Voyage et allergie alimentaire : l’arachide et moi

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L’arachide est parmi les aliments au plus fort potentiel allergénique, c’est-à-dire qu’elle entraîne les réactions les plus violentes en cas d’ingestion. Et moi je suis gravement allergique à l’arachide. C’est-à-dire que si j’ingère ne serait-ce qu’un tout petit morceau d’arachide, alors s’en suit une violente réaction. Je sens dans les toutes premières secondes ma gorge qui commence à gratter. A partir de ce moment, il est déjà trop tard. Mon corps va chercher à expulser l’indésirable coûte que coûte. D’abord des nausées, démangeaisons, le nez qui coule, des éternuements en salve, une sensation de gonfler. Puis des difficultés respiratoires qui s’accentuent, et enfin des vomissements, jusqu’à se purger complètement, accompagnés de chair de poule et de frissons qui alternent avec des bouffées de chaleur et des tremblements. La prise d’anti-histaminiques et de corticoïdes est indispensable au début de la réaction, mais elle ne l’empêche pas de se produire. Elle permet d’atténuer ses symptômes et les risques d’aggravation.

 

L’arachide est un allergène pour lequel il n’existe aucun traitement désensibilisant. La recherche sur ce sujet en est encore au stade expérimental. La piste de la désensibilisation développée par plusieurs équipes depuis quelques années donne néanmoins des résultats encourageants. Alors qu’ils ne pouvaient tolérer la protéine, certains patients ont réussi à ingérer quelques cacahuètes après de longs mois de traitement progressif où tout surdosage peut être fatal. Mais il faudra encore des années avant que le traitement ne puisse être généralisé.

 

Alors en attendant, dans la vie de tous les jours et encore plus en voyage, cela implique deux choses :

  • Il faut absolument éviter tout produit contenant de l’arachide
  • Il faut reconnaître très vite les signes annonciateurs d’une réaction allergique et lancer rapidement le traitement curatif avant que les symptômes ne s’aggravent.

Pour ce deuxième point, afin d’anticiper en permanence les effets d’une éventuelle réaction, je prends quotidiennement un traitement à base d’anti-histaminiques. Sans eux, étant donnée ma très forte sensibilité à la protéine, toute ingestion aurait immédiatement des conséquences graves.

 

D’ailleurs on peut aussi déclencher une réaction allergique par simple inhalation. J’en fait l’expérience l’année dernière. Alors que j’étais installé dans mon confortable siège d’un A380 de la compagnie Thaï, les hôtesses ont commencé à distribué l’apéro, et en accompagnement, quelques cacahuètes emballées. La poussière dégagée dans cet espace confiné par les centaines de personnes ouvrant simultanément leur sachet a suffi pour me chatouiller le nez . Je ne me sentais pas très très bien pendant quelques minutes. La réaction n’est pas allée plus loin, heureusement, et cela sûrement grâce à mes anti-histaminiques quotidiens. Comme quoi l’allergie peut se déclencher même là où on ne s’y attend pas.

 

D’ailleurs où trouve-t-on l’arachide ?

Arachide et cacahuète désignent la même graine. C’est un aliment largement répandu du fait de sa grande valeur nutritive, et cultivable dans toutes les régions tropicales et sub-tropicales du monde. Elle est donc omniprésente en Amérique du Sud, Afrique, Asie du Sud-Est et aux Etats-Unis.

L’arachide se consomme également sous des formes multiples (grillée, salée, sucrée) et souvent masquées (dans les friandises, barres chocolatées, pâtisseries, plats en sauce, salades). Enfin, elle fournit de l’huile et sert à la fabrication du beurre, notamment en Amérique du Nord.

Notons que, pour l’huile, lorsque celle-ci est correctement raffinée, la protéine allergénique est filtrée et la consommation d’huile, ou plutôt d’aliments frits dans l’huile d’arachide, ne pose théoriquement pas de problème. Malheureusement, la qualité des huiles dans de nombreux pays laisse à désirer. La prudence est donc, là aussi, de mise, pour la consommation d’aliments frits.

 

Voyage et allergie à l’arachide

On trouve donc l’arachide sur une grande partie de la planète et la majorité de notre périple. Elle est susceptible d’être utilisée dans de nombreuses préparations. Pas simple de l’éviter ! Et pourtant, il le faudra, tout au long du voyage.

 

En plus, comme pour toute condition de santé sérieuse, une prise en charge médicale de qualité est indispensable en cas de complication lors d’une réaction. Or nous n’aurons pas de structures hospitalières de qualité partout sur notre parcours. Au contraire, notre projet nous poussera plutôt à nous éloigner des grands centres urbains. Il faudra donc redoubler de vigilance !

 

Troisième écueil, je vais devoir poursuivre mon traitement d’anti-histaminique quotidien pendant 2 ans, et conserver sur moi en permanence la « trousse de secours ». Sauf qu’on ne peut pas acheter 2 ans de médicaments en pharmacie. Et encore moins voyager avec tout ça. Le ré-approvisionnement en médicaments, du quotidien et de secours, en tout point de la planète s’annonce aussi un challenge.

 

Enfin, si malgré toutes les précautions prises, je dois me rendre à l’hôpital ou chez un médecin, encore faut-il avoir une assurance de voyage qui prend en charge ce qu’ils appellent « les soins liés aux conditions pré-existantes ».

 

 

Il est donc indispensable d’éviter toutes les cacahuètes que nous croiserons sur notre chemin. Comment ? A suivre dans nos prochains articles de la série Vade retro arachide…



2 commentaires sur “Voyage et allergie alimentaire : l’arachide et moi


     Julien a écrit :

    26 avril 2014 à 14:10

    Du coup j’imagine que le traitement d’anti-histaminique n’a pas besoin d’être gardé au frais ? Voilà qui va donner une couleur unique à votre voyage en tout cas !


       Benito (voyagepartageetpotage.com a répondu :

      29 avril 2014 à 22:43

      Non, nul besoin de conservation au frais pour les anti-histaminiques, comme toutes les formes sèches d’ailleurs. Et leur durée de consommation va, bien souvent, au-delà de celle de notre voyage. Concernant l’adrénaline auto-injectable, elle peut désormais être conservée pendant plusieurs mois à 25°C maximum. C’est bien mieux que la fourchette 4-10°C anciennement préconisée. Par contre, elle périme un peu plus vite (autour de 8-10 mois de conservation en moyenne). Il sera donc d’autant plus important d’arriver à nous ré-approvisionner en route, soit en achetant localement, soit en s’en faisant envoyer depuis la France.

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