Tranches de vie citadine au pays de Madiba

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Day 55, Cape Town en mode revival

Il est encore tôt, très tôt, lorsque nous quittons pour de bon notre truck Twiga, non loin de la frontière sud-africaine. Tabitha, notre tour leader, ne peut pas entrer en Afrique du Sud avec son passeport kenyan. Alors nous la laissons ici avec le camion, et partons vers Le Cap dans un bus affrété pour nous, seulement accompagnés de Pete notre chauffeur, qui pour une fois occupe la place confortable de passager. Tout le reste du groupe est encore là, mais désormais le parfum de ce voyage en truck est bien différent dans ce bus on ne peut plus classique.

 

20150430_183717618_iOSArrivés au Cap, nous passons notre dernière soirée tous ensemble. Chacun a la tête à ses projets à venir. Pour nombre d’entre nous, le voyage va continuer sous une autre forme. Pour d’autres, c’est le retour à la maison et au travail qui se présente. Mais pour moi, cette soirée est surtout un flash-back. Il y a quatre ans, j’avais déjà visité l’Afrique du Sud avec quelques amis, et nous avions notamment passé plusieurs jours à Cape Town. Et coïncidence, j’étais déjà allé dans le même restaurant et le même bar que celui où nous sommes allés avec le groupe du truck. Je me rappelle encore de ce dîner chez Arnold’s comme si c’était hier, de cette assiette de gibier avec ribs de phacochères, viande de crocodile, steaks d’autruche et de koudous. Je lui en avais tellement parlé que Sandrine l’a commandée. Et elle n’a pas vraiment changé, à part la viande de crocodile en sauce, bien meilleure qu’avant.

 

Et de la même façon, j’ai gardé pas mal de souvenirs d’une soirée bien arrosée passée au Dubliner, un bar-boîte sur Long Street, là-même où nous avons fini la soirée avec les compagnons du truck. Sacrée coïncidence quand même !

 

 

Retour en mode backpacker

Le lendemain, après de nombreux au-revoirs, nous avons retrouvé notre vie de backpacker pour de bon. Et ça nous a fait drôle de devoir chercher notre route sur un plan de la ville, de voir comment fonctionnent les transports en commun, de trouver le bon arrêt de bus pour aller à notre prochain hostel. On avait comme l’impression de re-démarrer notre voyage, de repartir de zéro ! Heureusement, Cape Town est une ville tellement occidentale dans son apparence et son organisation qu’il est très facile de s’y déplacer.

 

201505 - Afrique du Sud - 0021Mais après deux mois de visites intensives, presque quotidiennes, nous avions besoin de faire une pause. De nous poser quelques jours seuls dans un endroit, à essayer de faire quelques rencontres et profiter de la cuisine locale. Trois choses qui nous ont un peu manqué pendant le voyage en truck, surtout le dernier mois.

 

Alors à Cape Town, nous n’avons quasiment rien fait. Nous sommes juste aller déguster de la fine cuisine sud-africaine dans l’un des chics restaurants du Waterfront, et visiter un marché. Mais quel marché ! On vous en reparlera prochainement dans un article dédié d’ailleurs.

 

Et puis après ces trois jours tranquilles, nous sommes partis pour Pretoria en train local, où nous devions retrouver Chris et Marike, un couple de couchsurfeurs.

 

 

 

Le Shosholoza Meyl et le Gautrain

Le train « local » sud-africain, le Shosholoza Meyl, n’a pas très bonne réputation, même dans son pays. Beaucoup de gens le considèrent comme lent, peu fiable et pas toujours très safe, sauf dans la classe « Touriste », celle avec les couchettes. Malheureusement, en nous présentant au guichet la veille du départ, on apprend qu’il ne reste plus que des places en classe « économique », celle avec les sièges. Pas de bol, mais bon de toute façon on n’a pas trop le choix : c’est ça, ou un bus plus cher mais pas plus confortable, ou un avion beaucoup plus cher, donc va pour 24 heures assis dans le train. Et puis 30 € pour rejoindre Jo’Burg à 1400 km de là, c’est finalement une très bonne affaire.

 

Nous voilà donc dans la classe économique du Shosholoza Meyl pour un long périple vers le nord-est du pays. Pendant les premières heures, tout se déroule parfaitement. Les passagers de notre wagon font leur vie plutôt dans le calme, et nous arrivons dans les différentes gares intermédiaires à l’heure, voire même avec un peu d’avance. Confiant, le contrôleur nous annonce même, à son premier passage, que nous arriverons à Jo’Burg le lendemain, à 12h20 précises. Cool. Il rappelle également qu’il est interdit de fumer à bord du train, chose bien respectée… sauf dans les WC, où sont confinées du coup toutes les mauvaises odeurs. Un moindre mal.

 

Niveau confort, c’est correct également. Le train est propre, des agents passent de temps en temps un coup de balai et vident les sacs plastiques accrochés à certains sièges dans l’allée faisant office de poubelles. Il y a aussi un restaurant à bord qui prépare des plats plutôt élaborés, avec des tables joliment dressées. Et des employés du restaurant passent régulièrement dans notre classe vendre des plats plus basiques : saucisse-frites, poulet-frites… Des vendeurs ambulants proposent aussi des sodas, des biscuits, des fruits, des bières. Bref, on peut trouver de tout, à toute heure. Certains vendent même des bières à 08 heures du matin !

 

Quant à la nuit, on a d’abord attendu que l’éclairage principal de la voiture s’éteigne pour dormir, mais on a fini par comprendre que ce serait peine perdue, il est resté allumé en permanence ! On a quand même réussi à somnoler tant bien que mal pendant quelques heures, malgré la lumière, malgré quelques gens bruyants et d’autres qui se plaignaient bruyamment des gens bruyants…

 

Et au petit matin, nous avons eu la surprise de découvrir que notre avance de 15 minutes s’était transformée en retard d’une bonne heure et demi. Finalement, nous avons rejoint Johannesburg vers 14h30, avec donc deux bonnes heures de retard, pour un trajet total de 28 heures. Bizarrement, on n’a pas revu le contrôleur à ce moment là…

 

Après un tel trajet, nous n’avions plus qu’une envie, rejoindre Pretoria au plus vite. Pour cela, rien de tel que le Gautrain, le métro ultra-moderne de Johannesburg, qui relie notamment la capitale Pretoria en une quarantaine de minutes. C’est aussi le seul métro souterrain circulant sur le continent africain ! Et comparé à la classe « économique » du Shosholoza Meyl, c’est vraiment un autre univers. Le Gautrain est un train rapide, automatisé, propre, climatisé, confortable, neuf, mais aussi essentiellement occupé par des blancs, et très cher (5 € pour ce trajet de 40 minutes) !

 

 

Un couchsurfing, deux braai, quatre Afrikaners

Chris et Marike sont un couple d’Afrikaners vivant dans un quartier plutôt huppé de Pretoria, avec qui nous avons passé nos deux derniers jours en Afrique du Sud. Et pour nous recevoir, leurs premiers couchsurfeurs, ils ont vraiment mis les petits plats dans les grands !

 

Nous sommes d’abord allés sur une des collines surplombant la ville, non sans croiser quelques zèbres (!) sur la route, pour assister à un joli coucher de soleil en partageant une bière. De là-haut, nous jouissons d’une belle vue d’ensemble sur la capitale sud-africaine et sommes surpris par son urbanisation : des quartiers résidentiels spacieux, beaucoup de larges espaces verts, quelques collines aux alentours et surtout très peu de hautes constructions. On n’a vraiment pas l’impression d’être dans une capitale.

 

201505 - Afrique du Sud - 0043 - Panorama

 

De retour pour le dîner, nous découvrons le braai, le barbecue traditionnel sud-africain au feu de bois, très ancré dans la culture afrikaner. Et attention, c’est une affaire très sérieuse, où chacun a son rôle et sa place. Et surtout, c’est une affaire d’hommes : pas de femmes autour du braai ! Passées ces considérations sociétales, nous passons un très bon moment à table avec eux, notamment autour de l’excellent vin sud-africain qu’ils nous ont proposé de déguster. Et achevons par une petite glace à l’Amarula, cet alcool local un peu crémeux, proche du Bailey’s, qu’enfin nous avons l’occasion de déguster.

 

 

201505 - Afrique du Sud - 0069Le lendemain soir, nous partons dîner chez Flip et Claudine, un couple de leurs amis. Leur propriété, sur les hauteurs de Pretoria, nous offre encore une superbe vue sur la ville. Et le braai de snoek, un grand poisson de mer que l’on trouve dans la région du Cap, qu’ils nous préparent est divin. Surtout la petite confiture d’abricots maison qu’ils servent avec ce poisson, une association osée mais efficace. Et que dire du pain maison cuit au braai ? Vraiment, nous avons passé une excellente soirée avec ces deux couples, à discuter autour de ce délicieux repas.

 

Enfin, nous n’oublierons pas la gentillesse de Chris, qui a insisté pour nous emmener dans nos différents déplacements, que ce soit à l’aéroport ou au musée de l’apartheid. Un couple vraiment aimable et généreux. Encore merci à eux !

 

Journée marquante au musée de l’apartheid

Le musée de l’apartheid est situé dans un quartier assez excentré de Johannesburg, avec très peu de choses à faire autour si ce n’est un parc d’attractions. Curieux ! Heureusement, ce musée est aussi absolument passionnant. Nous y avons passé la journée entière, mais serions volontiers revenus le lendemain pour terminer sa visite. Et venant de nous qui ne sommes pourtant pas de grands visiteurs de musées, c’est signe que nous avons été conquis !

 

201505 - Afrique du Sud - 0063Dès l’entrée, nous sommes mis dans l’ambiance. On attribue aléatoirement à chaque visiteur un ticket « blanc » et un ticket « non-blanc », lui donnant l’accès à une entrée différente. Heureusement, ce n’est qu’une introduction et rapidement, les deux circuits se rejoignent peu avant le début de l’exposition à proprement parler. Là, l’histoire de l’Afrique du Sud est retracée, les différentes populations qui vivaient là ou s’y sont installées, l’évolution de leurs relations, le rôle important des mines d’or du pays au début du XXème siècle. Petit à petit, un engrenage de surpopulation, de communautarismes, de peur et de ségrégations se créé pour aboutir, dans les années 1950, au régime de l’apartheid.

 

 

 

Ensuite, à coups de nombreux panneaux textuels, d’extraits vidéos et audios et de documents d’époque, nous suivons le fil du temps, découvrons la vie sous l’apartheid, prenant peu à peu une tournure absurde et effrayante, les différentes personnalités qui ont émergé pendant cette époque menant aux premiers mouvements de révolte, puis à une situation de 201505 - Afrique du Sud - 0064guerre civile. Pris par le temps, nous avons dû accélérer pour la suite de l’exposition, la fin de l’apartheid, la construction de l’Afrique du Sud contemporaine et surtout survolé l’exposition temporaire sur Nelson Mandela, une histoire forte, riche et inspirante qui méritait bien plus que l’heure que nous avons pu y consacrer.

 

Au final, nous sommes restés 6 heures dans ce musée, sans même nous arrêter pour déjeuner, chose vraiment exceptionnelle pour nous ! Et maintenant, il va nous falloir revenir pour en terminer la visite… Car pour nous, c’est tout simplement le meilleur musée que nous avons visité jusqu’à présent. Un must de l’Afrique du Sud !

 

Quant à l’apartheid, on a envie de croire qu’il est maintenant exactement là où il doit être : dans un musée. Mais malheureusement, ce n’est pas encore tout à fait vrai…

 

 

 



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