, très clair et très instructif.

D’autres panneaux expliquent aussi ce que le Parc cherche en premier lieu à préserver, et comment le faire. Certains détails pourraient paraître insignifiants, mais ont un rôle important dans l’équilibre de l’écosystème ou la compréhension de l’environnement. Alors, on nous apprend à y faire attention.

Il y a aussi une petite salle de cinéma où sont régulièrement diffusés des films d’introduction sur le Parc. Ces films d’une vingtaine de minutes proposent de mieux connaître le site en suivant un regard spécifique : le changement, les saisons, l’adaptation, l’écosystème, les grands événements… C’est, là aussi, très bien fait, et souvent avec de très belles images. On en ressort toujours avec l’envie d’en voir davantage.

Et pour les enfants, on trouve aussi des jeux éducatifs en lien avec les attractions du Parc.

 

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Les programmes menés par les rangers

Les rangers ont un panel de responsabilités très varié au sein des Parcs. Et contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, surtout aux Etats-Unis, ils ne sont pas là pour faire la police. Loin de là. Certes, une partie de leur rôle consiste à garantir la préservation des ressources naturelles et du patrimoine culturel et historique, et la protection des employés et visiteurs des Parcs Nationaux. Mais cela passe essentiellement par l’éducation et la pédagogie, et non par le contrôle et la répression.

Et c’est vraiment un des points grâce auquel on adore ces Parcs Nationaux !

 

En fait, les rangers sont majoritairement des passionnés de nature et de grands espaces, de culture et de civilisation, diplômés en biologie, géologie, histoire, archéologie, anthropologie ou écologie… C’est en tout cas ces rangers-là qu’on a le plus rencontrés, pour ne pas dire exclusivement rencontrés, dans les Parcs. Et c’est par la transmission de leur passion pour leurs sujets de prédilection et de leur amour des Parcs Nationaux qu’ils accomplissent leur mission.

 

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Alors bien souvent, plusieurs fois par jours, des activités menées par les rangers sont proposées : une causerie au visitor center ou au coin du feu dans un camping, une petite balade ou une randonnée nature.

Ces activités suivent un planning précis, disponible au visitor center et dans le petit journal remis à l’entrée, et abordent une thématique donnée : on peut y parler de l’histoire, de la nature ou de l’homme, du temps ou des arts, de géologie ou de culture.

Le Parc, ou un site particulier du Parc, est ainsi présenté suivant l’angle original choisi par le ranger et souvent en lien avec son histoire personnelle, donnant aux visiteurs un regard nouveau sur de nombreux aspects. Et toujours fait de façon très instructive, très pédagogique et très intéressante. Et toujours avec l’idée directrice de préserver et de protéger ce qui nous entoure, que ce soit dans le Parc ou à l’extérieur. Encore une excellente surprise, plutôt inattendue, de ce voyage aux USA !

 

Enfin, certaines activités sont spécialement orientées pour les enfants. Chaque Parc propose un programme éducatif avec des petits jeux, des missions à réaliser, notamment avec les rangers, pour permettre aux enfants de devenir « Junior Ranger ». Avec un chapeau, un badge, un serment à prêter et tout… Bien mieux que les cahiers de vacances. C’est vraiment chouette !

 

 

Des infrastructures adaptées à leur environnement

Un autre point remarquable, c’est la conception des bâtiments et infrastructures à l’intérieur des Parcs. Tout est fait pour s’intégrer au mieux dans l’environnement naturel. Ainsi, les bâtiments se fondent bien dans les paysages, en adaptant leurs formes, leurs couleurs et leurs matériaux de construction à la nature qui les entoure. Ils sont aussi placés de manière à préserver au maximum les points de vue, c’est-à-dire parfois assez loin d’un point d’intérêt majeur.

 

Les infrastructures sont faites pour laisser une certaine liberté au visiteur, tout en faisant en sorte qu’il ne se perde pas. On n’a donc pas des panneaux d’indication à tout bout de champ. Jamais de barrières, de rubalises ou autres mochetés. Sur la route, juste quelques panneaux pour s’orienter, parfois presque pas assez à notre sens, souvent en bois pour s’intégrer au paysage. Et les sentiers de balade sont simplement dégagés et nivelés, rarement pavés ou bâtis, sauf si le sol brut est trop dangereux. Les délimitations des sentiers sont aussi marquées de manière à se fondre dans le décor, par exemple avec des troncs d’arbres morts dans les forêts, ou avec des tas pierres dans les déserts.

Les parkings sont judicieusement placés, derrière une petite butte par exemple, pour limiter l’impact visuel.

Bref, c’est bien fait. Très bien fait. Et on a adoré ce souci du détail.

 

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Et dans les Parcs, on fait quoi ?

On profite de la nature et des grands espaces, tout simplement. C’est déjà un tel cadeau !

Mais outre tout ce qu’on peut apprendre et découvrir aux visitor centers, outre les marches et discussions avec les rangers, il y a encore plein d’autres choses à faire à l’intérieur des Parcs.

La première, c’est déjà de le traverser tranquillement, en bus, à pied ou – bien plus souvent – en voiture, en prenant le temps d’admirer les paysages et de dénicher quelques traces de vie sauvage.

 

De temps à autres, des petits parkings sont disposés pour admirer un point de vue, un site remarquable, ou simplement faire une pause pique-nique. Il y a aussi de petites marches thématiques, agrémentées de nombreux panneaux d’interprétation très intéressant.

 

 

On peut également faire de la randonnée, de la marche zéro efforts au trek hors-piste sur plusieurs jours.

Il est bien sûr tout à fait possible de faire du vélo, ou du kayak sur les lacs et rivières, dans les zones autorisées. Voire même de se baigner.

 

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Après, certains Parcs ont des activités qui leur sont propres, parfois payantes.

Par exemple, à Denali, en Alaska, il n’est pas possible de s’aventurer dans le parc avec sa voiture personnelle. Et c’est très bien comme ça. Du coup, de nombreux tours en bus sont proposés, avec un ranger-chauffeur qui fait de nombreux arrêts interprétatifs sur des thématiques différentes.

D’autres fois, on peut suivre un audio-guide. En voiture, comme à Canyonlands, ou à pied, comme à Alcatraz ou Pearl Harbor.

 

Bref, on ne s’ennuie jamais, il y en a pour tous les goûts, on voit plein de choses magnifiques, on en apprend plein d’autres… Tellement inspirant.

 

 

Visiter les Parcs en sac-à-dos, c’est possible ou pas ?

Bon, rien n’est impossible. En stop, avec une tente, pas de plans prédéfinis et beaucoup de temps et de chance… Pourquoi pas ?

Mais quand même, visiter les Parcs Nationaux sans être véhiculé, ça sent vite la grosse galère.

 

Premièrement, ce sont très souvent des endroits difficiles d’accès. Assez loin des villes, et inaccessibles en transports en commun. Alors, à la rigueur à vélo. Ou en moto, très bien. Mais à pied ou en stop… Le stop est d’ailleurs illégal au Nevada, en Utah, ou dans l’Idaho par exemple.

 

Ensuite, même sur place, ce sont des espaces tellement vastes qu’il faut aussi un véhicule pour se déplacer à l’intérieur du Parc. Là, le vélo peut constituer une vraie bonne option… pour les sportifs !

Certains Parcs ont aussi un système de bus interne pour se déplacer du visitor center aux points d’intérêt majeurs. Yosemite et Denali par exemple. Mais ça reste quand même très rare.

Par contre, à pied ou en stop, tout cela nous paraît difficilement concevable.

 

Et puis, il faut bien dormir quelque part à la nuit tombée. Mais dans les Parcs, à moins d’obtenir un permis de randonnée « hors-piste » pour pouvoir dormir dans la brousse, ce n’est pas simple. Surtout quand on est dans un mode de voyage au fil de l’eau, sans trop de planification. On y reviendra un peu plus bas… Alors souvent, il faut ressortir du Parc pour trouver un endroit où dormir. Et comme on l’a dit, ce sont des sites très grands et relativement isolés…

 

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Du coup, l’immense majorité des visiteurs utilise un véhicule motorisé. On a vu des motards en Harley, ça doit être chouette. On a vu aussi des petites voitures. Mais la plupart des locaux voyagent avec leurs énormes caravanes ou leurs monumentaux RV (Recreational Vehicule – véhicule de loisir), des camping-cars à l’américaine qui font la taille d’un autobus de tourisme. Et derrière, bien souvent, ils tractent un pick-up pour s’aventurer sur les petites routes !

Nous, on a opté pour une option intermédiaire : le campervan !

 

 

Gribiche, notre Escape campervan

Le campervan, c’est la version moderne du kombi Volkswagen Westfalia des années 1960. A vrai dire, on aurait adoré en trouver un… Mais en location, apparemment, ça ne se fait plus. Et à la vente, c’est presque mission impossible aux USA pour ensuite se faire assurer en tant que touriste étranger.

Alors, on a fini par trouver une compagnie de location plutôt cool : Escape Campervan, qui réaménage des grosses camionnettes (Ford E150) en petits chez-soi roulants, à la fois confortables et stylés.

 

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Et c’est vrai qu’elles sont confortables leurs camionnettes. Il y a de la place pour transporter cinq personnes avec des bagages et tout est bien pensé. Déjà, les sièges avants sont confortables. Et à l’arrière aussi c’est royal ! Il y a plein de place pour les jambes, ou pour piquer un petit roupillon après avoir bien conduit le matin et bien déjeuné à midi.

 

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Et pour le soir et la nuit, c’est la grande classe. La banquette arrière se déplie, et la planche qui sert de table en journée se transforme en extension de sommier, sur lequel repose le reste du matelas. Au final, ça donne un lit double pour deux personnes, avec une super couette, deux oreillers et les draps. Le top !

Il y a aussi des petits rideaux noirs pour occulter toute la lumière extérieure et faire la grasse mat’ : ils ont pensé à tout chez Escape.

 

Mais ce n’est pas fini, il y a la cuisine aussi ! A l’arrière du van, il y a un petit frigo qui tourne grâce à un panneau solaire sur le toit. Juste la bonne taille pour mettre un cubi de vin, un pack de canettes et quelques saucisses. Au-dessus, il y a un évier qui fonctionne avec une pompe, et le réservoir d’eau est planqué quelque part en-dessous du van. A côté de l’évier, on a un réchaud à gaz avec deux brûleurs. Et ils fournissent tout le nécessaire de cuisine, la poêle, les casseroles, la vaisselle complète, une bombonne de gaz en rab, et même le torchon à vaisselle et les chaises de camping. On a juste eu à investir dans une table de pique-nique (25 USD), et on était fin bien !

 

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Ne manquait que la douche et les toilettes, finalement. Mais heureusement, pour cela, il y avait les National Parks, et la nature…

 

C’est vrai aussi qu’elles sont stylées, leurs camionnettes ! Elles sont repeintes à la main par des artistes locaux, ce qui leur donne un design unique, plein de motifs et de couleurs.

Après, il y a les goûts et les couleurs comme on dit. Certains dessins nous plaisaient beaucoup, d’autres pas du tout. Et finalement, on est tombé sur un van « bi-goût » : on aimait beaucoup son côté droit, mais moins le côté gauche. Le symétrique de Ribéry, en fait.

 

 

En tout cas, avec un tel véhicule, on n’allait pas passer inaperçu. D’ailleurs, tous les jours on croisait au moins une personne pour nous gratifier d’un : « Hey, cool van, dude ! »

Alors, même si ce n’était pas vraiment notre van, et si ce n’était pas nous qui l’avions peint, ça faisait toujours plaisir à entendre. Ouais, il est trop cool notre van !

 

Tellement cool que, très rapidement, on se l’est un peu approprié. On lui a même donné un petit nom. On l’a appelé Gribiche. Parce que c’était un veau. Surtout dans les montées, lorsqu’il se mettait à meugler !

 

 

On s’arrête où pour dormir ?

La vie en van, c’est super chouette. La journée, on roule à travers des tas de paysages différents, ou on visite les Parcs Nationaux. Le midi, on s’arrête pique-niquer dans un village, ou face à un joli panorama, ou alors on déjeune dans un diner local, ceux avec les petites banquettes en cuir, comme dans les films. Et puis le soir vient la question fatidique : on s’arrête où pour dormir ?

Une question pas toujours évidente, malgré l’immensité du pays ! Car il n’y a pas tant d’options que cela en fait.

 

Les campings et RV parks privés

Ça, c’est l’option facile, mais celle qu’on voulait éviter, car la plus chère. Notre van, on l’a loué assez cher par rapport à notre budget. Alors, ce qu’il nous reste pour vivre, on n’a pas envie de le mettre dans un camping. On n’a donc testé cette option que deux fois, pour avoir du wifi, une piscine parce qu’il faisait chaud, et une machine à laver, des facilités qu’on ne trouve pas dans la nature.

On pensait aussi y trouver une certaine « ambiance » de camping et partager un bon moment avec des locaux, en apprendre plus sur la vie en RV. Mais que nenni ! Dès le soleil couché, chacun est bien planqué dans son camping-car. Du coup, on n’a trouvé personne avec qui partager un verre de vin de notre cubi. On était un peu déçu sur ce point. Pourtant les campings sont bien faits, toujours une table et des bancs en extérieur ainsi qu’un coin barbecue. Mais les gens semblent avoir tellement de place dans leurs véhicules qu’ils ont tendance à y rester parfois.

 

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Les parkings nocturnes payants

Eux, ils sont bien moins chers que les campings privés. Mais l’inconvénient, c’est qu’il n’y a rien. Juste des toilettes sèches. Alors, quel intérêt de payer 5 USD ou 10 USD pour… rien, ou juste le droit légitime de stationner là et de pouvoir s’asseoir dans des toilettes ?

On en a quand même fait deux fois dans l’Utah. La première fois pour profiter d’un point de vue magnifique à l’heure de l’apéro, comme l’impression de se sentir seuls au monde dans l’immensité de la nature. La seconde fois pour la localisation stratégique du parking, juste entre les deux Parcs qu’on voulait visiter. D’ailleurs, c’est là-bas la seule fois qu’on a rencontré d’autres voyageurs en minivan. En l’occurrence Pauline, une française avec qui on a pris l’apéro, du coup.

 

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Les parkings de centres commerciaux

C’est un des avantages des supermarchés Walmart, c’est qu’on peut y rester garé toute la nuit, gratuitement. Et en plus, il y a des toilettes dans le supermarché – qui parfois est aussi ouvert toute la nuit. Alors, quand on a dû dormir en ville, on n’a pas longtemps hésité : direction le premier Walmart venu.

Ce n’est certes pas très glamour, surtout pour célébrer le jour de nos deux ans de voyage. Mais bon, ces saucisses grillées sur le parking de l’hypermarché, ça nous fait quand même un souvenir rigolo.

A noter qu’on a aussi pu passer la nuit comme ça sur le parking du Pizza Hut de Tusayan en Arizona, et le parking d’une station-service Flying J à Salt Lake City, en Utah.

 

 

Les National Forest et les routes paumées dans la cambrousse

Ça, c’est l’option nature, c’est l’aventure. Bref, c’est l’option la plus chouette !

Les National Forests sont un autre type de zones protégées aux Etats-Unis, mais indépendant des National Parks. Elles dépendent du Département de l’Agriculture, et ont pour vocation à protéger des milliers d’hectares de forêts de l’exploitation privée du bois.

Surtout, nous concernant, elles sont connues pour tolérer le camping sauvage, à condition de ne pas être trop près d’un cours d’eau. Alors, dès qu’on était à proximité d’une National Forest en fin de journée, on s’aventurait illico dans les petits chemins de traverse à la recherche d’un emplacement acceptable.

On a alors le bonheur d’être seuls au milieu de la forêt, d’avoir cette nature et ce calme rien que pour nous. Génial.

Sauf une fois, où très vite on a compris qu’on ne serait pas seuls : une nuée de moustiques s’est mise à nous dévorer. L’horreur. On a fui mais il y en avait partout dans le van. Sale nuit.

 

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Et s’il n’y a pas vraiment de National Forest, mais juste la campagne, on n’a qu’à se dire que c’en est une. C’est ainsi que, plusieurs fois, on s’est aventuré sur de petites routes, qui sont parfois devenues de petits chemins, où on a passé la nuit un peu cachés dans un renfoncement sur le bas-côté. Des fois on croisait du monde, des fois non. Mais personne ne nous a jamais rien dit.

 

Dans les Parcs Nationaux – le cas de Yellowstone

Yellowstone est un Parc immense. C’est grosso modo un rectangle de 90 km par 100 km, ce qui le rend, en superficie, plus grand que la Corse.

En moyenne, il faut parcourir une bonne trentaine de kilomètres entre deux sites majeurs du Parc, mais compter une bonne heure et au moins autant pour en sortir. Alors pour éviter tant de route – et de pollutions – inutiles, il est donc intéressant de passer la nuit à l’intérieur du Parc, dans l’un des douze campings qu’il comprend.

 

Cinq d’entre eux, représentant quelques 1700 emplacements, sont réservables en ligne. Mais comme les Américains ont peu de congés et qu’ils adorent leurs Parcs Nationaux, et surtout Yellowstone, ils anticipent longtemps à l’avance. Très longtemps : pour espérer y avoir une place en plein été, il faut s’y prendre 6 mois à l’avance. Une folie !

 

Alors, quand on se pointe comme nous sans rien avoir prévu, en plein weekend du 4 juillet, il ne reste que les sept autres campings. Ceux qui fonctionnent sur la base « Premier arrivé, premier servi » . Ils offrent 450 emplacements environ.  Pas mal ?

 

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Non ! Car imaginez qu’en haute saison, ce sont près de 12 000 visiteurs qui entrent quotidiennement dans le Parc. Alors avec 2000 emplacements disponibles au total, ça ne laisse de la place qu’à une petite moitié d’entre eux. Et les quelques 450 emplacements sans réservation s’arrachent donc comme des petits pains : vers 10-11 heures tous les jours, tout est plein. Partout !

 

Alors si on veut avoir une place, il faut arriver tôt à son camping. Puis après on visite les différents sites en avançant dans le Parc. Et puis le soir venu, on refait dans l’autre sens les 60 km qu’on a tranquillement parcourus pendant la journée. Avec une vitesse limitée à 50 km/h, autant dire que c’est interminable. Et le lendemain, rebelote… Quoiqu’on fasse, on est obligé de refaire deux ou trois fois la même route à cause de ces histoires de campings pleins dès le matin. Niveau préservation de l’environnement et de la vie sauvage, tranquillité des lieux et sécurité, c’est quand même bien nul !

 

Alors, après s’être faits avoir une fois, on a fini par transgresser les règles. Un soir, on a garé le van sur le parking d’un des hôtels du Parc, et on a passé la nuit dedans. Franchement, on n’allait pas perturber grand-chose de l’environnement ainsi parqué au milieu de tous les autres véhicules. Et un autre soir, on s’est posé sur une aire de pique-nique assez reculée des axes majeurs de circulation. A moins de faire le détour exprès, personne ne pouvait nous y voir et on était tout seul.

Et on avait peur. Oui, on avait peur.

Non pas qu’un ranger vienne nous rappeler à l’ordre, mais qu’un ours déboule pendant qu’on prépare le dîner !

 

 

Au final, ce sont 3935 miles (6330 kilomètres) qu’on a parcourus avec Gribiche, en 23 jours et à travers 8 Etats de l’Ouest. On en est ressorti avec un mélange de sentiments de simplicité, de grande liberté, de confort, de découverte et d’émerveillement, qui fait qu’on a vraiment adoré ce road trip. La combinaison parfaite du mode de voyage – le camper van – avec le type de visites – les Parcs Nationaux.

Pour tous ceux qu’il nous reste à voir, la question ne se posera pas : on louera un camper van !

 

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Un commentaire sur “Les Parcs Nationaux en campervan


     Elodie a écrit :

    18 février 2019 à 18:06

    bonjour,

    Merci pour toutes ces précieuses infos ! Je pars en campervan cet été (avec la même compagnie) et j’ai réservé des emplacements dans les parcs nationaux. Je me demandais si les emplacements « test only » sont autorisés pour les vans et surtout si on peut dormir dedans ou s’il faut obligatoirement avoir une tente sur ce genre de site..?

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