Mongolie – Visite de trois marchés Mongols

PubliÉ le Catégories : Mongolie, Sur les marchés.


La première fois que l’on est arrivés sur un marché en Mongolie, à Khovd, mais aussi lors de notre visite de l’immense Narantuul Market d’Oulan-Bator, on est d’abord tombés sur une placette où un grand nombre d’hommes étaient affairés autour de tables de billard. Oui, des tables de billard, comme dans les bars, sauf qu’ici elles étaient disposées en extérieur et accessibles à tout le monde.

On a un instant pensé que ces billards étaient une sorte de subterfuge utilisé par les commerçants, pour vendre leurs produits sous le manteau, en les cachant dans ou derrière le billard. Après tout, on appelle bien ces marchés « marchés noirs », non ?

Mais que nenni !

En fait, l’appellation khar zakh (marché noir, en mongol) provient sans doute d’une époque révolue, mais dont les Mongols ont gardé l’usage. Car aujourd’hui, les différents marchés que l’on a visités sont tous de style classique et ne laissent transparaitre aucun signe d’activité clandestine.

Les hommes y jouent donc au billard, mais aussi boivent, fument et discutent, bref socialisent juste à l’entrée du marché. Mais pourquoi là, alors ?

 

En Mongolie, le marché, c’est avant tout une histoire de femmes. Et le transport, une affaire d’hommes. Ils sont donc là pour les attendre.

La plupart des petits commerces sont tenus par des femmes, et les courses sont faites par les femmes. On l’a vu auparavant, ce sont en effet elles qui ont la charge de tout ce qui a trait à la vie de la ger, donc en particulier les courses du quotidien.

Par contre, pour ce qui est des produits les plus lourds et chers, ou ceux destinés aux activités extérieures (outillage, accessoires moto, auto, gros mobilier), ça redevient une affaire d’homme. Quand même…

 

Et oui, on trouve de tout sur les marchés mongols. C’est en fait le type d’espace commercial le plus répandu, et si on cherche quelque chose d’un peu inhabituel, c’est au marché qu’on a le plus de chance de trouver son bonheur. Les produits tels que les vêtements, les ustensiles de cuisine, les outils, les équipements pour le cheval ou la yourte, les cannes à pêche, etc. sont vendus dans des stands spécifiques, souvent rassemblés dans une même zone.

Surtout à Oulan-Bator, au Narantuul Market, où on a même vu de petits ateliers montés dans des containers, qui réparent vélos, motos ou groupes électrogènes. C’est aussi là, du coup, qu’on y a rencontré la foule la plus dense, d’autant plus qu’on était samedi après-midi !

 

Dans sa structure, le marché est un dédale de petites ruelles où se côtoient boutiques en dur et étals de rue. En extérieur, on trouve surtout des produits manufacturés de consommation courante (farine, huile, biscuits, papier toilette, ampoules, allumettes, piles). Pour trouver des produits frais, il faut généralement aller dans des bâtiments en dur.

 

Là, on trouve un espace réservé aux produits laitiers (beurres et autres graisse d’origine animale, essentiellement ovine, crèmes, yaourt séché, fromage sec, lait) et un autre aux viandes.

En pénétrant dans ce dernier, on est surpris d’abord par l’odeur, étrangement neutre. Puis par l’amabilité des commerçants, peut-être eux-mêmes étonnés de voir des touristes débarquer ici.

Ils sont tous affairés à découper des morceaux de mouton, bien sûr, mais aussi de chèvre, de vache, de yak ou de cheval. Les viandes vendues se présentent sous trois formes : le membre complet (épaule, jarret, cuissot), la viande hachée (pour les célèbres buuz, par exemple) et des préparations à base de viande, comme une sorte de terrine de mouton que nous a naïvement proposé quelqu’un.

Plus étonnant, ce sont les têtes d’animaux qui jonchent le sol ; une tête de mouton par-ci, une de yak par-là, une de chèvre dans un sac plastique bleu. On dirait qu’elles viennent d’être coupées, encore un peu sanguinolentes avec les poils, les cornes, les yeux, la cervelle ! Par contre, on n’a pas réussi à savoir si elles étaient destinées à la vente ou juste là pour témoigner de la fraîcheur des produits !

Dernier point sur les boucheries : bien que majoritairement féminines, et oui, ce sont les seuls étals où l’on a trouvé des hommes.

 

Quant aux fruits et légumes, c’est là que le bât blesse. Dans la plupart des marchés, seuls quelques rares stands en proposent, au milieu de quelques autres cochonneries, et souvent en quantités infimes. En même temps, il n’en pousse pas beaucoup en Mongolie. Alors on a cherché, et on a fini par trouver de temps en temps quelques pastèques dispersées çà et là, des sacs de patates et de carottes, quelques choux, des pommes, du raisin voire des bananes (d’importation bien sûr).

 

En revanche, à Oulan-Bator, il existe un marché très bien approvisionné en toute sorte de produits alimentaires frais : le Mercury Food Market. C’est là que vont les expatriés quand ils ont un coup de blues culinaire, chose assez commune dans ce pays j’imagine. En contrepartie, c’est aussi là que les produits sont les plus chers. Mais avouons que ça nous a fait plaisir de voir ces belles pièces de viande de bœuf, ces morceaux de langue, ces jarrets de porc, et même ces poulets entiers. On a même trouvé des poissons !

Et puis, il y a pléthore de fruits et légumes qu’on n’avait plus vu depuis longtemps : des aubergines, des poivrons, des salades vertes, des brocolis, des poires, des oranges, des kiwis… Bref, tout un tas de produits importés pour réchauffer le cœur et l’estomac des expatriés. Sans parler des pots de Nutella !

 

 

Le « marché noir » de Khovd

 

Tous les jours

Marché ouvert avec quelques bâtiments en dur.

Produits : produits alimentaires frais et manufacturés, produits d’entretien, pièces auto, vêtements…

 

 

 

Le Narantuul Market d’Oulan-Bator

 

Tous les jours sauf le mardi

Marché ouvert avec quelques parties couvertes

Produits : produits alimentaires manufacturés, entretien, ustensiles de cuisine, pièces auto, vêtements, ateliers…

 

201510 - Mongolie - 1068

 

Le Mercury Market d’Oulan-Bator

 

Tous les jours sauf le lundi

Halles

Produits : produits alimentaires uniquement, locaux et d’importation, frais et manufacturés

 



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