Voyage et allergie alimentaire : la stratégie anti-arachide

PubliÉ le Catégories : Arachide, Nos bilans. Tags : , .


En matière d’allergie alimentaire, le plus important est absolument la prévention du risque. Et ce d’autant plus en voyage, où les infrastructures hospitalières peuvent être rares, les conditions sanitaires préoccupantes et la barrière de la langue un facteur aggravant.

Mieux vaut donc avoir à éviter de traiter une crise allergique sur la route, ce qui pourrait bien gâcher une partie du voyage !

 

Et cela commence par tout faire pour ne pas retrouver d’arachide dans mon assiette.

 

 

Savoir dire « arachide »

L’anglais a beau être la langue la plus parlée, tout le monde ne la pratique pas. Alors il est important de savoir dire le mot « arachide » dans la langue locale.

Si cela peut paraître simple et évident, cela ne l’est pas toujours. En Turquie par exemple, ils utilisent couramment le même mot pour désigner les pistaches et les cacahuètes.

Ce site recense 45 traductions de la phrase « je suis allergique à l’arachide » . Une bonne base de départ, mais à toujours faire confirmer par un local pour être sûre d’utiliser le bon mot.

 

Comprendre ce que l’on mange

Il est important de bien lire toutes les étiquettes et les intitulés complets des plats au restaurant. Bon quand c’est écrit dans un alphabet ou des caractères indéchiffrables pour nous, ça ne sert pas à grand-chose.

Mais souvent, on parvient quand même à déchiffrer la liste des ingrédients sur l’étiquette d’un produit, en anglais ou dans une langue proche. Et au restaurant, en cherchant bien, on peut aussi parfois trouver des indices sur la composition de tel ou tel plat.

 

Toujours demander

Mais le plus simple et généralement le plus fiable, c’est d’indiquer son problème d’allergie à celui qui prépare le repas. Ou de questionner celui qui le vend.

 

Lorsque l’interlocuteur comprend l’anglais ou l’espagnol, ça ne doit pas être problématique. Par contre, dans certains pays asiatiques ou africains (comme par hasard les plus arachidophiles), il peut être très difficile de se faire comprendre verbalement.

 

 

La carte et le t-shirt « anti – arachide »

Dans ce cas, j’ai alors utilisé ma « carte anti-arachide » , avec un dessin de cacahuète sous un symbole de sens interdit. A chaque nouveau pays concerné, on a essayé de demander à un habitant (guide, couchsurfeur, restaurateur, hôtelier…) de nous écrire sur la carte, en dessous du symbole et bien sûr dans la langue locale « je suis allergique à l’arachide » .

 

20160911_143712

 

Ainsi, au moment de commander quelque chose à manger, on montre cette carte à la personne qui doit nous servir. Un simple regard suffit à comprendre que le message est passé. Et il passe souvent bien.

 

Une variante de la carte est le t-shirt anti-arachide. Une amie m’en avait offert deux, portant le symbole de la « carte anti-arachide » en gros devant. Je les avais portés en Birmanie pendant un ou deux jours, lors d’un autre voyage et le message avait bien été compris aussi.

Mais pour ce tour du monde, j’ai décidé de laisser ces t-shirts en France, au profit d’autres hauts plus « casual » ou plus techniques…

 

t-shirt-arachide

 

 

Utiliser ses sens, faire goûter l’autre avant

Là, on passe un peu plus dans l’aléatoire, mais ça peut toujours aider.

L’odorat, le mien en tout cas, est plutôt sensible à l’odeur des cacahuètes. Ainsi, lorsque je n’ai pas le nez bouché, je suis capable de détecter la présence d’arachide grillée dans un plat. En cas de doute, je n’en mange pas, même si l’on m’a certifié avant qu’il n’y en avait pas. Bref, c’est pour cela que je sens toujours ce qu’il y a dans mon assiette avant de manger.

 

Toutefois, lorsque l’arachide a été processée, broyée, bouillie, cuite ou pressée, c’est beaucoup plus subtil, mais tout aussi dangereux.

Dans ce cas, je fais goûter Sandrine avant, en espérant qu’elle arrive à identifier s’il y a de la cacahuète ou non dans ce qu’elle mange. Si elle a un doute, mieux vaut donc que je m’abstienne. Mais pour elle c’est assez compliqué car son palais n’est pas spécialement sensible à l’arachide cachée.

 

Enfin, il m’arrive aussi, exceptionnellement, de goûter et de mâchouiller longtemps, sans avaler, une toute petite portion d’un mets douteux. Si rien ne se passe après quelques minutes, je considère que je peux profiter de la suite…maintenant que c’est froid…

 

 

Ne jamais relâcher sa vigilance

Voilà sans doute le plus difficile. Après un long moment à voyager dans un même pays ou une même région, sans mauvaise rencontre alimentaire, on a naturellement tendance à se relâcher. A se dire qu’on connaît le coin, maintenant, et que l’on peut y manger sereinement.

Ou encore lorsqu’on commande, pour changer un peu et se simplifier la vie, un plat qui nous est familier dans un pays qui ne nous l’est pas.

C’est ainsi que j’ai connu ma première crise allergique du voyage, en commandant des pâtes au pesto dans un restaurant au Guatemala. Les pignons de pins avaient été remplacés par de la cacahuète pilée !

 

Oui, le problème avec les allergies alimentaires, c’est qu’on rencontre les allergènes là où on s’y attend le moins !

 

 

Être en mesure de se soigner seul

Dans ce genre de cas malheureux où l’allergène a frappé, il faut pouvoir être en mesure de réagir vite et bien pour limiter la violence de la crise allergique.

Pour cela, j’ai constitué avant le départ un stock assez important de médicaments de traitement prescrits par l’allergologue (antihistaminiques, anti-inflammatoires et seringues auto-injectables d’adrénaline).

 

En expliquant que je partais pour un long voyage et que j’avais besoin d’un peu de « réserve », deux-trois passages en pharmacie ont suffi.

 

Il est aussi possible d’obtenir une ordonnance pour 6 mois ou un an « à délivrer en une fois pour cause de voyage à l’étranger » . Cela prend un peu plus de temps car la demande doit être validée par la CPAM, ce qui peut parfois nécessiter plusieurs semaines. Mais une fois le précieux courrier de validation par la Sécu en poche, c’est simplissime.

 

 

Emmener le nécessaire…

Il ne sert à rien d’accumuler des tonnes et des tonnes de médicaments. Emporter juste le nécessaire pour juguler quelques crises est suffisant.

De plus il est possible d’en racheter sans ordonnance à des prix largement corrects dans pas mal de pays (en Inde par exemple).

 

L’adrénaline auto-injectable pose cependant quelques problèmes : elle est censée se conserver à l’abri de la chaleur et de la lumière, et périme rarement au-delà de six mois. Impossible donc d’en prendre pour deux ans de voyage.

Elle est en outre très difficile à trouver dans certains pays, surtout sans ordonnance d’un médecin local (pays anglo-saxons par exemple).

 

Alors, j’ai fait le choix de n’en prendre que deux avec moi, pour en avoir toujours une au cas où. Et si besoin, c’est-à-dire tous les six mois ou après chaque utilisation, de m’en faire renvoyer depuis la France ou par l’intermédiaire d’amis en visite.

 

Mais heureusement, je n’ai jamais eu à m’en servir !

 

 

… et l’avoir toujours sur soi

Enfin, c’est bien beau d’avoir le traitement dans ses bagages, mais c’est encore mieux de l’avoir sur soi en permanence. C’est vrai, on va rarement au marché ou au restaurant avec tous ses bagages.

Alors, à chaque sortie, même si ce n’est pas spécialement pour manger, on a toujours pris notre petite trousse de secours contenant la prophylaxie nécessaire… et la fameuse carte anti-arachide !

 

Et là encore, il faut essayer d’être le plus rigoureux possible, de ne jamais relâcher l’attention. La trousse de secours, c’est sans doute aussi important que le passeport !

 

 

Et pour les douanes ?

Je me suis bien posé cette question avant de partir. Comment ça allait se passer aux douanes, comment j’allais justifier le transport d’une quantité « élevée » de médicaments ?

Je me suis contenté de prendre l’ordonnance de mon médecin français et le courrier de la CPAM, qui étaient les seuls justificatifs dont je disposais.

J’ai aussi pris garde de ne pas laisser toutes ces pilules et seringues trop visibles, c’est à dire que j’ai laissé tout le surplus en soute.

 

Mais au final, en 63 passages de frontières, on ne m’a jamais questionné une seule fois sur mes médicaments !

 

 

 

 

 

Bilan

En 2 ans de voyage, malgré toutes ces précautions, j’ai malheureusement connu 12 crises allergiques probablement liées à mon alimentation. Dont 1/3 en Inde.

Certaines ont été assez violentes, d’autres très légères.

 

Mais grâce à une prise de médicaments rapide et systématique, cela s’est toujours bien terminé et je n’ai jamais eu besoin de faire appel à un médecin ni de me faire une injection d’adrénaline.

 

Et puis surtout, j’ai appris à me méfier de plein de choses que j’ignorais dangereuses jusqu’à présent.

Car, et ce sera l’objet du prochain article, on a quand même trouvé des cacahuètes sur notre route un sacré nombre de fois !

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *