Kenya, le grand départ

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Premières scènes d’Afrique

Après un long trajet en avion depuis São Paulo et une escale prolongée pour des raisons inconnues à Addis Abeba, nous débarquons à Nairobi à l’aube. Le jaune, l’ocre et le brun sont les nouvelles couleurs dominantes, le climat paraît très sec et poussiéreux. Le lever de soleil sur ce qui ressemble à la savane africaine, juste en sortant de l’aéroport, est déjà un dépaysement total. La circulation erratique dans Nairobi à 06h30 du matin aussi. Il y a du monde partout, des véhicules de toutes sortes souvent en piteux état, des minibus bondés. Ca dépasse à gauche, à droite, ça klaxonne, ça roule sur les parties non asphaltées de la route. Et beaucoup de gens à pied au milieu de tout ça.

 

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Enfin, nous arrivons à Karen, un quartier huppé de la capitale, et découvrons notre premier camp africain. Trois chiens mais seulement 10 pattes nous accueillent. Dans l’immense jardin, une sorte de petite caravane nous attend. Nous avons notre propre espace et un lit double, bonne surprise. Et de nombreux trucks, comme celui dans lequel nous allons voyager, sont garés là. L’endroit sert visiblement de camp de base à de nombreuses expéditions africaines. Dans 3 jours, ce sera notre tour de monter dans l’un d’eux !
Après une petite sieste de 6 heures, nous faisons connaissance le premier soir avec Andy, un quarantenaire anglais qui fait partie de notre voyage. Un litre et demi de vin plus tard, on part se coucher, pour une petite nuit de 11 heures. La fatigue du trajet et le décalage horaire n’y sont pas pour rien.

 

Un peu de cuisine kenyane (1/2)

Nous profitons de ces journées au vert pour aller découvrir la cuisine locale. Le Kambi lodge, un petit restaurant typique dans la zone commerçante du quartier, est le lieu idéal pour ça. Le menu est écrit en swahili, les prix en shillings kenyans et nous sommes les seuls blancs à l’intérieur.

 

201503 - Kenya - 0003Au menu du jour, du mbuzi choma (de la chèvre grillée), accompagnée de ugali.
Premier repas africain, et premier choc culinaire : la viande a la texture du caoutchouc. L’Argentine nous paraît loin ! Mais quelle puissance ont-ils dans les mâchoires pour manger cela ! Quant au ugali, c’est une pâte de maïs sans goût, et sans intérêt en l’état. On a l’impression en fait de manger des boules de pâte à tortilla nature. On demande donc quelques légumes pour tenter d’améliorer l’ensemble, et on nous sert du managu, une sorte d’épinards amers. La transition avec l’Amérique du Sud est difficile !
Heureusement la bière locale, la Tusker, n’est pas trop mauvaise.

 

Rencontre avec nos compagnons de voyage

En rentrant du restaurant, on découvre que notre truck est arrivé ! Il rentre tout juste d’une boucle de 3 semaines vers l’Ouganda et le Rwanda, à la rencontre des gorilles. 3 personnes seulement au retour de cette expédition, dont Ryan et Kristin, un couple de canadiens rencontrés en Antarctique ! Et nous faisons la connaissance de Tabitha, la tour leader de notre expédition, et Peter, le chauffeur du camion. Tabitha et Peter sont en couple, elle est kenyane, lui est anglais. Enfin, Sara, une autre anglaise, est également arrivée. Ce soir-là, nous écoulons trois litres de vin avec Andy…

 

Le lendemain, le reste des passagers arrive en ordre dispersé. Il y a d’abord Zac et Phil, deux américains. Puis Alexander, sud-africain, Nick et Chris, anglais, trois jeunes qui reviennent de l’ascension du Kilimandjaro. Puis Jerrick, un autre jeune anglais, et enfin Anita, une anglaise expatriée à Seattle, qui s’est décidée seulement 3 jours auparavant. Nous sommes donc 13, 4 filles et 9 garçons, de 18 à 46 ans. Et nous sommes les deux seuls non anglophones de naissance.

 

 

Day 1 – Le grand départ

Ca y est, c’est le matin du grand départ. Nous découvrons enfin l’intérieur de ce camion jaune qui va nous transporter jusqu’au bout de l’Afrique. Deux rangées de dix sièges qui se font face, parallèles à la route. Et quatre autres sièges qui font dos à la route. Ainsi installés en U, nous pouvons à la fois voir ce qu’il se passe sur le bord de la route, et discuter tous ensemble. Nous reviendrons sur l’organisation du camion plus tard. Car maintenant, il démarre et nous quittons le camp. Puis sortons des bouchons de Nairobi. Cette fois, c’est parti !
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Un peu de cuisine kenyane (2/2)

Pour le premier déjeuner, Tabitha a oublié de nous prévenir qu’il était à notre charge. Mais c’est finalement un mal pour un bien, car nous nous arrêtons dans un boui-boui pour acheter quelque chose de très local : des chapatis.

 

Les chapatis sont une sorte de crêpe épaisse et compacte que l’on garnit de divers ingrédients. Pour nous, aujourd’hui, ce sera des petits morceaux de viande de bœuf bouillis, des épinards, une pomme de terre et un petit émincé de tomates et d’oignons. C’est un peu difficile de tout faire tenir dans la crêpe, et de la manger avec les mains sans s’en mettre partout. Surtout qu’on prend le repas dans le camion en mouvement… Chacun a sa méthode, avec plus ou moins de succès. Mais en tout cas c’est très bon. Enfin…

 

 

Par la fenêtre du camion

Le sud du Kenya, sur la route en direction de la Tanzanie, laisse apparaître des paysages assez secs. Quelques arbres, arbustes et herbes apportent des nuances de vert sur ce fond de terre ocre. Parfois, au loin, le vent fait tourbillonner des nuages de poussière, donnant l’impression de petits cyclones.

 


Nous traversons des petits villages, des habitations en brique ou en pierre avec des toits de tôle ondulée. La plupart des petites échoppes portent des enseignes Coca-cola, Pepsi ou Vodacom (téléphonie mobile), avec le nom du magasin écrit dessus. Nous sommes surpris par cette omniprésence des grandes compagnies occidentales, dans chaque village que nous traversons.
Passant devant un marché, des hommes discutent autour de leur mobylette et des femmes portent de grand plateaux de bananes. Quelques vache maigrelettes et un troupeau de chèvres cherchent un peu d’herbe à se mettre sous la dent au milieu de tout ça, et des ordures. Car ça aussi, il y en a beaucoup. Des emballages, des bouteilles et des sachets en plastique noirs qui volent au vent envahissent les larges caniveaux le long de la route et les terrains alentours.

 

Nous croisons aussi quelques Masai en tenue traditionnelle. Des femmes qui portent des morceaux de bois, des très jeunes hommes qui gardent un troupeau, parfois assoupis à l’ombre d’un arbre. Des enfants également, qui nous font de grands coucous au bord de la route.

 

Enfin, le paysage commence à prendre de la hauteur. On croise nos premiers zèbres qui paissent tranquillement dans la savane. Le ciel est parfaitement dégagé, hormis quelques nuages là-bas au loin, qui semblent s’échapper du sommet d’une grande montagne. C’est le Kilimandjaro ! Nous commençons à distinguer les nuances de blanc tout en haut : il n’y a pas que des nuages, il y a aussi les neiges du Kilimandjaro. Je fredonne l’air dans ma tête : « elles te feront un blanc manteau, où tu pourras dormir, dormir, dormir, bientôt… »

 

A Namanga, je me réveille. Nous sommes à la frontière : Au revoir Kenya, bonjour Tanzanie !

 



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