In vino veritas

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San Rafael, sous-préfecture du vin

En Argentine, la province de Mendoza est la principale région productrice de vin.

San Rafael est située à un peu plus de 200km au sud de « Mendoza capital », comme disent les locaux. Elle est surtout beaucoup moins connue et moins touristique mais c’est une ville moderne et calme.

C’est là que nous avons choisi de poser nos valises pour travailler pendant deux semaines dans un vignoble. Une nouvelle expérience de Workaway, après les joyeuses semaines passées dans la ferme de Luz et Memo au Costa Rica en octobre.

 

La maison du bonheur

201501 - Argentine - 0048C’est ce qui nous vient à l’esprit en arrivant dans le vignoble de Leo et Naty, à 10km de la ville.

On a quitté la route asphaltée quelques centaines de mètres avant et nous voici face au portail sur lequel trônent de grande lettres en métal indiquant « THE END ». Autour il n’y a que champs et vignes. L’endroit est calme, isolé.

 

Léo gare sa camionnette devant la maison.

Léo est allemand, il a pas mal voyagé, en particulier de l’Alaska à l’Argentine, en moto. C’est pendant ce voyage-là, à Buenos Aires, qu’il a rencontré Naty il y a déjà plus de 6 ans. Ensemble, ils sont repartis à moto, de l’Allemagne à Singapour cette fois-ci. De ce voyage est né le rêve d’avoir leur propre vignoble et de travailler la terre, juste pour leur compte. Alors il y a un an et demi, ils ont trouvé cet endroit, une vieille bâtisse et quelques hectares de vignes. Leur petit bout de paradis.

 

 

 

201501 - Argentine - 0127Naty sort pour nous accueillir. On découvre qu’elle est enceinte, de 7 mois. Ils nous font faire le tour de la propriété. Ils ont retapé l’ancienne maison, ce n’est pas terminé, l’endroit est simple mais confortable. On a même une chambre pour nous tous seuls, c’est pour dire ! Dehors il y a un joli four en pierre pour cuisiner, des treilles de vignes, un salon en bois sous un grand arbre, on entend de l’eau couler. Ils ont plein d’arbres fruitiers et un petit jardin. Et puis il y 5,5 hectares de vignes, on voit les grappes en train de se gorger de soleil. Et encore autant en friche.

 

Le tableau bucolique est complété par quelques animaux. 3 chiens, Vicky, Apu et Manjula. 4 chats, Sean et Aneth et leurs deux enfants (et neveux puisqu’ils sont frères et sœurs…) qui n’ont pas encore de nom.

 

Nous voici dans la maison du bonheur.

 

 

Le travail de la terre

Oui, le décor est magique, mais le travail de viticulteur est avant tout un dur labeur. Surtout quand on démarre une exploitation. Il faut investir beaucoup en attendant la première récolte et donc les premières rentrées financières.

201501 - Argentine - 0129Leo et Naty ne sont pas vignerons, ils ne produisent pas de vin. En Argentine, il n’y a pas de système de coopérative comme en France, alors seules les très grandes exploitations peuvent se permettent de produire leur propre vin. Tous les autres viticulteurs vendent leur raisin aux bodegas, ces structures qui se chargent de le transformer en or rouge, rosé ou blanc, et vendent ensuite le vin en leur nom propre.

 

On oublie donc la petite cave fraiche et l’odeur des futs en bois qui se mêle à celle du raisin fermenté, les dégustations et les petites bouteilles de gnôle faites maison. Ici on est là pour travailler la terre. Et « petits moyens » rime avec « travail de bourrin ».

 

5h30, le réveil sonne. Ca pique les premiers jours. Les derniers aussi d’ailleurs. Léo prépare le petit déjeuner, on se met en jambes tranquillement pendant que le soleil se lève.

 

201501 - Argentine - 00427h (oui, j’avais bien dit tranquillement…), c’est parti pour 2 heures de travail, à la fraîche. Les rangées de « Bonarda » nous attendent. Les grappes de raisin ont déjà atteint leur taille définitive et les grains se gorgent désormais de soleil pour augmenter leur taux de sucre. La vigne est recouverte de filets pour la protéger de la grêle qui tombe souvent à cette saison. C’est le moment d’essarmenter. C’est-à-dire couper les tiges qui dépassent en haut du filet et qui obstruent le passage de la lumière vers les grappes de raisin situées plus bas.

 

Cela nous aura pris 8 jours à raison de 4h par jour chacun pour essarmenter les 50 rangées de 70m de long de Bonarda et de Carbernet Sauvignon !

Et d’autres avant nous s’étaient déjà occupés des 106 rangées de 140m de long de divers autres cépages !

Autant dire que gérer les vignes à deux c’est un travail de titan !

 

201501 - Argentine - 0044Parce qu’il ne suffit pas de donner quelques coups de sécateurs en haut. Il faut aussi « ranger » les tiges qui dépassent en bas pour les accrocher aux autres afin que le pied de vigne soit plus compact, donc plus solide, en prévision des vendanges qui auront lieu dans deux mois.

 

Et puis il faut aussi couper des mains ! Parce que la vigne, c’est une maligne. Pour résister au vent, elle fait pousser des petites tiges qui vont s’enrouler autour de tout ce qu’elles trouvent (fil de fer, filet, autres plantes…) et là où elle s’enroulent on a l’impression de voir les doigts d’une main qui s’accrochent à quelque chose. Sauf qu’on ne veut pas qu’elles s’accrochent au filet. Alors CRAC on coupe les mains !

 

Dans ce travail silencieux, Sandrine ne peut s’empêcher de penser aux grands maîtres de la chanson française que sont Reciprok avec leur « Lève les bras, balance-toi… » ou Magic System et leur « Allez allez allez on lève les mains en l’air » ou encore le remix de Danzel sur « Put your hands up in the air » … (Oui oui, grosse culture musicale !)

On savait qu’in vino veritas, mais qui aurait pensé que l’observation des vignes aurait inspiré aussi tant d’artistes…

 

Trêve de digression, il est 9h, l’heure de la pause « maté et galletas ».

10h, on repart. Oui après avoir travaillé comme des forcenés les premiers mois, Léo et Naty ont pris un rythme de croisième maintenant. Et l’heure de la pause c’est sacré, on prend le temps.

Deux heures de travail plus tard c’est le repas, préparé par Naty. Nous on fait la vaisselle. Souvent le midi on mange dehors, à l’ombre du grand arbre, c’est agréable après l’effort matinal.

 

Et puis on fait la sieste, ou ce qu’on veut, parce qu’il fait beaucoup trop chaud pour travailler. Jusqu’à 16h30 l’heure du goûter, « maté et galletas ». Et on repart par la dernière heure de travail de la journée (souvent deux) d’un travail différent du matin.

 

201502 - Argentine - 0090On a commencé par du désherbage. A la main, mais pas trop difficile car on pouvait s’asseoir par terre. Enfin à condition de faire attention de ne pas s’asseoir sur des plantes dont les épines vous rentrent dans les fesses comme dans du beurre.

 

Quelques jours plus tard, on se lance dans la fabrication d’une barrière ! Benoît scie des petits troncs d’arbres et Sandrine les accroche avec du fil de fer rouillé pour former une jolie barrière hétéroclite et artistique. Benoît n’est pas trop fan de manier comme ça une petite scie capricieuse et ça se voit un peu sur ses mains. Sandrine, elle, adore construire la barrière. Avec tous ces bouts de bois de grosseurs différentes et un peu biscornus, c’est un peu comme un puzzle 3D, alors ça l’amuse.

 

Le soir, on peut aller se promener un peu, c’est calme, on joue avec les animaux. Naty nous prépare un autre succulent repas, parfois eux ne mangent pas. On discute et on va se coucher pas trop tard.

Les journées sont ainsi assez similaires. C’est carré, y a pas mal de petites règles par ci par là, fruit de leurs expériences (et parait-il quelques désagréments) passées.

 

 

 

Des cris et du sang

201502 - Argentine - 0078La petite chatte noire, qui du haut de ses 3 mois est toujours toute folle, s’est jetée dans la gamelle du chien. Très mauvaise idée ! Ici les chiens ne rigolent pas avec la nourriture. On ne saura jamais s’il la prise pour une croquette ou s’il a voulu la sortir de SA gamelle, toujours est-il qu’elle s’est prise un sacré coup de mâchoire. Après une nuit en état de choc, léthargique, elle reprendra vie peu à peu les jours suivants. Mais elle en gardera un regard de neuneu et un pas moins assuré.

 

Il faut dire que les chiens sont un peu difficile à contrôler. Léo pourtant y met de la voix et leur crie dessus à longueur de journée :

« LA UVA NO! » (le raisin non!) pour qu’ils ne mangent pas leur précieux gagne-pain

« AFUERA NO ! » (Dehors non !) pour leur dire de ne pas sortir de la propriété

« COCINA NO ! » (La cuisine non!) pour qu’ils sortent de la cuisine

Mais aussi « AFUERA ! » (Dehors) pour qu’ils sortent de la cuisine/maison. De quoi s’emmêler les pinceaux…

En tout cas, ils continuent de courir après les motos qui passent dans la rue et de rentrer dans la maison quand vient l’heure du dîner. Comme quoi crier ne semble pas très efficace, à part pour nous casser les oreilles.

 

 

Le camino del vino

Le vendredi on prend notre premier jour de repos et on part faire une route des vins, à pied. Parce qu’on veut bien travailler dans les vignes, mais on aimerait aussi le goûter le vin du coin !

 

On se lance pour 7km de marche sous un soleil de plomb.

 

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Premier arrêt à la bodega Murville, une explication sommaire de la fabrication du vin par, semble-t-i,l une étudiante, mais de belles découvertes lors de la dégustation des vins. En particulier, ils ont un petit Torrontes blanc en récolte tardive, délicieux ! Bien frais, il est parfait pour un petit apéro aux accents sucrés. En version pétillante aussi d’ailleurs !

 

 

 

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Deuxième arrêt chez Jean Rivier. Visite super intéressante par un œnologue passionné, mais nous sommes moins convaincu par la dégustation du Malbec.

 

 

 

 

 

 

Allez, on fait une pause dans les breuvages pour un arrêt dans une fabrique d’huile d’olive, Yancanelo. Là nous découvrons le guide qui parle le plus fort et le plus vite du monde ! Heureusement qu’on avait déjà fait le tour des pancartes explicatives avant ! Oui, parce que ne l’oublions pas, ici, toutes les visites se font en espagnol !!!

Intéressant de découvrir la fabrication d’huile, mais la dégustation n’a vraiment rien d’exceptionnel.

 

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201501 - Argentine - 0066Et pour finir une dernière petite bodega, la Abeja, qu’on nous avait présentée comme la plus sympathique à visiter, car c’est aussi la plus ancienne, avec de jolis bâtiments.

Mais c’était sans compter sur notre guide qui s’endormait elle-même en nous racontant son histoire. C’est sûrement pour ça qu’elle passait son temps à regarder et jouer avec ses bracelets. Super agréable ! Arrivée à la fin de la visite, elle demande s’il y a des questions mais se sent obligé de préciser qu’il ne faut pas poser de questions trop compliquées car elle est du service comm’ et pas œnologue ! Du coup, tout le monde a ravalé ses questions. Place à la dégustation. Après nous avoir détaillé la vingtaine de vins qu’elle propose, elle nous en fait goûter 3 en moins de 3 minutes avec une demi-gorgée à chaque fois. Vaste (ou plutôt courte) blague !

 

Mais ce n’est pas tout ça, il est temps de rentrer car il n’y a qu’un bus à 18h qui retourne dans notre vignoble ! On passe dans un supermarché en coup de vent car les jours de repos c’est à nous de faire notre repas. 17h55 on arrive devant l’arrêt, ouf !

Sauf qu’en fait le bus est à 19h20… Grrrr

 

 

L’incident

C’est donc las et fatigués que nous rentrons à la maison. On a prévu une quiche. On se lance dans l’épluchage des légumes dans la cuisine. Naty nous dit que le four va faire beaucoup de chaleur dans la maison et qu’elle préférerait qu’on utilise celui de dehors. Allez c’est parti pour faire un feu alors.

En attendant les braises on coupe les carottes, les oignons, elle nous aide à utiliser la cuisinière et les bons ustensiles pour faire précuire tout ça. On discute un peu. Une bonne heure. Et puis elle s’en va dans sa chambre. Un peu après Léo rentre et va la retrouver.

Ca y est presque, on va pouvoir tout mettre dans la tarte pour la faire cuire. Quand soudain les deux débarquent dans la cuisine.

 

Léo se met à hurler comme quoi des fois il a l’impression qu’on ne comprend pas bien ce qu’il dit en espagnol. Qu’il nous avait dit que pour les jours de repos on ne devait pas utiliser la cuisine. Qu’on pouvait utiliser le four dehors éventuellement mais pas la cuisinière parce que ça sent l’huile et qu’il faut chaud et que Naty est fatiguée, et qu’on aurait pu se faire juste des sandwichs, que la « COCINA NO ! » vous comprenez ? Non vous n’avez pas l’air de comprendre, parce qu’ils ont déjà eu des mauvaises expériences avec des gens qui ne respectent rien et qui ont cassé leurs ustensiles et qu’ils préfèrent qu’on ne touche pas à la cuisine parce qu’ils n’ont pas les moyens de remplacer tout ça et que et que…

 

Pas une seconde pour en placer une. Non, mais c’est quoi ça ? Pendant une heure, Naty papote avec nous dans la cuisine, nous aide, ne nous dit rien et c’est quand on a presque fini qu’on vient nous le reprocher. Et encore nous le reprocher n’est pas le problème, on est adultes, on peut discuter. Mais là il nous hurle dessus, ne nous laisse pas le temps d’expliquer la moindre chose. Eh oh ça va là stop ! « On n’est pas là pour se faire engueuler… »

Je fond en larmes, je pense que c’est le choc de cette déferlante de cris.

Au moins ça a le mérite de lui fermer le caquet. Je pense qu’ils se rendent compte qu’ils sont allez trop loin.

Ils s’excusent un peu et se remettent à parler plus normalement.

Entre temps la quiche a brûlé. De toute façon on n’a plus faim. On part se coucher sous le choc.

Mais on a bien retenu la leçon : les workawayers en jour de repos c’est comme les chiens : la COCINA NO !

 

 

 

Los Reyunos

Le samedi on reprend le travail. Ils sourient, nous disent que c’est oublié, mais pour nous quelque chose s’est cassé. On est sur nos gardes, on a peur de faire quelque chose de mal. Mais la journée se passe sans incident.

 

Dimanche, deuxième jour de repos. On est soulagé de partir et on décide d’aller à Los Reyunos, un lac créé par un barrage dans la montagne.

Nouveau loupé dans les horaires de bus que Léo et Naty nous donnent, le bus de 6h45 n’est toujours pas passé à 7h. On apprendra plus tard qu’il ne passe qu’à 9h45 le dimanche. Décidément !

Flairant l’erreur on se met à faire du stop dès 7h. Heureusement la troisième voiture s’arrête… à 8h30…

On découvre ensuite que pour aller là-bas il n’y a qu’un taxi collectif qui coûte un bras et que l’entrée est payante. Grrrr.

Mais passées ces premières déconvenues organisationnelles, on passe une belle journée dans un très bel endroit.

L’occasion aussi de découvrir l’asado du dimanche en Argentine : une vingtaine de barbecues en pierre sont installés au bord du lac, ils sont tous plein. L’ambiance est joyeuse, les gens sont entre amis ou en famille, ils viennent discuter avec nous et nous offrent même un peu à manger. Il faut dire que les pièces de bœuf sont énormes et les chapelets de saucisses longs comme le bras.

 

Au retour, j’ai quand même une petite boule au ventre, et si on avait fait quelque chose de mal en notre absence ? Un peu stupide bien sûr.

 

 

 

On travaille comme des Incas

Les jours de travail s’enchaînent, l’ambiance se détend.

 

201501 - Argentine - 0121On découvre l’alimentation en eau du vignoble. Chaque semaine, ils ont le droit de dévier le canal qui passe à côté de la maison pendant quelques heures pour arroser les pieds de vigne. S’en suit un dédale de canaux creusés dans la terre pour amener l’eau dans chaque rangée de vigne. Léo dit que s’il avait de l’argent il mettrait un goutte à goutte mais que pour l’instant il utilise la méthode des Incas. C’est rustique mais ça fonctionne bien !

Sauf qu’il faut aussi enlever les mauvaises herbes qui poussent dans les canaux pour être sûr que l’eau ne reste pas bloquée. On y passe quelques heures avec une bêche et une bouteille d’eau.

 

 

 

201501 - Argentine - 0128(3)Ah, un jour de pluie ! Changement d’activité : ce sera ponçage des futures fenêtres de la future chambre du futur bébé, dans le garage.

 

Un autre jour on nous affecte à une tranchée. Pas pour s’y cacher, mais pour la creuser. Une matinée plus tard, tadaaa, une jolie ligne droite de 10 mètres de long sur 50cm de profondeur relie la maison au garage, ne reste plus qu’à y glisser quelques câbles électriques.

 

 

 

Et puis le dernier jour on n’est pas peu fier d’avoir terminé notre jolie barrière ! A défaut de vraiment protéger la maison, elle lui donne un certain cachet !

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Quiz des vignes

On passe maintenant à la partie technique : qui saura reconnaître les différents cépages que nous avons rencontrés dans le vignoble ?

Voici les noms à remettre dans l’ordre :

  • Torrontes,
  • Torrontes Riojano,
  • Torrontes Tannat,
  • Cabernet Sauvignon,
  • Bonarda,
  • Muscadet,
  • Big Perlon,
  • Criolla,
  • Cereza

Tentez votre chance, il y a un cadeau au bout pour la meilleure réponse !

 

 

 

In vino veritas… ou pas…

A vrai dire, on est un peu déçu de cette expérience de workaway.

 

201501 - Argentine - 0050On n’est pas déçu par le lieu, calme, isolé, avec une belle vue, une chambre pour nous, une maison propre, un jardin agréable, un grand terrain où on peut aller se promener le soir.

On n’est pas déçu par le travail, qui était assez varié, pas trop difficile (parce que morcelé) et plutôt intéressant. C’était rigolo pendant ces quelques jours de faire un peu de travail physique et de retrouver la connexion avec la terre. Par contre, ce n’est toujours pas une vie qui nous fait rêver.

On n’est pas déçu non plus par notre rencontre avec Naty et Léo. Malgré l’ « incident », ce sont deux personnes très sympathiques, souriantes et avec qui nous avons pu discuter facilement, apprendre sur les métiers de la vigne, mais aussi la vie en Argentine, les voyages et plein d’autres choses.

 

On a surtout été déçu par la cuisine, plus exactement par le non partage de moments autour de la cuisine. Après 15 jours passés avec eux, il nous semble que nous n’avions pas les mêmes attentes201502 - Argentine - 0092 du workaway.

Pour notre part, on vient y chercher la rencontre avec des gens. Mais pas seulement au travers des discussions. On a envie de vivre au sein d’une famille, bien sûr de cuisiner mais aussi de partager les tâches du quotidien. Le travail dans les exploitations – et clairement on ne rechigne pas à la tâche – n’est qu’un prétexte.

Naty et Léo, eux, ont besoin de bras. Ils cherchent des travailleurs pour les aider à démarrer leur exploitation. Et le partage de la vie quotidienne est pour eux plutôt un devoir. Autant ils discutent avec plaisir, autant chacun a sa place dans les tâches de la maison. Eux c’est la cuisine, le ménage, nous on fait la vaisselle. Point. Du coup on avait parfois l’impression de juste mettre les pieds sous la table, le dîner était prêt et on pouvait manger. Parfois elle nous préparait à manger juste pour nous parce qu’ils n’avaient pas faim. On a demandé plusieurs fois pour aider à préparer des choses, mais toujours un refus. Alors que nous pensions découvrir de nouvelles recettes, nous avons juste bénéficié d’une très bonne cuisinière. Je pense que cela plairait à beaucoup de monde. Mais pour nous, quel dommage !

 

Et à notre plus grand regret, nous n’aurons toujours pas pu vivre de l’intérieur un asado, le fameux barbecue argentin qui nous faisait tant rêver. Ni sa variante campagnarde « al disco », où la viande est cuite ou mijotée dans un ancien disque de tracteur utilisé pour le labour.

 

Voyage, Partage et COCINA NO !

 



Un commentaire sur “In vino veritas


     Frisita (voyagepartageetpotage.com a répondu :

    4 juillet 2015 à 14:38

    Les réponses au quizz (et bravo Pierre !) :
    Criolla – Torrontes Tanat – Torrontes Riojano
    Muscadet – Torrontes – Cereza
    Cabernet Sauvignon – Bornarda – Big Perlon

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