Un jour à la feria de San Isidro

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Le jeudi, à la finca Chinchilla où nous sommes restés au Costa Rica, c’est le jour de la féria, le marché.

C’est le jour le plus important de la semaine : celui où on vend tous les produits cueillis, récoltés, nettoyés, pesés, assemblés et conditionnés les derniers jours.

Et comme cela se passe dans la grande ville, à San Isidro del General, c’est aussi l’occasion pour les volontaires de la ferme de venir faire quelques emplettes et d’aller surfer sur internet. Mais pour nous, trop curieux, c’est surtout l’occasion de découvrir ce marché de l’intérieur et d’aider Guillermo et Luz au cours de cette journée très longue et éprouvante.

 

 

201410 - Costa Rica - 0212Tout commence la veille, le mercredi, où il faut préparer les produits à vendre.

Les œufs amassés durant toute la semaine sont disposés dans des cartons de 6, 12 , 15 ou 30. Là commence le jeu du pesage. Parce que l’important n’est pas le nombre d’œuf mais le poids ! Alors on pèse, en échange des œufs entre les boites et on fait en sorte de tomber juste. Ça prend des heures.

Les produits du jardin sont cueillis et lavés, les herbes aromatiques assemblées en jolis bouquets. Les cagettes vides sont nettoyées puis remplies de grappes de bananes.

Le soir, on charge le pick-up : toutes les cagettes bien sûr, mais aussi la glacière, les cagettes spéciales pour les œufs, une balance, des produits d’emballage, divers accessoires, deux chaises et les grands étals par-dessus. Le véhicule est bien surchargé, mais le tout paraît solidement sanglé.

 

 

 

Le jeudi, réveil à 03h20. On s’habille puis on prend le petit déjeuner à 03h30. Sauf que le matin où on devait y aller, Luz avait oublié le petit déjeuner. Du coup on a mangé des biscuits secs… Tant pis, on se rattrapera au marché.

A 04h00 pile, il faut partir car il y a beaucoup de choses à faire avant l’ouverture de la féria, à 06h00.

Après une heure de route de montagne, parfois cahoteuse, nous voilà arrivés. A l’arrière du pick-up, rien n’a bougé, heureusement.

De nombreux véhicules sont déjà là, les produits se déchargent, les stands se montent. A noter que la féria se passe sous une grande halle jouxtant un petit supermarché, ce qui nous met à l’abri des intempéries.

Nous devons nous installer rapidement, car à notre stand est dans un coin, et il est difficile de le monter une fois que les stands voisins sont installés. On amène toutes les cagettes et le matériel, on pose les étals sur les cagettes, et on dispose les produits sur les étals : les bananes d’un côté, les laitues, les herbes, les œufs et la balance de l’autre.

 

Le stand est plutôt bien placé, au croisement de deux allées à hauteur de l’entrée. Luz nous explique qu’il y a une rotation mensuelle dans l’attribution des places, et que dans quelques semaines ils seront donc à un autre endroit.

Pendant l’installation, certains marchands cherchent déjà à acheter des produits en gros pour les vendre ensuite au détail. Comme dans une brocante.

 

A 6 heures, les premiers clients arrivent. Guillermo repart un peu plus tard avec le pick-up pour travailler à la finca. Luz nous explique les différents prix : les bouquets d’herbes, les laitues et les boîtes d’œufs à l’unité, le céleri et les concombres au poids, et les bananes au feeling, selon la taille de la grappe.

 

C’est alors parti pour une journée de vente. On prend plaisir à rencontrer les clients, à négocier le prix des bananes, à choisir un meilleur bouquet de coriandre pour untel ou une plus grosse laitue pour un autre. Parmi les clients, il y a les locaux, les expatriés, les touristes et les habitués. Pour ces derniers, c’est plutôt Luz qui gère et qui leur vend certains produits qu’elle avait mis de côté.

 

 

On découvre que les marchands forment une véritable communauté. Pour son déjeuner, Luz échange une banane contre deux avocats à son voisin. Quand elle doit s’absenter, et qu’il n’y a pas de volontaire de la finca pour prendre le relais, les voisins s’occupent un peu de son stand. Parce qu’elle manque d’œufs à cause d’un problème de stress chez ses poules, elle nous envoie en acheter chez un autre marchand, qui n’est autre que le frère de Memo, afin d’en avoir une quantité suffisante pour ses clients. En fin de journée, c’est un véritable troc qui s’organise entre eux : les dernières cagettes de bananes sont échangées contre des ananas, de la papaye, des pommes de terre, des courges, du yuca…

 

Tout au long de la journée, on doit réapprovisionner les étalages. En fin d’après midi, les clients se font plus rares. On se fixe des défis pour essayer de vendre la dernière salade, un ultime concombre, une grosse grappe de banane. Cela nous amuse beaucoup, surtout quand Luz n’est pas là, car on peut faire des photos rigolotes. Et comme elle voit qu’on prend plaisir à vendre, elle nous laisse facilement gérer et en profite aussi pour passer un peu plus de temps sur le marché, à discuter avec les nombreuses personnes qu’elle y connaît et à acheter quelques produits pour la finca.

 

 

Mais dans la journée, nous aussi on s’accorde quelques moments pour profiter du marché, en tant que visiteur cette fois.

L’occasion de découvrir ce qui se vend en dehors des produits de la finca Chinchilla, et aussi ce qui se mange sur le marché.

On y trouve donc énormément de fruits et légumes, de toute sorte, souvent produits dans de petites fermes bio. Il y a aussi quelques épices et condiments frais (cannelle, gingembre, ail, piments) et des tapas dulce. L’ensemble est très coloré, avec beaucoup d’espace, beaucoup de stands mais juste un bruit de fond. Les vendeurs ne hurlent pas, tout se passe tranquillement, à la costaricienne.

Dans un coin propre et carrelé, on trouve deux stands de viande et deux stands de poissons ou de fruits de mer. Les conditions de conservation y sont bien meilleures que ce qu’on a vu par ailleurs en Amérique Centrale. A l’opposé des produits frais, il y a le coin des gringos. Ce sont des stands surtout destinés aux touristes. On y vend des bijoux, des produits d’artisanat, des produits bio aux vertus médicinales, et même quelques gâteaux..

Enfin, on a beaucoup apprécié tous les stands où l’on vend des produits prêts à consommer. On a ainsi pu se faire un petit casse croûte avec du pain aux herbes et du fromage local (un régal), ou acheter de délicieux petits gâteaux ou pâtisseries fraîches. Il y a aussi sur les côtés des stands de restauration où l’on peut manger des empenadas, des sandwichs ou même des plats plus conséquents, avec de la viande ou du poisson, toujours accompagnés de riz et de haricots bien sûr.

 

 

Vers 18 heures, Memo revient avec le pick-up. Ca sent la fin de journée. On gère le stand jusqu’au bout, pendant que Memo et Luz discutent avec leurs nombreuses connaissances et font leurs derniers échanges de produits. Ensuite, il faut tout remballer, nettoyer les étals et tout ramener au pick-up : les cagettes, chargées de nouveaux produits et des achats faits en ville par les volontaires de la finca, les accessoires, les chaises et les étals. Et en plus, ce jour-là, Memo avait acheté quatre nouveaux pneus, et un peu de glace (2 gallons, soit un peu plus de 7,5 litres !) pour l’anniversaire de Marie-Eve.

 

A 20h30, on est enfin de retour à la finca. On re-décharge tout, puis on se pose à table pour profiter du gâteau d’anniversaire et à de la glace. Gourmandises bien méritées, car cette belle journée nous aura quand même bien épuisés !

 

 



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