Petites histoires autour du lac Baïkal

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Lorsque que l’on voyage sur le Transsibérien, que ce soit vers la Mongolie, vers Pékin, vers Vladivostok ou dans l’autre sens vers Moscou, Irkoutsk est une halte à ne pas manquer.

Bien sûr, on s’y arrête surtout pour découvrir le lac Baïkal. Irkoutsk est en effet le point de départ majeur pour explorer la « perle de Sibérie ». Mais la ville en elle-même est également assez plaisante à explorer et culturellement intéressante. Une étape urbaine bienvenue pour nous, après un bon mois en Mongolie et avant d’attaquer plusieurs jours de train à travers la Russie Orientale.

 

De Modern Nomads à Novice Nomad

Mais Irkoutsk, c’est d’abord le premier couchsurfing de notre saison 2, chez Tania. Un clin d’œil à notre ami Rémi et son compère David, de Novice Nomad, qui s’étaient arrêtés plusieurs jours chez elle deux ans auparavant. Elle a gardé un souvenir vivace de leur passage et était ravie d’avoir un peu de leurs nouvelles. Mais depuis cette époque, la vodka s’est arrêtée de couler sous les ponts, et Tania ne boit plus, pour des raisons personnelles. Une résolution qui, d’après elle, est largement incomprise par son entourage en Russie.

Toujours est-il qu’en découvrant cela, on s’est sentis un peu bêtes de lui avoir ramené une bonne bouteille de vodka mongole !

 

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Malgré ce faux-pas, Tania nous a quand même chaleureusement accueillis et aidés. Elle a aussi pris le temps de nous emmener en balade dans sa ville. On y a découvert ses maisons colorées, ses jolies églises orthodoxes, ses imposantes statues en bronze, ses bâtiments massifs à l’architecture soviétique où trônent encore les lettres CCCP (prononcer « SSSR » …), d’autres bâtiments plus anciens censés rappeler le Saint-Pétersbourg de l’époque tsariste, et son vieux, lent et pittoresque tramway avec ses bancs en bois… Par moment, on se serait presque cru revenus dans une grande ville d’Europe d’entre-deux-guerres. En 24 heures, le choc des cultures avec Oulan-Bator et la Mongolie est violent !

 

 

 

201510 - Russie - 0023La richesse culturelle qu’Irkoutsk a à proposer nous a agréablement surpris. Pour avoir un petit aperçu de la ville en seulement une journée, on peut se contenter de suivre la « ligne verte ». Une ligne tracée au sol à travers la ville, de couleur verte donc, qui emmène voir les principales curiosités, avec de nombreux panneaux d’explications en russe et en anglais. Et pour les plus longs séjours, on recommande de passer à l’office du tourisme. Une excellente source d’information, animée par une équipe charmante, serviable et polyglotte. Vraiment, il y a de belles choses à faire et à voir à Irkoutsk.

 

Et c’est sans compter sur le bon plan « bouffe » que nous a dégotés Tania : aller déjeuner à la cantine de la RZD.

 

 

Pause-déjeuner avec les cheminots russes

La RZD, c’est la compagnie nationale ferroviaire russe. Ses bureaux d’Irkoutsk prennent place dans un très imposant bâtiment au style résolument stalinien, non loin de la statue de Lénine. Autant dire que pour nous, c’était le grand frisson…

 

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Et il se trouve que dans ce bâtiment, la cantine des employés de la RZD ouvre ses portes au public tous les jours de semaine à partir de 13 heures, dans la limite des stocks disponibles. Un vrai bon plan pour manger une authentique cuisine russe à un prix imbattable.

Le self de la RZD, il faut d’abord le trouver: en rentrant dans le bâtiment, il faut aller en face un peu sur la gauche, après avoir passé un petit escalier. Et attention à ne pas déambuler n’importe où dans ce bâtiment, le vigile à l’entrée veille. Sandrine l’a appris à ses dépens !

 

201510 - Russie - 0026Une fois dans le self, une dame nous explique en russe comment ça marche pour les plateaux et tout le reste. Pas de grosse surprise, ça marche comme un self classique. On y trouve des salades, des soupes, de la viande ou du poisson avec un choix limité d’accompagnements, du pain et des desserts. Une cuisine 100% russe, authentique et de qualité très correcte. Ça vaut amplement les deux euros et quelques dépensés par personne, dessert inclus !

 

Niveau ambiance, il y a d’une part tout le terne que l’on peut imaginer d’une administration russe, mais aussi cette atmosphère particulière de restaurant d’entreprise. On avait comme l’impression de déjeuner au boulot, mais avec sac à dos et appareil photo, au milieu des autres employés de la compagnie ferroviaire !

On a donc été convaincus, tant par l’expérience de la cantine russe que par l’idée de base : ouvrir le restaurant d’entreprise pour que n’importe qui puisse profiter des surplus de nourriture.

 

Décidément, Irkoutsk regorge de bonnes surprises ! Mais après deux jours et demi, il est temps pour nous d’aller enfin voir de plus près le fameux lac Baïkal. Direction l’île d’Olkhon !

 

 

Khujir, village fantôme

Le trajet d’Irkoutsk à Khujir, village principal de l’île d’Olkhon, prend environ 6 heures en minibus, via un court trajet en ferry. En été, les touristes se rendent en masse dans cette station de villégiature, idéale pour profiter des magnifiques paysages et de la sérénité du lac Baïkal.

Mais en ce mois d’octobre, avec les premiers frimas de l’hiver, la plupart des visiteurs sont déjà repartis, et Khujir ressemble davantage à un village fantôme qu’à une station balnéaire. On a bien du mal à trouver où se sont cachés ses 1200 habitants. La grande route de terre qui traverse le village n’est plus que balayée par les vents glacés de Sibérie et les chiens errants. La plupart des commerces, cafés et restaurants qui la bordent, censés déborder d’animation de juin à septembre, sont fermés. Tout comme l’office du tourisme, pourtant très réputé lui aussi, mais qui a désespérément affiché porte close pendant tout notre séjour.

 

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Seules quelques rares auberges ouvertes sont restées ouvertes, comme celle de l’historique Nikita qui a été investie par un large groupe de touristes chinois. Mais l’île d’Olkhon, surtout en cette saison, invite davantage au calme et à la sérénité. Alors on a choisi un mode d’hébergement en cohérence avec la tranquillité des lieux. Un refuge de voyageurs au doux nom de Philoxenia.

 

 

Le projet Philoxenia

 

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Du grec, Philoxenia se traduit par « amour de l’étranger ». Mais pour Sergueï, l’homme à l’origine de ce projet, ce nom rappelle davantage la Philoxenia d’Abraham, dans la Genèse, lorsqu’il offrit l’hospitalité à trois anges pèlerins. Toujours est-il que pour manifester cet amour, Sergueï propose d’accueillir chaleureusement et gratuitement tous les baroudeurs de passage, dans une maison qu’il a baptisée Philoxenia. Une maison en bois qu’il a bâtie grâce à l’aide de nombreux voyageurs, juste en face de la sienne et de celle du prêtre et juste derrière l’église de Khujir.

 

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En retour du logis dont ils bénéficient, les voyageurs sont invités, s’ils le désirent, à accorder un peu de leur temps pour aider Sergueï dans tous ses projets. Et des projets, il en a beaucoup. Notamment autour de la toute petite église située sur les hauteurs du village de Khujir. Un bel édifice au toit bleu qui offre un point de vue unique sur le lac.

A son arrivée sur l’île, l’église était quasiment à l’abandon. Mais Sergueï s’est senti comme envoûté par la magie de ce lieu, et s’est résolu à lui redonner vie. Il a construit sa maison juste derrière, et avec l’aide de la communauté de croyants et de voyageurs, a rénové l’église, fait peindre des fresques, amené des icônes depuis la Grèce et fait venir des cloches qu’il a installées dans le jardin. Et aujourd’hui, tous les matins, l’église ouvre ses portes aux fidèles du village. Un office y est célébré presque quotidiennement par le père Basile qui vit lui aussi juste à côté.

 

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Pendant l’office, ce sont Sergueï et sa femme Anastasia qui accompagnent le prêtre de leurs douces et harmonieuses voix. Et à la fin de la messe, Sergueï actionne les cloches. Une longue, belle et puissante mélodie de carillon que l’on peut entendre depuis n’importe quel endroit du village. Encore une corde à l’arc bien rempli de ce personnage exceptionnel, à la fois homme de foi, érudit, philosophe (il l’a étudiée à la Sorbonne), polyglotte (il parle parfaitement français, anglais, russe, allemand, entre autres…), hôte, bâtisseur… et donc sonneur de cloches !

 

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On était donc très impatients et curieux de rencontrer cet homme fascinant, le sage du lac Baïkal avec sa longue barbe noire. Malheureusement, à notre arrivée, il était absent pour quelques jours, occupé à Irkoutsk. Néanmoins, Anastasia nous a guidés vers une grande tente militaire bleue, montée non loin de là, où nous avons pu prendre nos quartiers. Une tente avec quelques matelas par terre, des couvertures et coussins, une lampe de chevet et un radiateur électrique. Et où nous étions seuls. Des conditions très sommaires, et un espace difficile à réchauffer à cause du vent glacial qui parvient à s’engouffrer dans la tente, mais avec six couvertures chacun, on a quand même réussi à y passer 5 nuits !

 

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Malgré l’absence de Sergueï, la vie continue autour de l’église, surtout en ce dimanche. Alors que l’on prenait tranquillement notre premier petit-déjeuner dans Philoxenia, on y a fait la connaissance de quelques membres de la communauté des fidèles, venus partager une petite collation après la messe. Parmi eux, le fameux Nikita et sa femme, les mêmes qui tiennent l’auberge historique de l’île. Ce sont les pionniers du tourisme à Khujir, ceux qui ont imaginé transformer ce petit port de pêche sur le déclin en un lieu de villégiature touristique. Et ça a redynamisé toute la vie de l’île d’Olkhon. Ce couple polyglotte est toujours très impliqué dans la vie locale, et ils nous ont invités à un petit concert qu’ils organisaient ce jour. Un récital de chants traditionnels russes et soviétiques donné dans l’école par quelques enfants du village : on tenait notre occupation pour l’après-midi !

 

 

Une chorale… tectonique

En rentrant dans ce vieux bâtiment tout en bois, on s’est fait la remarque tous les deux qu’on n’avait pas mis les pieds dans une école depuis bien longtemps. On a découvert avec plaisir l’organisation de la petite école primaire de Khujir, ses salles de classe, sa cour en terre, ses salles de physique, de chimie, et même d’informatique ! Et cette pièce un peu plus grande, à l’étage, avec une scène, un rideau et un piano un peu caché.

A notre surprise, peu de monde. Essentiellement les parents des enfants qui chantaient, et des proches de la communauté orthodoxe du village et du couple Nikita : le père Basile, le vendeur du magasin de souvenirs du Nikita, la réceptionniste du Nikita et sur scène certains de leurs enfants…

Dommage qu’il y ait eu si peu de monde, car le spectacle proposé était pourtant très agréable avec un joli florilège de chants de l’époque sociétique exécutés en chœur par les enfants, tous dotés d’une très belle voix et élégamment habillés, parfois accompagnés d’adultes. On a même été impressionnés par la discipline dont on fait preuve les enfants de la chorale, toujours tenus bien droits, la tête haute, chantant fort et fièrement… jusqu’à ce que cette belle harmonie soit perturbée par… un séisme !

 

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Oui, un séisme, un tremblement de terre ! On n’avait jamais connu ça de notre vie, et ça nous a un peu secoués. Au début, on entend un grand vacarme et toute l’école qui se met à vibrer, la structure en bois qui grince, les lustres au plafond qui tremblent bruyamment. Je pensais d’abord au passage d’un avion supersonique à basse altitude, mais c’était peu plausible par ici. C’était bien un séisme. Juste quelques secondes, sans réplique et heureusement sans aucune casse. Mais un des enfants-chanteurs, en pleine exécution, est parti se réfugier en courant à toute vitesse. Peut-être connaissait-il trop bien les consignes de sécurité à appliquer dans ce genre d’événement… En tout cas, son attitude a provoqué l’hilarité générale de toute la salle et des autres chanteurs, enfants comme adultes. Certains ont même mis pas mal de temps à retrouver leur sérieux ! C’est donc un souvenir plutôt amusant que l’on gardera de notre toute première expérience sismique !

 

 

En se baladant sur l’île d’Olkhon

Hormis ce récital, pas vraiment grand-chose à faire à Khujir en cette période, et quasiment aucun lieu où se poser à l’abri du froid. On n’a guère que notre tente et Philoxenia. Alors tous les jours, on va se promener dans le coin, autour de l’église ou vers le village, et invariablement on termine la journée au Chaman Rock, un endroit idéal pour apprécier de somptueux couchers de soleil sur le lac.

 

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Oui, Chaman Rock, le rocher du chaman. Car l’île d’Olkhon est avant tout habitée par des Bouriates, un peuple d’origine turco-mongole aux croyances métissées entre le bouddhisme tibétain et le chamanisme. Sur l’île, les Bouriates sont même deux fois plus nombreux que les chrétiens orthodoxes. Il faut aussi garder à l’esprit que géographiquement, le lac Baïkal est plus proche de Lhasa que de Moscou !

Vu ainsi, tous ces rubans de couleur attachés aux arbres ou flottant au vent, fixés à des poteaux en bois, paraissent un peu moins surprenants. Quant à Chaman Rock, c’est un petit promontoire rocheux qui s’avance dans le lac, et dont le difficile accès n’est réservé qu’aux chamans de l’île. Un lieu mystique qu’il faut juste se contenter de contempler, idéalement sous la magnifique lumière pourpre du couchant.

 

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Un jour, on a décidé d’aller un peu plus loin dans l’exploration de l’île, en prenant part à un tour en minibus. En remontant vers le Nord, les panoramas sur le lac et son eau cristalline se succèdent, tous aussi beaux les uns que les autres. Un coup sur une plage d’où l’on peut admirer la clarté de l’eau, potable quasiment partout. Un coup en haut de falaises claires et abruptes, avec entre temps des passages au milieu de forêts de couleur rouille. Puis on arrive au cap Khoboiy, l’extrémité Nord de l’île, une succession de falaises de plus en plus hautes s’achevant par un cap froid et venteux. Là, les pieds pendant dans le vide, il n’y a plus que de l’eau autour de nous. En contrebas, elle vient s’écraser par petites vaguelettes contre les falaises, et elle s’étire jusqu’à l’horizon dans toutes les directions, grâce à la brume persistante à l’Ouest qui vient masquer les montagnes du « continent ». On a alors le très étrange sentiment d’être à la fois au milieu de la Sibérie, mais en même tout au bout du monde ! Quelle immensité !

 

 

Rémy, Sergueï et la Mère de Dieu

Ce même jour, en revenant de notre tour en minibus, on découvre que Sergueï est rentré. Et il n’est pas seul. A peine le temps de poser ses bagages dans la grande tente bleue que Rémy était déjà à l’œuvre en train de l’aider.

Rémy vient de réaliser un incroyable périple de 13500 kilomètres à vélo. En un peu plus de 6 mois, il a rejoint Irkoutsk depuis Lille (cool, un gars du Nord !), en passant par des destinations aussi intéressantes que la Turquie, l’Iran, l’Asie Centrale et la Mongolie. Et il vient juste se reposer quelques jours sur l’île d’Olkhon avant de rentrer à Lille par le train. Quelle aventure, chapeau !

 

201510 - Russie - 0124Maintenant que Sergueï est rentré, on va aussi pouvoir installer ce grand poêle dans la tente, histoire de la chauffer correctement. Mais hormis cela, Sergueï n’a pas beaucoup d’autres activités à nous confier. Quelques camionnettes à décharger, un jour du sable, un jour des poteaux en bois, et c’est tout. Alors on s’est lancés tous les trois dans une grande opération de nettoyage de Philoxenia. Il faut dire que la cuisine et le frigo était particulièrement dégueulasses, avec des restes de nourriture ouverte qui ont traîné là pendant un temps infini, au moins depuis la haute saison. Un peu déçus d’ailleurs de voir le peu d’attention à la propreté des précédents voyageurs ayant bénéficié de l’accueil si généreux de Sergueï. Donc, grand ménage avant l’hiver !

 

Et puis on a eu la chance d’assister à une cérémonie un peu spéciale à l’église de Khujir. Un jour de fête célébrant la Mère de Dieu et marqué par une belle et longue messe. Et achevée comme il se doit par un magnifique sonné de cloches de la part de Sergueï.

 

 

L’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours…

Enfin, grâce à Sergueï qui a souvent pris le temps de venir discuter avec nous, on en a appris davantage sur la vie et l’actualité de l’île d’Olkhon. Et à cette époque, s’il y avait bien sujet qui monopolisait l’attention, c’était celui de l’ours. Ou des ours.

Cela faisait bien 6 ou 7 ans qu’il n’y avait plus eu d’ours sur l’île. Mais l’été passé, les feux de forêt autour du lac ont été particulièrement catastrophiques : une surface équivalente à toute la Belgique serait partie en fumée !

Pris au piège et dépourvus de nourriture, les ours de l’autre côté du lac ont fui, et certains auraient traversé à la nage les 15 kilomètres qui séparent l’île d’Olkhon du continent principal pour y trouver de quoi manger. Difficile de trier le faux du vrai dans tout cela. Mais en tout cas, à chaque jour de nouvelles spéculations sur ce ou ces ours.

 

Au départ, on avait entendu parler d’un seul ours, puis de trois, puis de cinq. Le jour où on est parti, on était carrément monté à 7 ours, dont de jeunes oursons. Comme pour une bonne manif, les chiffres divergent aussi selon les sources : on a compté 3 ours selon les rangers, et 7 selon les villageois.

Toujours est-il que chaque matin, bien que personne n’ait vraiment vu l’ours, on pouvait constater les dégâts : des poubelles défoncées par ici, une vache tuée par là… Apparemment, le ou les ours sont affamés et ont besoin de faire des provisions avant l’hibernation. Malheureusement, ce n’est pas sur l’île d’Olkhon qu’ils trouveront leur bonheur, alors il se rapprochent dangereusement du village. Tout cela nous effraie un peu, surtout la nuit, où l’on se prend à imaginer ces ours affamés venir déchirer notre petite toile de tente…

On ne connaîtra pas le fin mot de l’histoire, mais au moment de notre départ, il était question que des rangers viennent « traiter » le problème. Certains disent avec des carabines, pour les tuer, d’autres avec juste des seringues, pour les endormir. Ah, les rumeurs de village…

 

Mais à vrai dire, nous, on l’a vu l’ours ! Oui, au début de notre séjour on a vu un ours ! Oui, un vrai, peut-être un gros ourson, mais quand même ce n’était pas rien. Il était sur le point de rentrer dans l’école, d’ailleurs. Sur le coup, j’ai été très surpris, je ne l’avais vu que fugitivement en marchant. Mais on est revenu sur nos pas quelques secondes plus tard et il était bien là, juste derrière une camionnette. Avec une muselière et attaché à une corde, tenue de près par un homme patibulaire et tout de noir vêtu, un montreur d’ours !

 

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Retour sur Irkoutsk avec un autre bon plan : le banya de l’hôtel Delta

Après cinq jours et cinq nuits sans eau courante sur l’île d’Olkhon, à part la glaciale eau du lac avec laquelle on n’a pas eu le courage de se laver, et avant de reprendre de longues étapes en train, on avait bien besoin de se décrasser un peu. C’est le moins que l’on puisse dire…

Rien de tel que l’office du tourisme pour se renseigner sur l’existence d’éventuelles douches publiques, comme cela se fait en Mongolie par exemple. Les employées, toujours aussi sympathiques et accueillantes, sont surprises par une telle question :

« – Vous voulez vous laver, c’est cela ? Pourquoi ne prendriez-vous pas une douche dans votre hôtel ?… »

 

Finalement, après un bon moment à se creuser la tête, une solution émerge : non loin de là, à l’hôtel Delta, il est possible de réserver un banya pour une session privée d’une heure.

 

Le banya, c’est un sauna à la russe. Mais à la différence du sauna scandinave qui utilise la chaleur sèche, le banya russe utilise la vapeur chaude. On aurait d’ailleurs bien aimé tester celui de Khujir, et sacrifier à la tradition du plongeon dans le lac Baïkal à la sortie du banya, mais, lui aussi, était fermé…

 

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Alors à Irkoutsk, l’idée d’avoir accès à un banya rien que pour nous pendant une heure, le tout pour 1000 roubles soit 14 €, nous a bien plu. Direction donc l’hôtel Delta, un business hotel situé dans la rue qui descend perpendiculairement aux rails du tramway quand on sort de l’office de tourisme.

A nous le bain de vapeur, la petite piscine, les grandes douches et tout ce qui va avec. On a particulièrement aimé le gros seau d’eau froide au dessus de la douche qu’on peut faire basculer sur nous pour un contraste saisissant en sortant du sauna.

Ca fait un bien fou, on en ressort frais, propres et détendus. Parfait avant de reprendre le train pour plusieurs jours !

 



2 commentaires sur “Petites histoires autour du lac Baïkal


     Petites histoires autour du lac Baïkal – Travel Tv (travel-tv.org/petites-histoires-autour-du-lac-baikal a écrit :

    16 février 2016 à 09:24

    […] Petites histoires autour du lac Baïkal […]


     Pauline (https://www.laroutedeslangues.com a écrit :

    12 mai 2017 à 11:58

    Merci de nous faire découvrir un petit bout de la Russie! C’est extrêmement bien détaillé on s’y croirait presque ! Le tout avec de magnifiques photos, un véritable plaisir à lire !

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