Le Yukon en stop, c’est fou !

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Deuxième partie de notre périple en Alaska et au Yukon : de Skagway à Dawson City

D’anecdote en anecdote…

 

 

 

« Hey, you guys were in Antarctica, right ? » 

C’est la première voiture qui s’apprête à nous dépasser juste à la sortie du ferry. J’hésite à tendre le pouce car on a l’intention de visiter un peu Skagway avant d’attaquer le stop, mais je la vois s’arrêter à ma hauteur :

« Hé, mais vous étiez en Antarctique, vous ? »

Je le reconnais tout de suite, c’est Sean. Il était l’un des guides sur notre bateau en Antarctique. Quelle incroyable surprise de le retrouver là, 18 mois après, quasiment à l’autre bout du monde !

En fait, Sean habite Juneau quand il ne travaille pas sur ces bateaux d’exploration. Et là, il vient faire un peu de VTT dans les montagnes des environs avec ses amis. Pas de place pour nous emmener, malheureusement. Mais nous avons le sourire jusqu’aux oreilles.

 

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Le parc d’attractions de la ruée vers l’or

A l’image de Ketchikan, Skagway a connu une brève mais intense heure de gloire. A la fin du XIXème siècle, pas moins de 100 000 pionniers ont débarqué dans ce petit village, attirés par la présence massive d’or de l’autre côté des montagnes, dans la région canadienne du Klondike. Quelques bâtiments de cette folle époque ont été conservés et beaucoup d’autres ajoutés, afin de recréer un air de « ruée vers l’or », ce qui amène son lot de bateaux de croisières. Mais pire qu’à Ketchikan, ce sont jusqu’à 12000 touristes qui peuvent débarquer ici quotidiennement. Dans une ville qui ne compte que 800 habitants permanents. Une folie.

Alors, on ne s’est pas vraiment attardé dans la rue principale…

 

Premier coup de pouce, premier ours !

Juste le temps de visionner un intéressant film sur l’histoire de la ville et de la ruée vers l’or dans la région, et on se met en place, pouce tendu, à l’autre bout de la ville. Un homme nous dépose au poste frontière américain, et nous continuons un peu plus loin à pied histoire de ne pas faire du stop juste sous le nez des officiers de l’immigration.

 

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Après 2-3 heures d’attente infructueuse, à environ 200 mètres de nous en direction du poste-frontière, une forme noire déboule de la montagne.

C’est un ours ! Notre premier ours, certes, mais on ne fait plus les malins… Rapidement, il disparaît de l’autre côté de la route. On ne le voit plus, alors on se demande s’il vient vers nous ou s’il est parti en contrebas. On hésite à rester là car si jamais il s’approche de nous, on n’a nulle part où s’abriter. Mais on hésite à repartir vers le bâtiment le plus proche, à savoir le poste-frontière américain, au cas où il soit resté au bord de la route. Quant à poursuivre de l’autre côté vers le prochain bâtiment, le poste- frontière canadien, il est à 15 kilomètres, alors…

Alors on fait ce que les Rangers nous ont appris en cas de présence d’ours. Faire du bruit, parler, chanter, pour que l’ours ne soit pas surpris de nous voir. Et paraître plus gros, pour qu’on n’ait pas l’air d’une proie facile pour lui. C’est donc épaule contre épaule, avec nos gros sacs sur le dos, en tapant dans les mains et en chantant – « Gabi, Gabi, Gabi, Gabi… » – qu’on est retournés vers le poste-frontière. Sans recroiser notre ours.

 

A la douane US

On ne fait pas non plus trop les malins en arrivant de la sorte à la frontière américaine. En plus, on vient du no man’s land puisqu’on n’est même pas rentré au Canada… Mais finalement, l’agent a vite compris qu’on était des auto-stoppeurs échoués, et nous fait re-rentrer sans souci. C’est vraiment un moulin, cette frontière américaine ! Bon, en même temps, on est à Skagway, c’est pas El Paso non plus…

De là, il nous reste encore 10 kilomètres pour retourner à la ville et y passer la nuit. Alors on retente le stop, dans l’autre sens, juste à la sortie de la douane. La première voiture est la bonne : c’est un agent de l’immigration qui vient de finir son service. Il nous ramène gentiment à la case départ, jusqu’à l’hôtel le moins cher de la ville. Il ne manquait plus qu’un coup de gyrophare :) Décidément ils sont super sympas ces agents !

 

« Vous devez avoir faim »

La nuit d’hôtel à 100 USD – oui oui le moins cher de la ville – douche un peu l’enthousiasme de cette folle journée. Mais à Skagway, on n’est jamais au bout de nos surprises.

En passant devant un restaurant, on s’arrête devant la vitrine pour lire le menu et voir de quoi il retourne. Une dame en sort :

 – « Oh, le stop n’a pas marché ? Je vous ai croisés cette après-midi (comme la moitié de la ville, sans doute…). Vous devez avoir faim, non ? Vous voulez manger ?

 – Euh… Oui… On regardait le menu.

 – Entrez et commandez ce que vous voulez, c’est pour moi ! »

Hallucinant. Nous pensions qu’il s’agissait de la gérante, mais non c’est une simple cliente, sans doute habituée des lieux, assise deux tables derrière nous qui vient juste de décider de nous offrir notre repas.

Quelle folle journée !

 

Le Mormon et le café

Le lendemain, l’attente n’est pas longue pour enfin quitter Skagway : nous sommes rapidement pris par deux jeunes de l’Utah qui travaillent ici en tant que saisonniers. Exactement comme Sean la veille, ils profitent de leur journée de repos pour aller faire du VTT du côté de Carcross, dans le Yukon.

Avant de quitter la ville, ils s’arrêtent pour prendre un café. Et dans la voiture, le conducteur demande à son ami :

« Alors, tu trouves ça comment ? T’aimes bien ? »

Et d’ajouter, à notre attention : « C’est le premier café de sa vie, il n’en a jamais bu avant » .

What ? Il n’a jamais bu de café !

« T’es américain et t’as jamais bu pas de café. Comment c’est possible ??? »

Et de nous expliquer : « Oui, j’ai été élevé comme Mormon. On n’a pas le droit de boire du café« …

 

 

En route vers Carcross

Le retour de l’ours

En chemin, entre les deux frontières, un nouvel ours vient croiser notre route. Mais cette fois, on est en voiture, en sécurité, on va pouvoir vraiment en profiter. Limite faire les malins. C’est un ours imposant, de couleur brune, qui est juste là, tranquille au bord de la route, en train de se gaver de… pissenlits. Oui, car il paraît que le pissenlit rend les ours un peu guillerets, que ça a pour eux un peu le même effet que l’alcool. Une chouette rencontre pour de chouettes photos !

 

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« C’est le premier vrai job de ma vie… »

Ca y est, nous avons passé la frontière canadienne, malgré un agent d’immigration particulièrement désagréable avec nous. Rien à voir avec ses collègues américains de la veille.

 

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A une portion de route en travaux, nous sommes arrêtés par un jeune homme qui tient un panneau stop. En attendant de pouvoir nous laisser passer, il vient discuter avec notre chauffeur et son ami. Il leur explique qu’il trouve la vie ici au Yukon particulièrement ennuyeuse, qu’il n’y a rien à faire pour les jeunes, et lâche à propos de son travail actuel : « Ca, c’est le premier vrai job de ma vie… »

Une fois repartis, cette phrase amuse beaucoup nos deux américains :

« – Wahou, le premier vrai job de sa vie… Mais qu’est-ce qu’il a dû faire avant alors ?

 – Ah, je ne sais pas. Peut-être qu’il a travaillé dans ce fast food canadien, là. C’est quoi le nom déjà ?

 – Tim Horton’s ?

 – Oui, Tim Horton’s ! Ils sont drôles ces Canadiens. Ahahaha »

Ça chambre !

 

John et le Bailey’s

L’attente à Carcross est courte, encore une fois. John, un entrepreneur du bâtiment, nous emmène rapidement dans sa camionnette jusque Whitehorse, la capitale du Yukon. Encore un sacré personnage celui-là, avec son accent à couper au couteau. Il nous explique qu’il aime mélanger un peu de Bailey’s (liqueur à base de whiskey irlandais et de crème) avec son café, tous les matins.

« – Mais pas beaucoup hein, juste pour avoir un peu de goût, t’sais. En moyenne, une bouteille me dure un mois, alors ça va, c’est raisonnable… Par contre, j’ai un collègue, lui, il fait moitié-moitié, t’sais ! Je ne sais pas comment il peut boire ça !

 – Ah oui quand même, moitié-moitié… C’est beaucoup.

 – Oh oui, ça doit être vraiment trop sucré ! »

 

 

Whitehorse

Nous voilà déjà dans la capitale du Yukon, une ville assez charmante traversée par le mythique fleuve Yukon. Celui-ci prend sa source plus au Sud dans les Coastal Mountains, et se jette quelques milliers de kilomètres plus loin, dans la mer de Béring.  A Whitehorse, de belles balades sont à faire le long de la rivière aux eaux bleu-argenté.le paysage y est aussi splendide, des forêts infinies parsemées de lacs cristallins.

Un ancien bateau à vapeur et roue à aubes, stationné sur le bord de la rivière, vaut aussi le détour.

 

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Notre premier minivan

On a trouvé une place au Beez Kneez, le seul hostel de la ville. La sympathique propriétaire nous guide vers notre chambre, une cabane dans le jardin. Problème : il y a déjà quelqu’un en train de dormir dedans !

« – Ah, je suis vraiment désolée, je pensais que cette chambre était libre. C’est la seule qu’il me restait. Je suis confuse…

Sinon, j’ai peut-être une autre solution… »

Et de nous montrer un vieux combi Volkswagen abandonné dans le jardin.

« – C’est un peu petit, mais il y a un matelas tout neuf à l’arrière et une grosse couette, vous ne devriez pas avoir froid. »

C’est ainsi qu’on a passé deux nuits dans cette chambre des plus originales, un vieux minivan hippie qui ne roule même plus, au fond d’un jardin. Trop drôle ! Et, c’est vrai, on n’a pas du tour eu froid.

 

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Douze bières et deux alcools forts, chacun

La Yukon Brewing est la principale brasserie du Yukon. Située proche du centre de Whitehorse, on a pu y passer une après-midi visite et dégustation. Un programme très intéressant, et bien chargé !

Pour nous faire patienter en attendant le début de la visite, on est arrivé une heure trop tôt, on nous a d’abord fait goûter les six bières de saison. Sympathique mise en jambes.

Puis vient la visite de la petite brasserie, puis une nouvelle dégustation. Cette fois, ce sont les six bières « permanentes » de la brasserie. On est agréablement surpris par le goût et la finesse de chacune. Notre préférée à tous les deux : la « Bonanza Brown »

Mais ce n’est pas tout ! La dégustation se conclut avec des produits récemment lancés par la compagnie à des fins de diversification : les alcools forts. Et donc deux nouveaux verres de vodka parfumées, vraiment bonnes elles aussi, pour finir la visite.

Un bien agréable samedi après-midi à la Yukon Brewing !

 

Dawson City ou pas Dawson City ?

De Whitehorse, deux options sont possibles pour rejoindre l’Alaska. La plus directe part vers l’Ouest, en longeant le Kluane National Park. L’autre, beaucoup moins fréquentée, part vers le Nord puis la « Top of the World Highway », une route partiellement pavée, mais avec un nom qui en jette.

On a longuement hésité, mais on a finalement opté pour cette dernière, la plus difficile. Avec un premier objectif : rejoindre Dawson City, à plus de 500 kilomètres de Whitehorse. Et pas grand-chose entre les deux…

 

Le plus grand diocèse du monde

Pour sortir de la ville, très calme en ce dimanche matin, nous sommes aidés par un conducteur particulièrement improbable : il est noir de peau, porte une grosse parka rouge et semble écouter des textes religieux en français.

« – Je viens du Burkina Faso et je suis prêtre. C’est dommage, l’évêque est parti un peu plus tôt pour Carmacks, il vous aurait sans doute emmenés jusque là-bas… »

Un prêtre burkinabé, perdu dans les contrées froides du Yukon, voilà qui est plutôt inattendu ! Il nous apprend d’ailleurs que le diocèse de Whitehorse est le plus grand du monde.

En superficie évidemment… Le Yukon, ce territoire du Nord-Ouest canadien a en effet la taille de l’Allemagne. Mais ne compte que 37000 habitants environ…

Pourtant ils ne sont que 4 prêtres pour sillonner toute la région et passent de longues heures en voiture. Alors l’évêque en est rendu à célébrer lui même quelques messes pour aider.

Il nous apprend aussi qu’ils manquent de prêtres au Canada, alors c’est pour ça qu’ils recrutent beaucoup en Afrique et à l’étranger. Le prêtre de Dawson vient du Nigéria. Quant à l’évêque, il est Péruvien !

Et même si les paysages sont magnifiques ici et s’il est un fidèle serviteur de Dieu, il nous avoue que vivre au Yukon en hiver ce n’est pas facile. Et que la douce et constante chaleur de sa terre natale lui manque.

Déposés à la sortie de la ville, nous avons eu de nombreuses heures d’attente pour réfléchir à ce curieux renversement des rôles : ce sont aujourd’hui des missionnaires Africains qui sont envoyés chez nous pour porter la parole chrétienne !

 

 

En route vers Dawson City

Ça fait maintenant 7 heures qu’on est parti, et on n’avance pas. On est toujours coincé devant cette station-service à seulement 20 kilomètres de Whitehorse. Je me décide à aller demander à sa gérante s’il n’y aurait pas un endroit chaud où on pourrait passer la nuit dans le coin, histoire de ne pas devoir rentrer sur Whitehorse, synonyme ultime de l’échec. Et c’est pile à ce moment qu’enfin quelqu’un daigne s’arrêter. C’est Frank, et il va à Faro, un village paumé vers le Nord-Est.

On décline sa sympathique invitation d’aller y passer la nuit mais on se fait déposer à Carmacks, là où il doit bifurquer de la route de Dawson City pour rejoindre son village.

 

John, le retour

Il est déjà 18h30 mais on continue de tenter le stop. Les options d’hébergement ne nous conviennent pas vraiment. Et puis, il n’y a quasiment plus de nuit en cette saison, alors les gens peuvent rouler encore très tard.

Venant de l’autre sens, un véhicule fait demi-tour devant nous. C’est John ! Le même qui nous a emmenés de Carcross à Whitehorse deux jours avant. Quelle surprise alors !

Bien sûr, il ne monte pas sur Dawson City, mais il fait un petit détour pour nous déposer à la sortie de Carmarcks. Là, il y a un camping avec des bungalows. Une bonne solution de replis. Mais en attendant d’en arriver là, on continue encore un peu le pouce : ici les gens n’ont pas peur de se lancer dans un périple de 350km à 19h.

 

Dempster Highway ou pas Dempster Highway ?

S’arrête alors une jeune femme prénommée Ella. Curieusement, elle ne va pas à Dawson City alors que c’est quasiment la seule ville qu’il reste dans cette direction.

Non, un peu avant Dawson, elle tourne sur la « Dempster Highway » , une route de gravier de 700 kilomètres qui monte jusqu’à l’Arctique. Là-bas, il n’y a vraiment plus rien, mais c’est pourtant là qu’elle travaille, au kilomètre 70 de la Dempster Highway : elle est biologiste-interprète pour la saison d’été au Tombstone Territorial Park.

On ne pensait jamais avoir la chance d’aller là-bas, encore moins en stop. Alors bien sûr, tout cela est extrêmement tentant. Mais quand même, c’est très couillu : on n’a rien pour dormir et surtout, comment faire pour en repartir le lendemain ?

Garée au bord de la route, Ella se joint à notre réflexion, à ce choix difficile. Elle propose de nous prêter une tente pour dormir. Et pour repartir le lendemain, elle semble confiante. Alors banco !

 

Nuit polaire

La Dempster Highway tient toutes ses promesses. Les 75 kilomètres de caillasses jusqu’au Parc nous font quitter la forêt boréale pour la toundra, et on y croise une faune nouvelle : un lynx, un loup et plein de lièvres. Ces grands espaces sauvages nous émerveillent, et c’est là qu’on va passer la nuit. Au camping du Territorial Park où nous arrivons vers minuit.

 

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Le problème, c’est que l’on n’est pas du tout équipés pour camper là, à la limite du cercle polaire. Les premières heures dans la petite tente d’Ella sont un enfer, le sol est dur – on n’a pas de matelas – et l’air est froid – on n’a que nos duvets « +15°C » . Trop froid.

A 3 heures du matin, alors qu’il fait encore (ou déjà ?) clair, on se replie vers le chalet-réfectoire du camping et on lance un feu dans le poêle. Allongés contre celui-ci, on parvient finalement à s’octroyer quelques petites heures de sommeil.

 

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Et comment on rentre, maintenant ?

Après avoir un peu profité du Parc à notre réveil, aperçu notre premier orignal et guetté – en vain – les castors près de leur barrage, on se met en quête d’un lift pour repartir vers Dawson City.

 

 

Le problème, c’est qu’il n’y a absolument personne sur cette route. Le centre d’interprétation du Parc n’est pas encore officiellement ouvert pour la saison – il n’ouvre que le lendemain ! -, et au-delà du Parc, on se demande vraiment d’où pourrait venir un éventuel véhicule.

Allongés sur la route de gravier, sous un soleil qui nous réchauffe enfin, on rattrape nos heures de sommeil en retard. Et après 4 heures d’attente assoupie, on aperçoit venir de très loin un véhicule. Enfin. C’est juste le troisième de la journée, les deux premiers appartenant vraisemblablement à des gens travaillant dans le Parc.

 

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Ce véhicule est un camion. Légalement, ils n’ont pas le droit de prendre d’auto-stoppeurs, mais on tente quand même. On fait de grands signes depuis le bord de la route, en mode grande détresse. A notre hauteur, il s’arrête et accepte de nous prendre. Ouf.

« Ca fait bien trois ans que je n’ai pas vu d’autostoppeurs par ici », nous lâche-t-il.

« Ah, et vous n’avez pas de tente non plus ? Alors là, je n’ai jamais vu ça ! »

Ce très sympathique chauffeur nous lâchera à la jonction de la route principale. Ensuite, deux américaines en road trip, un peu farfelues, finiront le travail jusque Dawson City. On aura finalement mis une journée et demie pour y arriver.

Et dire que ça, c’était la partie la plus facile… Maintenant, il faut encore rejoindre l’Alaska !

 

 



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