Comme un cheveu sur la soupe – Cuba

PubliÉ le Catégories : Cuba, Plats et traditions.


Cuba, encore une île, et encore une culture alimentaire « îlienne ». Mais à la différence de l’Islande ou du Groenland, ce n’est pas l’éloignement qui entretient cette culture, mais plutôt la politique ! Leur salaire moyen étant de 15 $US par mois, les Cubains ne peuvent pas s’offrir beaucoup de produits importés. Et pour ne rien arranger, l’embargo américain, toujours d’actualité, a concerné les produits alimentaires de 1962 à 2000. Du coup, les Cubains ne mangent presque que des choses qui se trouvent sur l’île. Heureusement pour eux, ça leur fait quand même pas mal de bonnes choses. Le principal produit alimentaire d’importation est en fait le riz, essentiellement en provenance du Vietnam, et qui est en plus la base de leur alimentation. Cuba produit néanmoins un peu de riz, mais pas assez pour nourrir toute sa population, loin de là.

 

Le dîner typique

201409 - Cuba - 0163Le repas cubain typique se prend au dîner. Il est constitué d’une base de riz et d’une soupe de haricots rouges ou noirs, parfois mélangés ensemble. A côté de cette base, on trouve souvent une salade de légumes avec de l’avocat, du concombre, parfois du chou, du poivron et plus rarement de la tomate. On peut aussi avoir des bananes plantain frites, du yuca en purée ou en boulettes frites, ou de la courge. Et pour la viande, quand il y en a dans l’assiette, c’est porc ou poulet. Le bœuf est plus rare, car il sert avant tout aux travaux agricoles. Sur les littoraux, on a aussi du poisson, des crevettes ou même de la langouste à un très bon prix (10-12 CUC dans les casas particulares) ! On a donc mangé la même chose tous les soirs, alternant les viandes et les poissons. Et on a essayé la langouste grillée, tout bonnement excellente !

 

Le petit-déjeuner

Dans les casas particulares, les petits déjeuners sont bien plus généreux que ceux des Cubains. On a tout le temps eu des œufs, du pain, des fruits et des jus de fruits. Eux, ils se limitent plutôt à un café et/ou du lait, du pain et du beurre. C’est en tout cas ce qu’on a constaté dans notre famille à Jaguey Grande.

 

Le déjeuner

On n’a pas vu les Cubains manger des plats cuisinés le temps de midi. Chez eux, ils se contentent plus de pain, de galettes créoles (biscuits secs qui calent bien), de fruits, voire d’un reste de viande de la veille. Au travail, ils emportent avec eux de petits sandwichs maison, ou des galettes. Dans les rues, les files sont nombreuses devant les stands de sandwichs au jambon et fromage, ou devant les petits échoppes de pizzas à emporter. Les écoliers mangent aussi dans la rue le midi : des biscuits secs et un soda. Parfois ils s’achètent un petit complément sur un stand.

 

Spécificités culinaires

On cuisine beaucoup au beurre ou à l’huile, et en grande quantité, que ce soit pour les œufs, la viande, les bananes ou le yuca à frire.

Les viandes et poissons sont souvent assaisonnés de la même façon : du jus de citron, de l’ail écrasé et un peu de coriandre. Simple et bon, le goût du citron avec la viande de porc est assez intéressant.

 

La cuisine de rue

201409 - Cuba - 0316On a vu beaucoup de micro-stands, directement sur le trottoir ou dans l’entrée de maisons, qui proposaient des petits encas chauds ou froids toute la journée. Ils tournent surtout le midi. On n’a pas testé les sandwichs jambon fromage ni les « burgers ». En revanche, on s’est essayé quelque fois aux pizzas. Il s’agit en fait pizzas individuelles de petite taille, à pâte épaisse et grasse, garnies d’un peu de coulis de tomate et de fromage, parfois avec du jambon ou du chorizo. Ils ont tendance à les arroser d’une sorte de tabasco. Ca reste du fast food , mais c’est pas mauvais et ça cale bien !

 

 

L’asado cerdo : le repas de fête

201409 - Cuba - 0217 Lors des fêtes de Noël ou lorsque les familles se rassemblent, l’asado cerdo est de rigueur. C’est le repas de fête typique à Cuba. Tout commence la veille de la fête, lorsque l’on achète le cochon. Puis le lendemain, on le tue, on enlève ses poils, on le vide de ses viscères tout en gardant les meilleurs morceaux (foie, cœur), on l’embroche sur un grand bout de bois et on le fait cuire sur un grand feu de bois pendant de longues heures, en le faisant tourner. Enfin, une fois cuit, lorsque la peau est bien dorée et croustillante et que la viande est tendre à cœur, la fête peut vraiment commencer. Là, on étale sur la table quelques morceaux choisis du cochon, et c’est le carnage ! Tous les convives présents se jettent sur la viande et la mangent directement avec les mains. Tant pis pour ceux qui ne sont pas encore arrivés, de toute façon il leur en restera forcément. Entre deux morceaux, on boit une gorgée de vin ou on prend une bouchée de légumes ou de féculents. C’est vraiment un moment festif et convivial : tout le monde se retrouve, debout autour de la table, à partager l’énorme quantité de viande de l’animal. Et en plus, c’est vraiment délicieux, surtout la peau croustillante, grasse et goûtue !

 

 

Le pain

Le pain cubain a toujours la même forme et la même texture. A croire qu’il y a une boulangerie nationale qui fait tout le pain du pays. De grands pains longs et volumineux, mous et à croûte molle, un peu comme de très gros pains à hot dogs. Il y en a en tout cas toujours à table, à chaque repas.

 

Les pâtisseries

201409 - Cuba - 0300On mange aussi des gâteaux à Cuba. Il y a peu de variétés, et ils sont de composition très simples. Le plus souvent, c’est une sorte de génoise légèrement imbibée de sirop de sucre de canne avec un peu de crème sur le dessus, assez légère. On a vu des gâteaux à pâte feuilletée avec un peu de crème, comme des mille-feuilles. Et aussi des petits sablés au beurre.

La particularité de la petite pâtisserie locale qu’on avait trouvée à Trinidad : quand on prend une part de gâteau à empoter, elle nous est donnée simplement sur un morceau de papier kraft. Autant dire que cela demande un peu d’attention quand on se promène dans la rue avec deux parts de gâteaux à la crème sur le plat de la main !

 

Les fruits

Les pâtisseries sont plutôt réservées aux occasions spéciales, anniversaires, fêtes, etc. A part cela, les principaux aliments sucrés de tous les jours sont les fruits. Les plus fréquemment retrouvés sont l’ananas, la banane, la papaye, la goyave et la mangue.

 

Les boissons

Avec tous ces supers fruits, on peut faire d’excellents jus de fruits, souvent rallongés à l’eau. On a particulièrement appréciés les jus de goyave ou de mangue le matin ! Sinon, la boisson la plus courante, c’est la citronnade. Le jus de quelques petits citrons verts, une bonne dose de sucre et de l’eau très fraîche. Ca fait un bien fou dans la chaleur du climat cubain.

 

Le rhum et ses cocktails

C’est bien sûr la boisson n°1 à Cuba. On peut trouver partout des bouteilles d’Havana Club (à prononcer « Ha’ana Cloub » comme avec une patate bien chaude dans la bouche !), qui en vente libre, sont d’ailleurs toujours au même prix. Les Cubains le boivent plutôt pur, mais certains cocktails méritent d’être cités, pour rappel :

  • Le mojito : du jus de citron, de l’eau très fraîche (mais pas gazeuse à Cuba), du sucre de canne, du rhum blanc et des feuilles de menthe
  • Le daiquiri : comme la citronnade mais passée au congélateur puis pilée, arrosée de rhum blanc ou ambré
  • Le cuba libre : le fameux coca – rhum blanc. Bien sûr ici, ce n’est pas du coca mais l’équivalent local, le refresco au cola.
  • La Cubanata : le cuba libre mais avec un rhum ambré
  • La Canchanchara : jus de citron, miel, eau fraîche ou glaçon et rhum ambré

 

En vrac

Et enfin, quelques observations en vrac sur l’alimentation à Cuba :

  • Le café se boit dans de toutes petites tasses, très fort et très sucré
  • Cuba a aussi ses bières locales : la Cristal, une blonde légère, et la Bucanero, une version fuerte  ambrée et plus alcoolisée
  • Les Cubains mangent aussi pas mal de glaces, vu le nombre de Coppelia et autres glaciers qu’on a croisés. On n’a pas aimé les glaces de la Coppelia « touristique » de la Havane. Par contre, on a trouvé un chouette petit glacier à Trinidad.
  • On n’a quasiment jamais eu de couteau à table. On mange là-bas avec une grande cuillère et une fourchette. Mais on n’en a pas eu besoin, car la viande, quand elle n’est pas déjà en petits morceaux, se coupe très facilement
  • Les Cubains utilisent un livret d’approvisionnement (ou de rationnement, question de point de vue), ou « libreta », fourni par l’Etat, qui leur donne droit à une certaine quantité de denrées alimentaires dans des magasins particuliers : du riz, des haricots, des œufs, du sucre, du  pain, de la viande  mais aussi du gaz et de l’huile. La quantité dépend du nombre de personnes dans le foyer. Selon leurs dires, alors qu’ils pouvaient avant tenir deux semaines par mois avec ce livret, aujourd’hui il ne les nourrit plus qu’une semaine par mois. Cependant il devrait disparaître dans quelques années pour la partie de la population qui n’est pas dans le besoin vital.

 

 

 



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