Le ferry public d’Alaska, bien mieux qu’une croisière

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Il n’y a pas beaucoup de solutions pour visiter l’Alaska et le Yukon avec un budget un peu serré.

Les attractions majeures sont éparses et difficiles d’accès, les routes peu nombreuses et les transports en commun encore plus rares. Les villes sont aussi très éloignées les unes des autres et les options d’hébergement pour backpackers y sont rares.

 

La plupart des visiteurs optent donc pour une croisière, depuis Seattle ou Vancouver. Mais nous, ces gros bateaux-parcs d’attraction avec 3000, 4000 personnes à bord, ce n’est pas vraiment notre tasse de thé. Ni notre taille de porte-monnaie.

Le road trip est aussi une option très populaire, que ce soit avec un RV (« recreational vehicle » un camping-car de taille américaine, donc très gros), une caravane, un minivan aménagé, ou juste une voiture et une tente. Mais ce mode de voyage on l’a gardé pour l’Ouest Américain. D’autant que les locations – et assurances – sont très chères en Alaska.

Quant aux plus aventuriers, il se lancent en canoë, en kayak ou à vélo sur les rivières sauvages et les routes pentues de ces terres froides et montagneuses. Mais en ce qui concerne le vélo, on préfère en rester à notre expérience aux Samoa.

 

Alors pour visiter l’Alaska et le Yukon, cet immense territoire grand comme l’Europe et peuplé d’ours, de caribous, d’orignaux et de moins d’un million d’humains, on a décidé de faire avec les moyens du bord. Point de bateau de croisière, de véhicule loué ni même de tente. Juste le ferry d’Etat, de l’autostop, un peu de train touristique, de couchsurfing… et pas mal d’improvisation !

 

Une aventure qui a amené son lot quotidien de fous rires et parfois de galères, de bonnes surprises et parfois de mauvaises, de belles rencontres et de souvenirs inoubliables.

Une aventure qu’on va dérouler chronologiquement, de ville en ville et d’anecdote en anecdote, une fois n’est pas coutume.

Et sur 3 articles. Car en Alaska et au Yukon on en a eues des anecdotes !

 

 

 

Première partie : de Prince Rupert à Skagway

 

 

 

Prince Rupert

C’est dans cette ville du Canada, tout au Nord de la côte de la Colombie-Britannique, qu’on a choisi d’atterrir. Prince Rupert, c’est en effet la porte d’entrée Sud de l’Alaska. On aurait aimé rejoindre ce bout du monde par la terre, que ce soit à l’extrémité de la Transcanadienne ou au terminus des chemins de fer canadiens. Mais faute de temps, on s’est rabattu sur le petit avion à hélices qui relie deux fois par jour Prince Rupert à Vancouver. Un vol de deux heures avec les magnifiques Coastal Mountains sur notre droite et les fjords de Colombie-Britannique sur notre gauche. Et pendant tout le vol, pas une route, pas une construction, pas une trace humaine à l’horizon.

 

20 heures, on ferme l’aéroport

Là-haut, l’inhospitalité de l’environnement naturel laisse peu de place aux activités humaines. Prince Rupert est d’ailleurs située sur une île, Kaien, et son aéroport sur une autre, Digby. Un aéroport si petit qu’il n’a que trois places de parking. Deux pour les navettes du personnel et des passagers, et une pour le camion qui transporte leurs bagages. Et ces trois véhicules transitent deux fois par jour entre la ville et le terminal.

Notre arrivée, la deuxième et dernière du jour, donne aussi lieu à une scène inhabituelle : la fermeture de l’aéroport pour la nuit. Extinction des feux, verrouillage des portes du terminal, et tout le monde dans la navette.

 

Un daim dans le jardin

Après quelques soucis pour rejoindre notre auberge du fait que le téléphone ne passe pas dans la ville, on profite enfin de notre première soirée dans le Nord. Les nuits commencent déjà à être très longues, et sont encore bien fraîches.

Alors qu’on attaque notre dîner, j’aperçois par la fenêtre une scène étrange :

« Mince, on dirait qu’il y a un daim en train de manger dans le jardin des voisins… » . On sort sur le balcon et oui, c’est bien ça, c’est bien un daim qui mange les feuilles des arbres !

Le lendemain, la propriétaire de l’auberge ne semble pas étonnée :

« Oh oui, des daims, il y en a partout par ici. Ce matin-même, j’en ai vu un sur la route, en train de traverser sur le passage piétons ! »

 

 

Inside Passage – 1ère partie

Le Sud-Est de l’Alaska, parfois appelé panhandle car il a la forme d’un manche (handle) qui tiendrait cette grande poêle (pan) qu’est l’Alaska, est un chapelet d’îles, d’îlots, de fjords, de glaciers et de montagnes, dans lequel vivent quelques dizaines de milliers de personnes regroupées en différentes communautés éparses. Juneau, la capitale de l’Etat d’Alaska, est l’une d’entre elles.

Ces communautés ont la particularité de ne pas être reliées du tout par la route. Un peu comme le Groënland ou le Nunavut. Alors pour aller de l’une à l’autre, il n’y a que l’avion – non merci – ou le bateau.

Mais les choses sont très bien faites car depuis cinquante ans une compagnie publique d’Etat dessert par la mer ces différents villages : le Alaska Marine Highway System.

 

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En été, deux fois par semaine, le M/V Matanuska fait la liaison de Prince Rupert à Juneau à travers l’Inside Passage, le passage intérieur. Une route maritime qui se faufile entre les îles et îlots du Sud-Est de l’Alaska, ainsi protégée en permanence des courants océaniques du golfe d’Alaska. Un délice à naviguer.

 

La solution la moins chère

Pour un trajet de Prince Rupert à Juneau, qui peut prendre 24 ou 48 heures selon les communautés desservies, il en coûte 165 USD par personne. Ce n’est pas rien, mais en même temps on est en Alaska, pas en Indonésie. Alors compte-tenu du prix des transports et du coût global de la vie ici, c’est finalement acceptable. Et l’option la plus économique pour faire cette route.

Par contre à ce prix-là, on a juste le droit de monter sur le ferry en tant que passager à pied. Si on a un véhicule, même un vélo, il faut payer un supplément. Et si on veut une cabine, c’est plus cher aussi.

 

Cabine ou solarium ?

L’avantage, c’est qu’on n’est pas obligé d’en prendre une. On a en effet le droit de dormir dans les espaces communs, qui comprennent des canapés, des fauteuils, des sièges inclinables, de la moquette… Et surtout, il y a le solarium, une pièce ouverte mais couverte, à l’arrière du pont supérieur et chauffée par des résistances au plafond. En plus, il y a des transats à disposition. Alors c’est décidé : cette nuit, on dormira dehors sous le solarium !

 

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Un ferry tout équipé

Outre les facilités pour dormir gratuitement, le ferry dispose de douches publiques, de prises électriques un peu partout, de différents espaces abrités pour lire, travailler, se reposer, regarder un film… Et pour profiter du paysage, il y a également de nombreux ponts ouverts.

 

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Il y a aussi une salle à manger où l’on peut emmener sa propre nourriture et la faire réchauffer au micro-ondes. Du coup, on n’est pas obligé de consommer au self. Encore une source d’économies… Quoique…

 

« Tipping is forbidden »

Manger au self n’a en effet rien de ruineux. On trouve à la carte des plats de cuisine américaine basique. Pas du fast-food, mais rien de très élaboré quand même. Et qui dit américain dit portions généreuses. Donc facilement partageables à deux. Le tout pour à peine 10 USD le plat, ce qui est bien moins que ce à quoi on aurait pu s’attendre sur un ferry !

Mais je vous entends (ou plutôt je m’entends) déjà venir : oui 10 USD à la carte, c’est bien. Mais en vrai ça va finir à 13 et quelques avec leurs histoires de taxes et de pourboire.

Eh bien non, pas ici ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, le prix affiché est le prix payé ! Je ne sais pas par quel miracle il n’y a pas de taxes. Cela dit, c’est une compagnie publique, alors tout part déjà à l’Etat. Mais encore plus fou, le tip est… interdit ! Oui, interdit. Les agents du bateau sont employés par l’Etat d’Alaska, et il leur est interdit de recevoir de l’argent ou toute gratification de la part de quiconque. Et ce n’est pas moi qui invente ça parce que ça m’arrange bien, c’est même écrit à la caisse de la cantine : « tipping is forbidden » !

 

Une nuit dehors

C’est notre première nuit en Alaska, et on a donc décidé de la passer dehors, presque à la belle-étoile. A la belle et pleine lune, en tout cas. Quelle chouette expérience que voilà : s’endormir avec le seul bruit du bateau pour nous accompagner, et se réveiller avec les premières lueurs du jour, c’est-à-dire vers 4 heures du matin, avec le superbe décor de l’Inside Passage face à nous…

 

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Seul hic, malgré les chauffages au-dessus de nos têtes, on a quand même eu un peu froid avec nos petits duvets d’intérieur. On est en Alaska quand même…

 

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Vie sauvage

Outre le magnifique défilé des fjords, des glaciers et des montagnes, l’Inside Passage est également un formidable réservoir de vie sauvage. Ce sont d’abord de frétillants saumons qui accompagnent notre sortie du port de Prince Rupert. Puis avec un peu de persévérance, depuis les ponts extérieurs, on aperçoit de temps en temps une baleine. En revanche, nulles traces de loutres de mer malgré nos efforts intenses pour les « débusquer ».

Les amateurs d’ornithologie en ont aussi pour leurs frais entre les différents palmipèdes, les oiseaux marins et surtout les aigles à tête blanche, l’emblème du pays.

 

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Jenny & Gary

Observer les oiseaux, c’est le passe-temps préféré de Jenny, une sexagénaire évidemment rencontrée sur le pont. Avec son mari Gary, ils sont en road trip pour quelques semaines et ont laissé à des amis-voisins la gestion de leur petite ferme dans l’Oregon, celle de laquelle ils vivent le reste de l’année.

 

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Avec Jenny, on a appris plein de choses sur les oiseaux croisés en route. Car ce n’est pas aussi simple que : « ça c’est un gros oiseau blanc, ça c’est un oiseau moyen gris, ça c’est comme un canard mais en noir… »

C’est tellement compliqué que Jenny a une application sur son téléphone qui donne toutes les informations sur les différents oiseaux qu’on peut rencontrer dans la région. Et on peut même écouter les différents chants de chaque oiseau, en cas de besoin d’identification sonore.

Ce couple attachant est aussi un peu atypique par rapport à la population de touristes présents sur ce bateau : ils voyagent depuis toujours dans leur vieux minivan vert qu’ils ont aménagé eux-mêmes. On est loin de ces énormes RV et des caravanes de luxe tractées par de gros pick-up.

 

48 heures de voyage pour le prix de 24

Avec la compagnie de ferry publique, les prix ne dépendent ni du temps de voyage, ni de la distance, mais uniquement des villes de départ et d’arrivée. Pour ce trajet jusque Juneau, on avait le choix entre une route relativement directe mettant 24 heures et une route passant par un village très isolé, Sitka, en prenant 48.

Eh bien, contrairement à ce qu’on pourrait penser, le trajet de 48 heures vaut bien plus le coup !

Déjà, ça laisse plus de temps pour profiter de la nature et des paysages, dont on ne se lasse pas. Ca fait aussi une journée et une nuit de plus au chaud sur le ferry, ce qui n’est pas négligeable pour le budget.

Et comme les choses sont bien faites, décidément, on a même une escale assez longue pour explorer le charmant et inaccessible village de Sitka.

 

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Ketchikan

Le voyage à bord du M/V Matanuska comporte, en plus de Sitka, de nombreux autres arrêts dans les communautés du passage intérieur. Généralement, la pause dure 30 à 45 minutes, ce qui est trop court pour pouvoir sortir du bateau, visiter et revenir. C’est juste suffisant pour se dégourdir les jambes, et celles du chien, fidèle compagnon de nombreux passagers du bateau.

Mais à Ketchikan, l’escale dure 4 heures. Juste ce qu’il faut pour visiter l’autoproclamée capitale mondiale du saumon-roi.

 

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Mais il est où le village ? Derrière le Grand Princess !

En arrivant en ferry, on espérait avoir un joli point de vue sur Ketchikan, un village pittoresque niché au pied de belles montagnes enneigées, à l’embouchure de la rivière qui porte son nom.

Mais c’était sans compter sur le Grand Princess, un bateau de croisière géant qui nous a devancés de quelques heures. Haut comme un immeuble de 12 étages, sur près de 300 mètres de long, il occupe tout l’espace du front de mer et obstrue toute la vue sur la ville. Il est plus haut et plus long que n’importe lequel des bâtiments ! C’est fou, et c’est bien dommage.

En plus, ça signifie qu’il y a potentiellement 4000 croisiéristes qui se baladent dans la ville… Aie !

 

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Capitale déchue du saumon-roi d’Alaska

Objectif de la visite de Ketchikan : découvrir et se régaler de la spécialité de la ville, le saumon-roi.

 

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Au début du XXème siècle, l’industrie saumonière explose dans la paisible cité. Une usine de fumaison de saumon s’installe, puis plusieurs. Pendant plusieurs décennies, cela tourne à merveille.

Jusqu’à ce qu’un beau jour, on finisse par s’apercevoir qu’il y a quand même beaucoup moins de saumons qui remontent la rivière Ketchikan que par le passé. Et aussi subitement que ça a commencé, tout s’arrête ou presque. On se met à protéger les saumons pour qu’ils reviennent plus nombreux, mais c’est déjà trop tard. Surexploitation des ressources naturelles jusqu’à épuisement, les fumaisons ferment, et Ketchikan perd sa seule véritable industrie.

 

Reconversion dans le tourisme

Jusqu’à ce qu’un autre beau jour, on se dise : « on n’a qu’à miser sur le tourisme ! C’était quand même le bon temps, l’époque des fumaisons et de la ruée vers l’or… Il y avait des saloons, de l’alcool, de l’argent, des bagarres, des bordels… De la vie quoi. Il y a de quoi attirer les bateaux de croisière avec tout ça. »

C’est ainsi que Creek Street, le « quartier rouge » de l’époque, a été plus ou moins reconstitué, les filles en moins.

 

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« Et puis on va mettre plein de magasins de souvenirs pour que les croisiéristes ramènent de l’argent en ville« .

Sauf qu’aujourd’hui la plupart de ces magasins sont en fait détenus par les propriétaires des bateaux de croisière… Si ce n’est pas bien moche, tout ça !

 

De la tanzanite, mais plus vraiment de saumon

Même le Salmon Landing Market, autrefois « the place » pour acheter du bon saumon, est aujourd’hui un marché aux souvenirs et produits dérivés taillé pour les passagers des bateaux de croisière. Le seul saumon qu’on y a trouvé, il était vendu dans des paquets en carton. 30 USD la livre. Ahurissant.

Par contre, à défaut de poisson, on trouve beaucoup de pierres précieuses dans ce marché au saumon. De l’or bien sûr, car il y en a eu beaucoup dans la région, mais aussi d’autres qui n’ont rien à voir. De la tanzanite, par exemple. Oui, cette pierre qu’on ne trouve qu’en Afrique de l’Est. Eh bien, on en vend beaucoup à Ketchikan !

 

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La ville des échecs

On tente quand même de sauver la face dans cette ville avec une activité exotique : un spectacle de bûcherons ! Voilà qui semble bien fun.

Problème, l’horaire était adapté au bateau de croisière, pas au nôtre, et on est arrivé trop tard pour y assister. Dommage !

On se rabat alors sur le centre d’interprétation du Sud-Est de l’Alaska, une sorte de musée pour en apprendre davantage sur la faune et la flore du coin. Mais pas de bol, c’est fermé le samedi… C’est vrai que c’est pas vraiment un jour de visites…

 

Déçus par cette ville qui a perdu tout son charme et vendu son histoire aux opérateurs de croisières, on finit au Safeway, le supermarché du coin. Là, on trouve du saumon de la région à un prix raisonnable. Au moins, on aura quelque chose de bon à dîner sur le bateau !

 

 

 

Sitka

Voilà une autre ville historique de la région, capitale de l’Alaska à l’époque où elle appartenait à la Russie. Ici, point de saumons surexploités, de quartier rouge et de ruée vers l’or. Mais plutôt une histoire de marchands de fourrures russes et de batailles avec les indigènes. Tout aussi intéressant. Et le gros avantage de Sitka, c’est qu’on y accède par un étroit chenal, trop étroit pour les larges bateaux de croisière. Il n’y a donc pas de raison que ce village soit tombé dans le mauvais goût du tourisme de masse.

 

La forêt des totems

Eriger des totems est une tradition séculaire chez les tribus indigènes Tinglit et Haida de la région de Sitka.

Ce sont des morceaux de troncs d’arbres sculptés et parfois légèrement peints, puis assemblés et dressés verticalement. Ils représentent divers symboles indigènes, des aigles, des requins…, tout en relatant l’histoire personnelle de la personne en l’honneur de qui le totem est érigé. Les totems peuvent faire 6 à 10 mètres de haut.

A Sitka, de nombreux totems de toute la région du Sud-Est ont été rassemblés dans une forêt, aujourd’hui protégée comme site historique national. Une belle balade pour en apprendre un peu plus sur ces civilisations natives.

 

 

Juneau

C’est la capitale actuelle de l’Alaska, et notre port de débarquement du M/V Matanuska. Bien que située physiquement sur le continent américain, Juneau en est complètement isolée, coincée entre la mer et une énorme barrière montagneuse. Ainsi, la route principale qui traverse Juneau s’arrête à une quinzaine kilomètres de la ville, de chaque côté.

 

Le retour des énormes bateaux de croisière

Le port public est situé à l’extrémité Nord de la ville. En effet, celui du centre-ville est réservé aux bateaux de croisière. En été, il en débarque 5 par jour dans la ville ! Sauf qu’il n’y a que 4 places au port. Alors le cinquième attend son tour au large, jusqu’à ce que le premier bateau de la matinée reparte en début d’après-midi.

 

La boucle des touristes

Il y a pas mal de choses à faire à Juneau. La principale attraction est le glacier Mendenhall, à juste quelques kilomètres du centre-ville. Un énorme glacier qui tombe dans le lac du même nom, vraiment impressionnant.

 

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En ville, et notamment à proximité du débarcadère des bateaux de croisière, pullulent les magasins de souvenirs – les mêmes qu’à Ketchikan. Sans intérêt.

Et le midi, les touristes se retrouvent au Red Dog Saloon, un établissement qui entretient comme une ambiance de saloon d’antan. Enfin, ceux qui ont la chance de passer la journée en ville peuvent aller faire un « whale watching tour », un tour en bateau dans la baie pour aller observer baleines et autres espèces locales.

 

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Keith

Keith et sa femme Sandi nous ont hébergés en couchsurfing pendant nos trois jours à Juneau. Lui était biologiste, il faisait notamment beaucoup d’études sur les saumons. Aujourd’hui à la retraite, il travaille – oui c’est quelque chose de courant aux USA – comme guide pour l’un des nombreux opérateurs touristiques de la ville de Juneau.

Et bien que très occupé en cette saison, il a quand même eu la grande gentillesse de réussir à nous caser gratuitement sur un des « whale watching tour » de ca compagnie !

 

Whale watching tour

Ce n’est pas Keith qui anime notre tour, mais son collègue le ranger Ranger. Si si, c’est bien son nom. Un guide très bavard, il ne s’arrête jamais une seconde de parler. Il a toujours une anecdote ou une histoire à raconter, que ce soit sur un bâtiment croisé en route, sur l’Alaska, sur la ville de Juneau ou sur l’Etat de provenance des autres touristes qui nous accompagnent. Un truc très américain, ça.

Le tour en bateau dure quelques heures. On a eu la chance d’apercevoir quelques baleines qui se baladaient dans les eaux fraîches de la baie d’Auke. Mais jamais de vraiment près. Par contre, quelques phoques et lions de mer nous ont tenu compagnie pendant un moment.

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Le quart d’heure scientifique

Dernier point de ce whale watching tour, la relève d’un panier de capture déposé à des fins scientifiques. Parce que dans la région, le tourisme aide la recherche locale. Les opérateurs touristiques ont en effet d’énormes moyens, tant matériels qu’humains, et les chercheurs locaux parviennent à les utiliser pour leurs travaux.

Ainsi, à chaque tour en mer que fait la compagnie de Keith, le guide doit noter scrupuleusement, avec l’aide de ses touristes, ce qui a été observé pendant le tour, et dans le panier de capture. Une mission à la fois divertissante et pédagogique pour les touristes.

On sort donc le panier de l’eau, on observe ce qu’il y a dedans (des poissons, des mollusques, des coquillages…), on prend des photos, on relève la taille de chaque animal et quelques caractéristiques, puis on les relâche librement. Toutes les informations sont ensuite transmises aux chercheurs : un précieux gain de temps et une considérable source d’informations pour leur travail.

 

Inside Passage, deuxième partie

C’est cette fois un trajet bien plus court que le premier. Juste quelques heures de navigation entre Juneau et Skagway, et toujours dans un décor aussi somptueux. Et en prime, une nouvelle baleine, quelques marsouins, des lions de mer et encore d’autres glaciers.

 

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On y retrouve aussi Jenny et Gary, tout heureux et surpris de nous revoir là. Cette fois on échange nos mails, et on est les bienvenus dans l’Oregon, si jamais on passe.

« Même si vous êtes à quelques heures de route, appelez nous, on viendra vous chercher« .

Un couple adorable.

 

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Skagway, tout au nord de l’Inside Passage, marque la fin de notre voyage sur le ferry public. C’est aussi le début de la route vers l’intérieur du Yukon et de l’Alaska. Une longue route en auto-stop avec pour objectif de rejoindre Fairbanks, à 1500 kilomètres. Un sacré morceau à « poucer » .

 



5 commentaires sur “Le ferry public d’Alaska, bien mieux qu’une croisière


     Laurent (onechai.fr a écrit :

    22 août 2016 à 22:19

    Je me heurte un peu au même problème que vous pour ce genre de destinations en effet. Pas assez aventurier pour descendre le Yukon en radeau, et pas attiré pour les autres options standard. Le drame quoi ! Votre option « débrouille » me plaît bien du coup :-)


       Frisita (voyagepartageetpotage.com a écrit :

      23 août 2016 à 23:59

      Et si on te disait que le ferry public permet aussi d’aller aux Aléoutiennes ?


       Laurent (onechai.fr a écrit :

      25 août 2016 à 22:46

      Houla, faut que je sorte une carte là ;-)


     Christelle a écrit :

    30 mai 2017 à 11:35

    J’ai adoré lire votre beau voyage, mais voilà est ce que le ferry s’arrête à hoonah ou sur l’île Chichagof ? Merci


       Benito (voyagepartageetpotage.com a répondu :

      10 juin 2017 à 23:16

      Bonjour Christelle, et merci !
      Le ferry public est en effet un super moyen pour découvrir les zones côtières – inaccessibles autrement – de l’Alaska.
      Apparemment, le ferry s’arrête bien – au moins en saison d’été – à Hoonah et sur l’île Chichagof.
      Mais pour de plus amples informations, je te laisse te reporter au site officiel de la compagnie de ferry :
      http://www.dot.state.ak.us/amhs/routes.shtml
      Et bon voyage à toi dans ces contrées atypiques !

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