Sur les pistes tanzaniennes

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Day 5, un peu d’art tanzanien, ou pas 

A notre retour du Serengeti, nous faisons une première pause à Arusha, la grande ville du Nord de la Tanzanie. Là-bas, nous avons l’opportunité d’en apprendre davantage sur la tanzanite et de visiter gratuitement une exposition d’art africain. Malheureusement, avant d’arriver, Tabitha prononce une formule magique qui chamboule tout le programme : « Free wifi« .

 

Soudain, c’est comme si la planète s’arrêtait de tourner, comme si plus rien n’existait autour de vous en dehors de cet écran qui vous projette mentalement à des milliers de kilomètres de votre position physique. Certains s’exclament, dans un grand soulagement : « Ah, retour à la civilisation, enfin !« . Puis tout le monde est allé se poser au café d’à côté, l’œil rivé sur le « smart » phone, attendant fébrilement que la « connexion » soit établie puis jubilant à l’arrivée des premiers e-mails. Nous, nous restons stupéfaits devant ce comportement collectif, ou individuel je ne sais plus. Certes, les explications données par le vendeur de tanzanite, cette pierre précieuse bleu-pourpre que l’on ne trouve que dans la région, étaient limitées, et il n’était pas très enclin à répondre à nos questions. Mais de là à partir se réfugier si vite derrière son téléphone, c’en est presque choquant.

 

Alors, de notre côté, nous sommes allés nous promener dans les alentours et avons remarqué à quelques dizaines de mètres de là un bel édifice en bois, circulaire. A l’intérieur, conçu en spirale, une magnifique collection d’art africain, ou plutôt d’inspiration africaine : des photos, des peintures, des sculptures et objets en bois représentant l’extraordinaire faune du continent ou des portraits d’hommes, de femmes et d’enfants de différentes tribus. Inspirante exhibition.

 

Nous prendrons néanmoins quelques minutes avant de repartir pour nous assurer de n’avoir raté aucun e-mail important.

 

Marchés d’Arusha et de Marangu

Toujours à Arusha, nous visitons cette fois le marché local. Plus qu’une visite, c’est plutôt une véritable session de courses alimentaires puisque ce soir, c’est le début des groupes de cuisine. Nous avons été répartis en quatre groupes qui, chacun leur tour, sont chargés de préparer le dîner du soir et le petit-déjeuner du lendemain. Sandrine est dans le groupe « Cheetah » (guépard), avec Anita et Zac, et c’est à eux de s’y coller en premier. Je les accompagne pour profiter de l’ambiance du marché et chercher un peu de nourriture de rue pour le déjeuner.

 

Le marché central d’Arusha, c’est le point névralgique du business de la ville. C’est là que tout se vend, s’achète et probablement s’échange. On trouve bien sûr tous les produits alimentaires du coin, les produits d’hygiène, les vêtements, les chaussures, mais aussi des pièces auto, des accessoires de téléphone portable, des cartes SIM et des billets de loto ! Malheureusement, difficile de profiter vraiment de tout ça, ni de prendre la moindre photo, tant nous sommes harcelés par des rabatteurs ou des vendeurs de cochonneries en tout genre. Ils nous interpellent d’abord, nous appelant tantôt leur ami, leur frère ou leur sœur, bien que nous ne soyons rien de tout cela. Ensuite, ils ne nous lâchent plus d’une semelle. Le mot NON n’a aucun sens pour eux, et il est impossible de s’en débarrasser. C’est un peu pénible ! Et en plus, nulle trace de cuisine locale à emporter sur le marché.

 

Le lendemain, c’est au marché de Marangu, un petit village qui sert de point de départ aux expéditions sur le Kilimandjaro, que nous retentons notre chance. Cette fois, un seul homme nous accoste au départ, mais finira par lâcher prise dans un délai raisonnable. Avec d’autres personnes, nos échanges nous ont même paru presque amicaux ! Nous visitons donc les lieux plus sereinement, mais pas assez pour sortir l’appareil photo. On y vend toujours de tout. Les produits sont présentés sur des bâches posées à même le sol, sur de la terre sèche. Rien n’est asphalté bien sûr, et le terrain est lui-même très irrégulier. On ose à peine imaginer à quoi pourrait ressembler ce marché pendant la saison des pluies… A un moment, une forte odeur de rance vient nous chatouiller les narines : ça vient du stand du boucher, à une vingtaine de mètres de là. Bon, on n’achètera pas de viande sur le marché alors ! Autre particularité, certains fruits et légumes ne se vendent pas à la pièce ou au poids, mais en quantité fixe. On doit donc acheter les tomates par piles, les oignons par sachets, les bananes par régimes, les poires par tas de 4. Et encore une fois, aucune cuisine de rue.

 

Dernier point sur les marchés locaux : tout se marchande, se négocie. Car bien sûr, nous avons à chaque fois droit au prix « mzungu » (blanc, en swahili), bien plus élevé que le prix local. Je n’aime pas ça, surtout pour la nourriture. Mais quand est venu mon tour de courses pour le groupe de cuisine, à Dar-Es-Salaam, il a bien fallu que je me prête au « jeu » moi aussi.

 

 

Un peu de cuisine tanzanienne

IMG_1281Du point de vue gastronomique, la Tanzanie nous a donné l’impression d’un retour en Amérique Centrale. Les éléments de base sont en effet le riz, les haricots et le maïs. A cette différence près que le maïs se mange sous forme de pâte (similaire à de la polenta), comme le ugali que l’on a découvert au Kenya, et non sous forme de tortilla. Et quand on en a un peu marre de toujours manger la même chose, il y a toujours moyen d’avoir des frites, ou des lentilles, ou quelques légumes : épinards, légumes verts, salade de tomates ou d’avocat, ou bananes (malheureusement pas frites mais cuites à l’eau). Une fois, on a aussi mangé des boulettes type falafel accompagnées d’une sauce piquante et d’une sauce coco. Sympa.

 

 

Côté viandes, le poulet domine. Mais les volailles sont souvent bien maigrichonnes et les portions très réduites. On peut aussi trouver quelques morceaux de bœuf grillés en cherchant un peu.

 

Pour les fruits, en revanche, on trouve vraiment des produits de qualité. Ananas, pastèques, papayes et bananes peuvent constituer un repas frugal et agréable à l’occasion, surtout quand il fait bien chaud.

 

A noter enfin l’absence du couteau à table. On utilise soit une fourchette, soit une cuillère.

 

Ce que l’on retiendra également de la cuisine tanzanienne, ce sont les boissons. Il y a déjà toutes les marques de bières aux noms évocateurs : la Safari, la Serengeti et la Kilimandjaro (sans doute la meilleure des trois). A propos de cette dernière, elle est souvent accompagnée de la formule suivante : « If you can’t climb it, drink it !« . Chose faite !

 

IMG_1282Il y a également le spiritueux du coin, le Konyagi. Réminiscence de la colonisation britannique, c’est une boisson assez proche du gin. Et ça coûte presque rien, mais ce n’est pas bon. Quant à l’Amarula, un alcool similaire au Bailey’s que l’on vend partout du Kenya à l’Afrique du Sud, on l’a dégusté avec un chocolat chaud. C’était délicieux mais ça fait pas très africain…

 

On a enfin goûté une autre spécialité, la Banana Beer. Avec les céréales habituellement utilisées pour la bière, on laisse fermenter des bananes. Mais au final, ça fermente tellement que ça n’a plus le goût de banane, juste le goût du fruit… fermenté. C’est aussi plus fort qu’une bière (environ 10°). Peut-être est ce la raison pour laquelle ils boivent ça : c’est moins cher et ça tape plus que la bière. Car niveau goût, c’est franchement pas terrible.

 

 

L’improbable frisbee

Avant de quitter Marangu, un improbable cadeau me tombe du ciel : un frisbee !

Alors que je me baladais dans notre camp, une femme de ménage qui était en train de nettoyer une des habitations me lance un frisbee. Juste comme ça ! Je lui demande, encore sous le coup de la surprise, si elle l’a trouvé dans la chambre. Oui. Et si je peux le garder. Affirmatif !

Pendant toute l’heure qui suit, je suis alors comme un gamin avec son nouveau jouet, me baladant et lançant mon frisbee tombé du ciel aux quatre coins du camp. Quelques jours avant, je me disais justement que ça pourrait être cool d’avoir un frisbee pour jouer avec les gens du groupe, à nos heures perdues. Incroyable.

 

Dar-Es-Salaam, la grande ville côtière

Depuis Marangu, nous sommes partis pour deux longues journées de route en direction de Dar-Es-Salaam, l’ancienne capitale sur la côte. Nous nous arrêtons une nuit au Zebra Camp, un terrain de camping minimaliste avec juste un modeste bloc sanitaire et un peu d’eau. Et surtout beaucoup de moustiques et pas un zèbre ! Publicité mensongère…

 

201503 - Tanzanie - 0360Après un lever à 4 heures du matin, nous reprenons la route vers Dar avec pour objectif d’éviter les bouchons à l’entrée de la ville. Car aussi étrange que cela puisse paraître, il n’y a qu’une seule route qui entre, et sort, de cette ville ! Dans les bouchons, finalement inévitables, notre grande vigilance est requise : des voleurs pourraient essayer de chiper quelque chose sur le camion pendant qu’il est coincé dans la circulation. Nous nous orientons donc vers les fenêtres, avec les manches à balai pas loin au cas où… Tout homme qui marche au milieu des véhicules et passe près du truck nous semble un voleur potentiel, c’est vraiment flippant. Jusqu’à ce que quelqu’un parvienne à dérober une jauge d’huile en se jettant sous le camion derrière la cabine de Pete, hors de notre vue.  Là, c’est fou !

 

A Dar, notre camp est au bord de l’océan Indien, du côté des plages tranquilles. En entrant dans l’eau, on est d’abord surpris par sa température : elle est vraiment chaude. Puis d’autres aspects encore moins agréables se révèlent : il y a aussi beaucoup d’algues, et quelques déchets plastiques. On en profite quand même pour tester le frisbee que j’ai récupéré à Marangu : il flotte, c’est parfait.

Par contre, nous n’arriverons pas à nous débarrasser de cette sensation poisseuse en sortant de l’eau, car l’eau de la piscine, tout comme l’eau des douches, est salée… Pas très agréable.

 

Par la fenêtre du camion

Sur les pistes tanzaniennes, un autre visage de l’Afrique se découvre. Loin des safaris et des jolis campings pour riches touristes. Ici, toutes les boutiques ou presque arborent les mêmes enseignes, les rouges avec le logo de Coca ou Vo201503 - Tanzanie - 0351dacom, les bleues avec celui de Pepsi. Certains ont même les deux, Pepsi et Coca. Tant qu’à faire.

 

Le long des routes, on croise aussi de nombreux troupeaux de chèvres ou de vaches, qui broutent généralement dans des champs d’ordures : bouteilles en plastique, emballages de toutes sortes et restes de sachets en plastiques noirs soulevés par le vent. Une vraie plaie que ces déchets de plastique. Face à une telle nature-poubelle, nous sommes affligés. En approchant de Dar, on a aussi vu des enfants fouiller dans un tas de ferrailles rouillées. Sans doute y en a-t-il beaucoup plus loin de la route.

 

201503 - Tanzanie - 0460Puis nous nous sommes dirigés vers le Sud-Ouest, vers le Malawi. Deux longues journées de trajet démarrées à 4 et 5 heures du matin.

Nous traversons notamment une réserve naturelle. Mais une rumeur à l’intérieur du truck dit que Tabitha n’aurait jamais rien vu sur cette route. Personne ne daigne donc lever le nez de son bouquin ou de son sommeil. Mais avec Sandrine, on décide de profiter de cette opportunité de safari gratuite. Alors on scrute l’horizon, déterminés. A un moment, on pense voir une gazelle morte, à moins que ça ne soit une termitière… Difficile à dire. Et un peu léger comme safari.

 

 

201503 - Tanzanie - 0455Et puis, au bout d’un quart d’heure, quelques girafes apparaissent au loin. De l’autre côté, on découvre une autre girafe, tout près cette fois, juste au bord de la route ! Ensuite, toujours au loin, nous apercevons quelques buffles, un beau troupeau d’éléphants, et quelques gazelles et zèbres par-ci par-là. Voilà qui rompt de la meilleure manière la monotonie de la route, finalement. A peine le temps de s’assoupir que nous pénétrons ensuite dans la vallée des baobabs. Quel plaisir d’observer ces curieux arbres aux formes originales. Leur très large tronc laisse échapper d’énormes branches qui retombent rapidement vers le sol, sous leur propre poids. Du coup, à leur sommet, ces arbres sont presque plus larges que hauts !

 

Plus vers le Sud, de belles montagnes vertes commencent à se dessiner. La route s’élève. La végétation devient de plus en plus verte et dense, les villages de plus en plus éloignés les uns des autres. Parfois même, on n’aperçoit plus aucune trace de civilisation, à l’exception de quelques plantations de thé, de maïs, de riz et de kassava qui s’intègrent bien aux paysages. Nous approchons du Malawi.

 

 

 

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 Toutes nos photos de Tanzanie

Retrouvez toutes les photos – dont beaucoup d’inédites – de notre safari dans le Serengeti, de Zanzibar et de nos deux semaines en Tanzanie.

 


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