Passionnémantarctique – 1/3 – Malouines & Géorgie du Sud

PubliÉ le Catégories : Antarctique.


A voyage exceptionnel, histoires exceptionnelles. Nous avons décidé de vous raconter deux fois notre
passage en Antarctique. Pour laisser à chacun de nous le loisir de partager ses émotions.

 

Journal de bord d’une globe-trotteuse en partance pour l’Antarctique.

Sandrine raconte son expédition en Antarctique.

Première semaine : Embarquement pour les îles Malouines et la Géorgie du Sud

 

 

Mercredi 17 décembre 2014 – 14h10

54°48’2″S – 68°18’3″O

L’attente

 

H-1, je ne tiens plus en place.

Ce midi, on est passé par le port. Il est là. Blanc et bleu, serein, presque caché au milieu des autres. Il me fait rêver. C’est notre bateau ! Celui sur lequel nous allons embarquer dans quelques heures. Celui sur lequel nous allons vivre pendant 3 semaines. 3 semaines ! Celui qui va nous emmener au pied de notre rêve. En Antarctique !

 

Et là on attend que l’heure de l’embarquement arrive. En plus on est au Lupinos, un hostel qu’on déteste. Imaginez 4 étages de backpackers. Imaginez seulement le bruit. Imaginez l’état de la cuisine. Pas du tout notre genre. Mais Ushuaia en pleine saison c’est bondé. Tous les hostels sont pris d’assaut et d’ailleurs sur nos 7 nuits dans la ville, nous avons testé, malgré nous, 5 hostels différents ! Et malheureusement le Lupinos c’est le pire mais c’est le seul qui pouvait nous accueillir pour cette dernière nuit de l’année sur la terre ferme.

 

On traîne sur Internet, on a déjà fait trois fois le tour de Facebook, de Twitter, de sites d’actualités et autres sites chronophages. En fait on tourne en boucle parce qu’on n’a envie que d’une chose : embarquer !

 

 

Mercredi 17 décembre – 17h48

54°49’2″S – 68°20’3″O

Ça bouge

 

Vite, il faut remonter sur le pont, le bateau est en train de bouger. Par le hublot de ma chambre je vois la silhouette du quai reculer peu à peu. Pas de sirène, ni de musique « pump it up », le bateau glisse silencieusement hors de sa place et avance déjà dans le canal de Beagle.

Hop on grimpe sur le pont extérieur à l’arrière pour voir Ushuaïa qui commence à s’éloigner.

 

201412 - Antarctique - 0012Ca y est nous voici partis ! Pour de bon ! Le stress du « problème de dernière minute » s’envole. C’est une émotion incroyable. On tombe dans les bras l’un de l’autre, le sourire vissé sur nos visages.

 

Autour de nous tout le monde partage cette joie. Il y a tellement de monde, on est parait-il 113 passagers sur le bateau. Qui sont tous ces gens ?

Un vietnamien avec des dreads qui passe son temps à faire des selfies avec sa Go Pro au bout d’un long stick. Des parents avec 4 ados qui n’ont pas encore atteints la vingtaine, mais qui partent pour l’Antarctique dans des suites luxueuses. Ces quelques jeunes qu’on découvre au milieu de toutes ces personnes d’un âge un peu plus avancé. Ces gens qui ont des énormes objectifs vissés sur leurs énormes appareils photos, ces gens qui ont des jumelles accrochées autour du cou. Tous ces gens qui cette année ont décidé de s’offrir ce voyage incroyable vers les terres Antarctiques.

 

 

Mercredi 17 décembre – 23h40

54°58’2″S – 66°59’3″O

Reprendre son souffle

 

Les lumières sont éteintes dans ma chambre, il ne reste que moi face à mon ordinateur qui écrit ces quelques lignes. Il s’est passé déjà tant de choses depuis qu’on est monté sur le bateau. Là nous arrivons bientôt en pleine mer et il commence à tanguer un peu plus qu’avant.

 

Dans ma cabine nous sommes 3 filles, Benoît a été placé dans une autre cabine, de garçons. Avec moi il y a Chris, une belge (flamande) et Christina, une canadienne de Toronto. On va partager un petit espace de vie pendant 3 semaines.

Et j’ai déjà oublié une bonne dizaine de noms de tous ceux avec qui j’ai discuté ici ou là sur le bateau.

 

On a eu la présentation de l’équipe d’exploration, des scientifiques ou aventuriers, tous spécialistes des oiseaux, des mammifères marins, des roches, du kayak, d’histoire et j’en passe. A part le biologiste polonais et l’historien argentin, tous sont américains, canadiens, australiens ou néo-zélandais. Fluent en anglais donc, et avec de forts accents. Pour certains faudra s’accrocher, et pour les prénoms faudra qu’ils nous les répètent encore quelques fois.

On a reçu aussi notre parka d’aventurier qu’on pourra garder après le voyage. Jaune violent, lourde, mais qui tient bien chaud face au vent. Et quand tout le monde la porte sur le pont difficile de savoir qui est qui !

 

Le dîner, délicieux, servi à table par des serveurs en nœuds papillons. Et sur nos lits quelques cadeaux et un peignoir ! Ahahah qui eut cru qu’on aurait un jour un peignoir pendant notre tour du monde ! J’ai aussi vidé mon sac dans l’armoire, la première fois en 5 mois que je peux étaler mes affaires. Ça parait un peu futile de mettre une brosse à dents dans un verre à dents, mais qu’est ce que c’est agréable ! Tout ce luxe que nous avions mis de côté depuis tant de semaines.

 

Maintenant il se fait tard, ça tangue de plus en plus et les images de toute cette journée se bousculent dans ma tête. Je vais aller dormir, rêver et reprendre mon souffle après ces premières émotions !

 

 

Jeudi 18 décembre – 15h10

53°48’1″S – 63°48’9″O

Open sea

 

Cling ! Bing ! Schlak ! Le bateau s’est mis d’un coup à tanguer violement. Je crois que personne ne s’y attendait, y compris le staff qui se jette sur les placards de vaisselle pour les sécuriser. Mais c’est un peu tard, on a déjà entendu beaucoup de verre cassé et de bruit de bouteilles qui tombent. Est-ce pour ça que le bateau est recouvert de moquette à l’intérieur ? Pour amortir un peu les chocs ?

 

En tout cas, pour moi, cela devient très dur de rester concentrée sur la présentation de Miko. Pourtant ce que nous raconte ce biologiste marin sur la disparition d’espèces insulaires est fort intéressant. Mais il me faut de l’air frais. Tant pis. Et pourtant j’ai mon patch anti-mal de mer collé derrière l’oreille, mais rien n’y fait je sens que ça remue dans mon estomac. Toute la soirée sera sur ce modèle : des accalmies et puis soudain de gros creux qui nous font vaciller.

Benoît, lui, ne ressent pas les effets de la mer. C’est la première fois qu’il va en haute mer, il ne savait pas trop à quoi s’attendre, mais les vagues ne l’atteignent pas, quelle chance !

 

Le meilleur moyen pour moi de diminuer l’effet c’est d’être allongée et de dormir. Heureusement que j’ai le sommeil facile !

 

 

Vendredi 19 décembre – 9h20

51°20’7″S – 60°40’4″O

West Point Island

 

Terre ! Après cette grande journée agitée de navigation nous voici à West Point Island, une des 750 îles et îlots des Malouines (appelées aussi les Falklands par les Anglais). C’est l’heure du premier débarquement ! Le vent fait des siennes, il y a quelques vagues, l’équipe d’expédition hésite à nous envoyer à terre dans ces conditions, surtout pour le premier trajet en zodiaque. Mais finalement ils donnent leur go et on se lance à l’assaut des vagues bien équipés.

 

Après une petite demi-heure de marche pour traverser l’île on aperçoit nos premiers manchots. Je devrais dire notre première centaine de manchots ! C’est incroyable ! En plus ce sont des manchots Gorfous sauteurs (Rockhopper Pinguin en anglais), ils sont tellement rigolos quand ils se dandinent avec leurs grands sourcils jaunes qui volent au vent ! Ils sont petits, 40cm, environ et se cachent parfois dans les hautes herbes ou dans des trous. Ils vivent leur vie sans s’occuper de nous. D’autres fois, curieux, ils s’approchent tout près, à moins d’un mètre de nous ou traversent juste sous nos yeux émerveillés.

 

La plupart couvent et on découvre des petites bouches affamées cachées sous leur ventre. Les manchots fonctionnent par paire : ils forment un couple pour une saison, et quand les enfants naissent, le mâle et la femelle se relaient pour protéger les petits pendant que l’autre va chercher à manger. La saison suivante, s’ils se retrouvent, ils concevront à nouveau ensemble. Sinon ils s’accoupleront avec d’autres pour une nouvelle saison.

 

Ces manchots ne vivent pas seuls, ils partagent les lieux avec une colonie d’albatros à sourcils noirs. Eux aussi sont en train de couver leurs petits.

Il faut dire que les caracaras, de gros rapaces, surveillent les lieux et à la moindre minute d’inattention d’un des parents, ils viennent s’emparer des bébés manchots ou albatros pour se nourrir. C’est aussi un spectacle fascinant de les voir fondre sur un nid et repartir avec une petite boule de plumes criant en vain.

 

 

 

Vendredi 19 décembre – 16h40

51°17’8″S – 60°14’3″O

Saunders Island

 

201412 - Antarctique - 0112Nous sommes à Saunders Island et nous nous apprêtons à débarquer à nouveau. Mais cette après-midi, on est attendu ! Par des dauphins de Commerson. Ces dauphins noirs et blancs aiment à jouer avec les bateaux et se déplacent en général par groupes de 3 à 5. Mais là, ils sont des dizaines autour de nous, à sauter, nager et nous faire des chorégraphies aquatiques de bienvenue. C’est absolument incroyable, magique ! Tout un groupe accompagnera notre zodiaque jusqu’à terre. Même les membres de l’expédition sont fascinés par le nombre impressionnant de ces danseurs aquatiques.

 

Et à peine avons-nous posé le pied à terre que nous sommes absorbés par un nouveau spectacle : les manchots. Cette fois-ci il y a les Papous (Gentoo en anglais) avec leurs yeux et becs rouges / oranges, les Gorfous sauteurs que nous avions rencontrés ce matin, les Magellans, avec leurs bandes noires et blanches et même quelques Royaux, un peu plus grands avec des taches oranges sur les joues, perdus au milieu des autres.

Ils sont là sur la plage, jouant, marchant, plongeant, nageant et parfois venant à notre rencontre. Nous restons plus de deux heures à terre mais on ne s’en lasse pas !

 

 

 

Samedi 20 décembre – 10h

51°41’3″S – 57°51’2″O

Les mines de Stanley

 

201412 - Antarctique - 0189Aujourd’hui on sort en ville ! A Stanley, la capitale des Malouines. Une petite bourgade de près de 2000 habitants. Même si la ville est jolie, qu’elle possède l’église anglicane la plus au sud du monde, ce n’est pas ce qui nous intéresse le plus. Nous, on décide d’aller voir Gipsy Cove, une jolie plage à quelques 10km du port. Tiens, et si on faisait du stop ? Au bout de 5 min et 3 voitures, nous voilà déjà en route vers l’autre côté de la baie. Easy.

 

201412 - Antarctique - 0175Et là, nous attend… un champ de mines ! Vestiges de la guerre des Malouines, qui a eu lieu en 1982 !

Nous restons donc sagement de l’autre côté du cordon de sécurité, en regardant la colonie de manchots déambuler sur la plage. On se demande si à un moment on va entendre un gros « ploaf » et voir un manchot exploser, mais non rien de si spectaculaire :) Espérons qu’ils soient suffisamment légers pour ne jamais déclencher le mécanisme des explosifs restant.

 

 

Samedi 20 décembre – 20h20

52°17’3″S – 52°34’4″O

Mal de mer

 

On a repris la route, une très longue route, en direction de la Géorgie du Sud, et depuis qu’on a réembarqué, j’ai retrouvé mon mal de mer. J’ai l’impression que le patch ne fait pas vraiment effet, surtout que la mer est plutôt très calme. Mais ces lents mouvements de tangage et roulis me retournent l’estomac. Je me résous à appeler Doc pour qu’elle me donne quelques médicaments supplémentaires. Surtout que j’espère pouvoir assister à la présentation de ce soir qui est « Pourquoi les îles Falkland ne sont pas faites pour les auto-stoppeurs ». Parce que le retour en stop ce matin à Stanley a été aussi simple que l’aller et les deux fois nous avons rencontré des personnes sympathiques qui nous ont parlé un peu de leur vie sur l’île. Alors nous sommes bien intrigués par ce sujet. Espérons que le médicament fasse effet.

 

 

Dimanche 21 décembre – 20h40

52°47’8″S – 47°40’3″O

Baleines

 

Je rappelle que nous sommes partis pour 2 jours et demi de navigation en plein océan, alors on alterne les promenades sur le pont, les conférences, les repas et les siestes.

Et ce matin, lors d’une anodine promenade sur le pont j’ai aperçu ma première baleine de ce voyage ! Au loin. Mais on distingue quand même facilement son gros dos sortir de l’eau régulièrement, et quelques jets d’eau. C’est la première fois que Benoît voyait une baleine, il est conquis mais gourmand, il aimerait en voir de plus près ! Je me suis transformée depuis en « Whale hunter ». En vain.

 

201412 - Antarctique - 0208« Baleine à babord ! », l’appel est lancé dans le micro alors que nous finissons de manger. Tout le monde enfile sa parka jaune, attrape au vol son appareil photo et se rue dans les coursives.

Et comme dirait Solan, le leader de l’expédition : « Wahou » !

C’est une demie douzaine de baleines qui traversent juste devant nous, font demi-tour et repassent à nouveau. Cette fois-ci on peut bien observer leur danse respiratoire. Et il y a aussi quelques dauphins qui les accompagnent. En fait ce n’est pas exactement des baleines, c’est des globicéphales, avec une tête bien arrondie. Mais qu’importe on est aux anges !

 

 

 

Dimanche 21 décembre – 21h30

52°48’1″S – 48°20’2″O

Home cinéma

 

Tout ce luxe dans ce bateau ne cessera de nous étonner ! Ce soir ils proposent la projection d’un film sur l’incroyable expédition de Sir Shackleton en 1914, où il tentera en vain la traversée du continent Antarctique. Et quelle n’est pas notre surprise quand on arrive dans la salle principale et qu’on hume cette bonne odeur de popcorn chaud. Oui, ils ont emmené à bord une machine à popcorn !

 

 

 

Lundi 22 décembre – 5h45

52°53’4″S – 47°35’4″O

Ça pique

 

201412 - Antarctique - 0197Cette nuit on est entré en Antarctique ! Pas le continent, mais l’océan ! Une frontière géologique, une mer beaucoup plus froide et à l’endroit où les courants se rencontrent, beaucoup de sédiments sont brassés, donc on y trouve beaucoup de krill, ces espèces de petites crevettes qui sont la base alimentaire de beaucoup d’oiseaux, poissons et mammifères marins. Du coup Benoît propose qu’on se lève plus tôt pour qu’on profite d’un éventuel spectacle sur cette nouvelle mer. Ok, va pour 5h45.

Bon il est 6h, toujours pas de trace de Benoît, je sors, seule, dehors. Une belle mer, calme, nos oiseaux habituels mais pas de spectacle magique. L’instigateur de cette sortie matinale sera, lui, resté bien au chaud, avec une soi-disant panne de réveil… No comment.

 

 

Lundi 22 décembre – 21h

53°33’3″S – 41°54’1″O

Des îles et des ailes

 

Le capitaine, un grand russe fort sympathique, a fait un petit détour pour s’approcher au plus près des Shag Rocks, aussi appelées îles Aurora. De gros rochers qui sortent fièrement de l’eau et qui annoncent l’arrivée en Géorgie du Sud. Mais surtout de gros rochers qui servent de promontoire à des centaines d’oiseaux. Le paradis pour Adrian, l’ornithologue de l’expédition. Autour du bateau, les pétrels et les albatros, viennent jouer avec les courants d’air, les manchots nagent et sautillent dans l’eau, une dizaine d’espèces  différentes que nous commençons à reconnaître grâce aux précieuses conférences d’Adrian. En cette belle soirée, dans la lumière de fin de journée, nous profitons tous sur le pont de ce passage au ralenti auprès de ces si étonnants rochers.

 

 

 

Mardi 23 décembre – 9h10

54°0’9″S – 37°58’3″W

Macaronis au menu

 

Géorgie du Sud ! On en entend tellement parler depuis le début de note voyage, et voici enfin ses côtes qui se dessinent à l’horizon !

Surprise, ce matin le programme change ! Puisqu’on est allé plus vite que prévu cette nuit on aura droit à un bonus : une petite croisière en zodiaque dans la baie de Elsehul. Chouette !

En attendant l’embarquement, on monte sur le pont voir de plus près ce que l’île nous réserve. On nous avait parlé d’une faune foisonnante et effectivement pour nous accueillir des dizaines d’otaries sont là, à sauter dans l’eau et faire des galipettes. Ça promet.

 

La procédure d’embarquement est désormais une formalité, et nous voici tous rapidement sur des zodiaques éparpillés tout au long de la baie. Les falaises sont peuplées d’oiseaux, les plages sont peuplées d’otaries et de manchots royaux. Mais on découvre aussi les éléphants de mer, grosses masses volumineuses marrons.

Et puis on lève la tête et à 100m de la mer, sur les falaises on découvre une colonie de manchots Gorfous macaronis (ou Gorfous dorés). Ils ressemblent un peu aux Gorfous sauteurs, mais leurs sourcils, semblables à de grandes flammes dorées, se rejoignent au dessus de leur bec. Qu’est-ce qu’ils sont beaux ! Et si mignons quand ils essayent de grimper la falaise en faisant des petits bonds.

 

 

 

Mardi 23 décembre – 19h50

54°3’2″S – 37°19’6″O

Wa-hou ! What-a-day !

 

« Wa-hou ! What-a-day ! »

C’est devenu notre phrase culte, tellement Solan nous la répète chaque jour. Mais là, je crois que cela résume bien la journée d’aujourd’hui.

 

On rentre tout juste d’une excursion de 5h à Salisbury Plain. 5h dans une baie à observer des animaux, ça parait une éternité dit comme ça, mais une fois sur place, les heures défilent sans qu’on s’en rende compte.

Il faut dire que cette baie est immense, une plage bien sûr, de l’eau turquoise mais aussi une grande plaine, le tout entouré de montagnes enneigées et de glaciers. Le décor est planté !

201412 - Antarctique - 0391 - Panorama

 

Ensuite on ajoute à cela une colonie d’otaries qui s’étalent sur la plage. Les mâles se battent pour défendre leur territoire, les femelles dorment et au milieu d’eux des dizaines de bébés otaries qui jouent ou tètent.

Parsemez le tout de quelques éléphants de mer, des mastodontes imposants dont les mâles aussi sont les gardiens de leur parcelle de sable.

La plage est du coup un peu une « war-zone », on ne s’y attarde pas et on essaie de rester à bonne distance de tous les animaux qui nous semblent un peu véhéments. Pas toujours facile d’ailleurs.

 

201412 - Antarctique - 0403Et maintenant la cerise sur le gâteau : une centaine de milliers de manchots royaux! Oui, vous avez bien lu une centaine de milliers ! Incroyable !

Ce manchot est le plus grand des manchots que nous avons rencontrés, environ 80cm. Le dos bien droit, le port altier et de jolies tâches oranges sur les joues et le cou, ils déambulent tranquillement dans la plaine.

Parfois ils marchent seuls, parfois ils se tiennent debout par groupe de 3 ou 4 et se tapent dans le dos, parfois ils dorment debout le bec sous l’aile, parfois ils sont allongés au sol tels de gros galets.

 

201412 - Antarctique - 0412Et puis ils y a les jeunes, ceux qui ont environ un an et qui n’ont pas encore mué. Je les adore. Ils sont recouverts d’une épaisse fourrure marron et le vent se joue de ces longs poils. Ils ont la tête dans les épaules, le regard curieux, et semblent bien grassouillets et gauches avec tous ces poils. Trop drôle ! Je ne peux m’empêcher de penser à la pub Kiss Cool « Ben, mais pourquoi tu as rasé tes poils ? »…

 

Et souvent on voit un adulte marcher tranquillement suivi par un jeune qui essaie de le rattraper en poussant de petits cris. Avec Benoît on ajoute des sous-titres :

« – Dis dis tu veux pas être mon copain ?

– …

– Allez steuplait

– …

– J’peux jouer avec toi ?

– Pfff, lâche moi petit ! »

 

Et puis ils sont si près de nous qu’on peut entendre le son de leurs petites palmes sur les cailloux. Pour moi c’est un instant hors du temps, les écouter marcher est un pur moment de grâce. Fascinant !

 

Question sonore, tant les manchots, que les otaries et les éléphants de mer n’arrêtent pas de pousser des cris étranges. Cela donne encore une autre dimension à la magie des lieux !

 

Mais c’est en montant surle flan de la falaise qu’on s’aperçoit vraiment de l’ampleur de la colonie de manchots et de la beauté de cette vie sauvage préservée. On pourrait passer des heures à les observer tellement ils sont attendrissants.

Hum, en fait c’est ce qu’on a fait…

 

 

A suivre…



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