Il faut laisser le temps au temps fidjien

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Si loin de l’Inde, et pourtant…

C’est une bien longue route qui nous a menée de New Delhi aux îles Fidji. Cela nous aura pris au total cinq jours. Cinq vols et quatre escales, dans trois pays différents. Et une fois arrivés au milieu du Pacifique Sud, à quelques 12000 kilomètres de Delhi, on a eu la surprise de sentir qu’on n’avait pas encore vraiment quitté l’Inde.

 

D’abord lors de notre deuxième escale, à Singapour, où on s’est posé trois jours dans le quartier de… Little India ! Coïncidence ? Sûrement.

Little India, le quartier Indien de Singapour, celui où s’est installée la communauté d’immigrants en provenance d’Inde, majoritairement du Sud. Mais hormis ses habitants, ses restaurants, ses supermarchés, et le déroulement d’une cérémonie hindouiste, un soir, directement sur le trottoir de notre hostel, le quartier n’a pas grand-chose à voir avec l’Inde que l’on venait de découvrir. Car Little India, c’est l’Inde à la Singapourienne, c’est-à-dire un quartier ultra propre, sûr, organisé et aseptisé. L’Inde sans le bruit ni les couleurs. Une Inde un peu fade et éteinte.

Et pourtant, ce quartier qui nous a semblé ne pas avoir grand-chose à envier à ses voisins reste apparemment considéré par les locaux comme l’un des moins bien réputés de la ville-Etat.

Singapour, probablement le plus grand écart culturel que l’on pouvait envisager en venant d’Inde !

 

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Trois vols et deux escales en Australie plus tard, nous atterrissons enfin à Nadi, la grande ville sur la côte Ouest de Viti Levu, l’île principale des Fidji. Et dès l’aéroport, en attendant Abhi notre hôte en couchsurfing, l’Inde se rappelle encore à nous. Car Abhi est d’origine Indienne.

Il nous apprend que la population fidjienne est composée pour moitié de Mélanésiens, et pour moitié d’Indiens. Celle-là, on peut dire qu’on ne l’attendait pas !

 

L’origine de ce curieux mélange est à mettre sur le compte des Anglais. Lors de leur expansion coloniale sur le Pacifique, dans le courant du XIXe siècle, ils s’accaparent les Fidji. Les îles regorgent de plantations de canne à sucre, que le colonisateur cherche à exploiter économiquement. Mais plutôt que d’avoir recours à l’exploitation de la main d’œuvre indigène, au risque de menacer leur culture jusqu’ici intacte, ils font appel à des « travailleurs sous contrat » en provenance d’Inde. Le deal : après dix ans de travail dans les plantations, ils pouvaient choisir soit de rentrer en Inde, soit de s’installer aux Fidji. La grande majorité des quelques 61000 immigrants Indiens aux Fidji a préféré rester.

C’est ainsi qu’aux Fidji, aujourd’hui, près d’un habitant sur deux est « Indo-fidjien », par opposition aux « Fidjiens indigènes ». Qu’une partie de la population est hindouiste – et à un degré moindre musulmane, qu’on y parle l’hindi fidjien, et que la nourriture indienne y est très populaire.

 

 

Plutôt Mélanésiens que Polynésiens

Les premiers habitants des Fidji seraient, eux, arrivés dans l’archipel il y a plus de 3000 ans, depuis d’autres îles et archipels plus à l’Ouest comme le Vanuatu, la Nouvelle-Calédonie ou les îles Salomon. Toutes ces îles forment, avec une partie de la Papouasie, ce que l’on considère généralement comme la Mélanésie, un des trois grands groupes d’îles du Pacifique, avec la Micronésie plus au Nord, et la Polynésie plus à l’Est.

 

Physiquement, les Mélanésiens se différencient de leurs voisins par leur peau plus foncée et leurs cheveux très frisés. Ceux des hommes sont coupés courts, mais ceux des femmes sont bien plus longs et leur font, invariablement, une énorme touffe sur la tête.

 

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Ils présentent aussi un physique imposant, en hauteur comme en largeur. Aux Fidji, ce sont surtout les hommes qui portent la tenue traditionnelle, une jupe longue à motifs, appelée sulu. En ville, les hommes la portent avec une chemise de type occidental assortie au sulu, voire même parfois avec une cravate. Et de simples sandales de cuir aux pieds. Enfin, les tatouages tribaux – généralement au-dessus des coudes et des genoux – sont très fréquents et portés par les hommes comme par les femmes. Ils ne relèvent pas d’un choix personnel, mais sont l’apanage des chefs de familles, de clans et de villages.

 

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Les Fidjiennes et Fidjiens nous ont toujours paru très accueillants et sympathiques, souriants et bienveillants. Ils rient beaucoup, même à la douane ou dans les taxis. Et sous leurs airs de colosses, c’est souvent avec une toute petite voix qu’ils vous saluent d’un « Bula !«  quand ils vous croisent dans la rue.

Oui, indéniablement, ce sont des gens très attachants de prime abord.

 

 

Fijian time

Un autre point qui nous a marqués chez les Fidjiens, c’est la tranquillité et la lenteur de leur mode de vie. Jamais de stress, jamais de précipitation. C’est vrai qu’il fait tout le temps chaud et humide, alors en semaine, les heures de travail sont comptées. Et celles de repos sont fondamentales. A quoi bon faire aujourd’hui ce qu’on pourrait reporter à demain, après tout ?

Tout se passe donc sur un autre rythme. Un rythme plus doux et plus proche de la nature. Le « temps fidjien » comme ils l’appellent…

 

 

 

Dérèglement climatique – partie 1

Chaque année, entre janvier et mars, la « saison des cyclones » s’abat sur les Fidji. C’est un phénomène naturel dans le Pacifique Sud. Certaines années, ils sont insignifiants. D’autres, ils provoquent quelques crues et des dégâts matériels. Mais cette année, fin février, les Fidji ont connu le pire cyclone de leur histoire. Une tempête tropicale du nom de Winston, d’une intensité jamais vue encore.

Plusieurs centaines de disparus, des milliers d’habitations rasées… On ne savait pas trop dans quel état on allait trouver le pays lors de notre séjour, quelques semaines seulement après la catastrophe.

 

A Nadi, la situation semblait être revenue à la normale. Pas de dégâts apparents. Sauf qu’en ce début avril, censé marquer le retour de la saison sèche, ce sont des pluies diluviennes qui accompagnent notre arrivée. Pendant les deux premiers jours, le vent souffle violemment, le niveau de l’eau dans la rue en bas de chez Abhi monte, en devenant presque menaçant. Impossible de sortir de chez lui. On reste coincé là, sans électricité et seuls, car notre hôte est parvenu tant bien que mal à se rendre au travail…

 

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Alors le troisième jour, on profite d’une accalmie pour sortir, pour chercher un bus vers une destination plus clémente.

Le problème, c’est que la ville de Nadi est inondée, ce qui rend impossible l’accès aux établissements touristiques du Sud et de l’Ouest de Viti Levu, ainsi qu’au port desservant les nombreux îlots à touristes de l’Ouest de l’archipel. Même problème pour nous rendre dans les montagnes vers l’intérieur des terres. Ne reste donc que la côte Nord, essentiellement rurale et beaucoup moins fréquentée. Il n’y a même qu’un seul véritable établissement susceptible de nous accueillir : le Vatia Beach Lodge.

 

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Deux bus locaux sans fenêtres et un taxi perdu plus tard, au bout d’une petite piste tortueuse qui en a fait baver à notre chauffeur, et nous y voilà. L’endroit est charmant : en bord de mer, avec même une petite plage privée, il se compose d’une habitation principale et d’une petite douzaine de bungalows rudimentaires.

 

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Mais Winston est passé par là. Deux énormes arbres à moitié déracinés, et partiellement tronçonnés depuis, gisent au milieu du terrain. Les installations extérieures pour les barbecues et les tables de pique-nique se sont envolées. Et la plage est entièrement recouverte de débris de bois, charriés jusqu’à la mer par les crues, puis déposés par la marée. Le petit coin de paradis porte toujours les stigmates du terrible cyclone.

 

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On y passera néanmoins trois jours, dont deux de pluie et de grisaille, avec seulement trois-quatre heures d’électricité par jour. Mais avec l’agréable compagnie des autres clients et d’une équipe de volontaires récemment arrivés par l’intermédiaire de wwoofing. Au retour du soleil, pour notre dernier jour sur place, ces derniers ont même pu commencer à déblayer la plage. Et nous, on en a profité pour nous frayer un passage au milieu des débris pour profiter brièvement de notre premier bain aux Fidji.

 

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Un long périple vers Taveuni

On serait bien resté davantage au sein de cette sympathique communauté que l’on commençait doucement à connaître. Mais on voulait absolument se rendre à Taveuni, l’île à l’extrême Nord Est de l’archipel. L’enthousiaste Amoreena et sa large famille y étaient impatients de nous recevoir en couchsurfing. Et nous de les rencontrer !

 

Rejoindre Taveuni en transports locaux est un sacré périple. Un premier trajet en bus sous des trombes d’eau nous emmène à la capitale Suva, au Sud-Est de Viti Levu. Puis il faut prendre l’un des deux ferrys hebdomadaires reliant Taveuni. Ne connaissant pas l’état des routes dans cette partie de l’île, on avait prévu large, et c’est avec deux heures d’avance qu’on a embarqué sur le ferry. Il n’y avait plus qu’à attendre patiemment l’heure du départ, prévu à 18 heures, pour une arrivée à Taveuni le lendemain vers 10 heures du matin, et à espérer une mer calme pour la traversée.

 

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Ce ferry bi-hebdomadaire est la seule liaison de Taveuni à l’île principale. Alors, à chaque voyage, on y charge de tout ce dont Taveuni a besoin : des camions de marchandises, des marchandises seules, des véhicule et des passagers. Et en ce jour, cela prend un peu plus de temps que prévu… Quand on quitte enfin le port de Suva, il est déjà 22 heures passées !

Sur le ferry, la situation des passagers nous semble bien confuse. Les billets de première classe donnent accès à un grand salon équipé de sièges inclinables. Un salon tellement spacieux que les gens préfèrent s’installer directement par terre, sur la moquette et le sol bien dur du bateau. Pour les billets de seconde classe, en revanche, il n’y pas d’espace dédié. Les passagers s’installent donc là où ils peuvent, là où ils trouvent quelques mètres carrés de sol vierge pour étaler leurs couvertures : dans les couloirs, dans la cafétéria, entre les sièges du restaurant, devant les sanitaires…

 

Le voyage du ferry est lui aussi bien chaotique, le retard s’accumulant à chaque étape. Et ce n’est qu’à 21 heures le lendemain de notre départ que l’on commence à apercevoir les faibles lumières de Taveuni. Mais là, il faut encore attendre une heure au large, le temps que la marée monte suffisamment pour approcher le bateau du quai.

Enfin vient la pagaille des bagages, qui ont été tous entassés dans un coin du bateau pendant la traversée, au fond du parking. On doit donc déjà attendre que tous les véhicules soient sortis pour y accéder.

L’attente paraît interminable pour ces Fidjiens d’ordinaire si tranquilles. On les sent sur le qui-vive…

Flexion, Touchez, Stop, Entrez ! Ca y est, la pile de bagages est enfin accessible, les plus costauds foncent dans le tas pour arracher de la soute les nombreux cabas de leur famille. Il n’y a plus de règles, plus de politesse. Ils sont sur les nerfs après 28 heures passées sur ce bateau. Sans doute 12 de trop…

 

Passée la mêlée, on peut enfin poser le pied et nos sacs à dos sur Taveuni. Il est 23 heures quand on retrouve Amoreena et ses trois plus jeunes enfants, qui nous ont patiemment attendus toute la soirée sur la jetée !

 

 

Un dimanche à Taveuni – la prière

Amo et sa famille vivent au nord de l’île, dans une toute petite maison de tôle et de bois, sans électricité. Elle se compose d’une pièce ouverte sur l’extérieur où sont entreposées les chaussures et pas mal d’affaires, d’une cuisine avec un réchaud au gaz, d’un séjour prolongé d’une première chambre, d’une seconde chambre, et un minuscule carré douche/WC. Et dans cet espace spartiate et restreint vivent en permanence : Amo et son mari Tambua, leurs cinq enfants âgés de 3 à 14 ans, Nana la maman d’Amo et une nièce d’Amo avec son nouveau-né. C’est-à-dire 10 personnes !

 

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Mais pas de problème, il y a de la place pour nous… ainsi que pour une bonne poignée d’autres membres de la famille, de visite en ce samedi et qui eux aussi passent la nuit-là. On a à vrai dire aucune idée de leur nombre. Ils étaient tous entassés dans le séjour, avec la seule lueur d’une lampe torche pour éclairer la cuisine. Il y avait là des hommes et femmes de tous âges, qui dormaient simplement par terre les uns contre les autres, et ce dans le rire et la joie. Malgré ce confort minimal, c’était bien le plaisir d’être réunis en famille qui prédominait, et leurs rires nous ont très vite contaminés !

 

Le dimanche matin aux aurores, surpassant le bruit les moustiques et les chants des coqs, nous sommes accompagnés dans notre réveil par les douces voix de tous ces gens, chantant ensemble leurs prières dominicales. Puis les invités se retirent, laissant un grand vide dans la maisonnette : on n’est désormais plus que douze…

 

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Profitant enfin d’un grand ciel bleu, on part visiter les alentours en compagnie de Caleb, sept ans, le n°4 de la famille. L’intérieur des terres de l’île semble vallonné et très vert, la végétation luxuriante. Sur un fond d’arbres renversés et de cocotiers pliés par Winston, la côte alterne entre falaises et petite plage de sable fin, avec une eau juste parfaite. Vraiment, cette partie de l’île est magnifique.

 

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Pendant cette petite balade, Amo prépare, en compagnie de quelques nièces et cousines, le nécessaire pour l’activité traditionnelle du dimanche après-midi : la partie de pêche en famille.

 

 

Un dimanche à Taveuni – la pêche

Après le Groenland et le Nunavut, c’est notre troisième partie de pêche du voyage, et on espère bien que cette fois, les eaux tempérées du Pacifique seront plus favorables que les précédentes.

En plus, pour Amo et sa famille, la pêche dominicale représente bien plus qu’un simple loisir : le but est bien de ramener le maximum de poissons à la maison pour nourrir tout ce petit monde dans la semaine à venir.

 

 

 

Alors tout le monde s’y met, les plus jeunes enfants restent jouer sur la plage tandis que le reste de la famille est à l’ouvrage, dans les eaux calmes et superficielles de la petite crique, jusqu’à la taille.

Mais d’abord, on ramasse quelques petits crabes et coquillages sur le sable. On arrache les pinces des crabes et on sort les mollusques de leurs coquilles en soufflant dessus, ils serviront d’appâts.

 

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Quant à la technique de pêche, elle est assez rudimentaire : la ligne est enroulée autour d’une bouteille en plastique vide. A son extrémité est fixé un hameçon, surmonté un peu plus haut d’un petit plombage. Le but est de lancer la ligne de telle sorte qu’elle se déroule au maximum de la bouteille, et aille le plus loin possible. Puis on enroule tranquillement, en espérant que ça morde.

Pas si simple, en tout cas pour nous : quand ce n’est pas l’appât qui se fait la malle lors du lancer, c’est l’hameçon qui reste accroché aux plantes ou petits déchets qui traînent au fond de l’eau.

 

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Tambua, le mari d’Amo, a lui une autre technique: il a pris un filet. Dans l’eau très claire, il guette l’arrivée d’un banc de petits poissons pour déployer son filet. Sa première prise est assez conséquente et on passe un long moment à retirer les petits poissons prisonniers des mailles. Une partie d’entre eux est réutilisée comme appât, tandis que le reste est gardé pour le dîner.

 

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Et finalement, après cinq heures dans l’eau, sous un soleil toujours un peu timide, nous rentrons bredouilles. Une fois encore. Nos hôtes, en revanche, ramènent tous quelques poissons dans leur besace, mais point de grosse prise aujourd’hui. Une journée mitigée pour eux, mais une belle après-midi pour nous autour de cette activité partagée en famille, avec la volonté de chacun de bien faire. Le tout dans un décor de rêve, une plage de sable fin perdue au milieu d’une jungle luxuriante et une eau magnifique.

 

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Un dimanche à Taveuni – le dîner

A peine ressorties de l’eau que Amo et ses cousines préparent les poissons fraîchement pêchés. Ils sont écaillés et vidés directement sur la plage. Mais attention, tout n’est pas à jeter : il faut garder le cœur… car c’est la petite gourmandise de ces Fidjiennes, la récompense de cette après-midi de pêche : le cœur de poisson frais ! Bien frais même, un cœur qui battait juste une minute avant, et dont elles semblent se délecter. Bon, on s’est senti obligé d’essayer, et ça a comme un petit goût de foie de morue. Mais c’est quand même assez étrange, avouons-le.

 

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Passé cette « mise en bouche », c’est un petit festin qui s’annonce. Pendant qu’Amo laisse sa fille Grace préparer – ou plus simplement frire – les poissons du jour et des tranches de pommes de terre, on leur prépare une sorte de ratatouille au lait de coco, des tranches de pain grillé au beurre d’ail et une mayonnaise maison qui a eu un grand succès. François M., merci pour ta recette qui a fait des émules jusque dans le Pacifique Sud :)

 

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Mais pendant que nous savourions tranquillement notre dîner avec les femmes de la maison, un événement bien plus important retenait l’attention de Tambua et des garçons dehors : un tournoi mondial de Rugby à VII !

 

 

Un dimanche à Taveuni – le rugby et le kava

Le rugby est bien sûr le sport national des Fidji, et c’est même en partie grâce au rugby que l’on connaît les Fidji dans l’hémisphère Nord.

Pour un si petit pays, il est difficile de se faire une place dans le complexe et rigoureux rugby à XV, celui qui a la plus grande notoriété chez nous. Leurs participations honorables aux dernières Coupes du Monde sont déjà remarquables.

Par contre, de par son nombre réduit de joueurs et des règles simplifiées qui en découle, le rugby à VII est bien plus populaire aux Fidji. Et les Fidji une équipe bien plus redoutable dans ce sport.

 

Durant ce weekend passé à Taveuni se tenait, à Hong Kong, la septième étape des Sevens Series, une sorte de championnat mondial de rugby à VII. Un événement immanquable pour nombre de Fidjiens. Alors, malgré l’horaire tardif de la compétition à cause du décalage horaire, Tambua passe l’intégralité de la soirée dans l’entrée de la maison, avec ses fils et un de ses amis, l’oreille vissée à sa petite radio.

 

Au cours de cette étape, l’équipe fidjienne brille et se qualifie pour la finale. Un match contre leurs meilleurs ennemis, les Néo-Zélandais. Il reste près d’une heure et demie à attendre avant le match tant attendu, alors on en profite pour découvrir le rituel du kava.

 

Le kava est une plante apparentée au poivre, dont on consomme le rhizome (racine). Celui-ci est séché et réduit en poudre, avant d’être mélangé à de l’eau et bu dans la coque évidée d’une moitié de noix de coco.

 

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Le kava est associé à de très nombreuses coutumes dans le Pacifique, et partager le kava est un signe d’amitié. A l’image du mate sud-américain, le kava se passe de convive à convive, et sa consommation est associée à un rituel fort.

Le kava n’est pas alcoolisé, mais possède d’intéressantes propriétés anesthésiantes et relaxantes, entre autres, que l’on a senti sur la langue et les lèvres après seulement quelques gorgées ! Alors, est-ce à cause du kava que les Fidjiens sont si lents et tranquilles ? En tout cas, ça ne doit pas les aider…

Et après quelques tournées de kava, on est tombé sous l’emprise du « fijian time ». L’heure d’attente jusqu’au match de rugby nous a semblé tellement longue, tellement interminable, et on se sentait tellement épuisés, qu’on a fini par se coucher avant même le début du match !

 

Mais au final, les Fidji ont remporté ce match haut la main, et par conséquent le tournoi. Et quelques semaines plus tard, ils ont fini vainqueurs de cette saison du Seven Series, pour la deuxième année consécutive.

Bravo, et bonne chance pour les JO !

 

 

Dérèglement climatique – partie 2

Le lendemain de cette sympathique journée en famille, on se lance dans une brève exploration du reste de Taveuni, en bus local. Direction Lavena, tout au bout de la route qui fait – presque – le tour de l’île. Après Lavena, plus de route, plus de village. Juste la montagne qui tombe brutalement dans le Pacifique. Alors, dans ce vieux bus sans fenêtres qui cahote péniblement sur la piste de gravier, on a vraiment l’impression d’être dans le bus du bout du monde. Voire même pour la fin du monde.

 

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Car le décor qui défile lentement jusqu’à Lavena n’est pas en reste : arbres couchés, arrachés du sol ou décapités, maisons en ruines, toitures envolées, débris de bois sur toutes les plages… Partout, on peut voir les traces du passage de Winston. Et dans les différents villages, l’heure est à la reconstruction. Les travaux avancent tant bien que mal, au rythme de la vie locale, le manque de moyens individuels étant contrebalancé par une grande entraide au sein des habitants de l’île.

 

Mais il n’y a pas que sur terre que le cyclone a eu des conséquences dramatiques. Les fonds marins aussi ont beaucoup souffert. Et les fonds marins, c’est peut-être la plus grande richesse de Taveuni, car ils attirent chaque année de nombreux touristes amateurs de plongée et de snorkeling. La principale source de revenus de l’île.

 

Le détroit entre Taveuni et la grande île de Vanua Levu abrite en effet le Rainbow Reef et le Great White Wall, des sites de plongée parmi les plus remarquables du Pacifique Sud. Mais Winston a détruit une grande partie des fragiles récifs coraliens qui faisaient la beauté et la renommée de ces sites et abritaient une faune aquatique tout autant remarquable.

Malgré une forme de dépit chez les professionnels du secteur, on a quand même été y faire un tour en snorkeling. Et heureusement, tout n’est pas perdu. L’endroit reste exceptionnel et malgré une quantité importante de coraux arrachés et morts, on a quand même pu admirer des poissons de toutes tailles dans tous les sens, des coraux bien vivants de toutes les couleurs, et même paraît-il, un requin… que seule Sandrine et le guide ont vu.

 

 

Dérèglement climatique – partie 3

Pour terminer cette quinzaine fidjienne, on a choisi la Coral Coast, la côte Sud de Viti Levu, celle que l’on n’a pas pu rejoindre à notre arrivée à cause des inondations. Une côte réputée pour ses belles plages, ses spots de snorkeling, ses reliefs, ses paysages et un large panel d’activités de plein-air… et donc aussi pour ses nombreux resorts occidentalisés.

C’est dans l’un d’eux qu’on a posé nos valises, au milieu de larges groupes d’Australiens, de Néo-Zélandais, d’Etats-Uniens et d’Allemands, encadrés par des GO Fidjiens… Si loin de Taveuni.

 

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Mais reconnaissons que l’endroit est vraiment beau et qu’il offre un paquet de choses intéressantes à faire, tant en mer que sur terre. Et cela aurait fait une sympathique escapade de deux jours… s’il n’avait pas plu des cordes en continu !

Un météo telle qu’on a à peine pu sortir du complexe, juste un petit tour sur la plage sans nous baigner, ni même profiter de la piscine.

 

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Bref, un temps idéal pour travailler, préparer la suite du voyage et rattraper le retard accumulé sur le blog.

Sauf que c’est là que l’ordinateur de Sandrine a décidé de planter pour de bon, et de nous planter. Le début de péripéties qui nous mèneront jusqu’à San Francisco…

 

Mais d’abord, place aux Samoa !

 

 

 

 



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