Brèves Nippones #11 – Shinkansen, Linimo, les trains du futur

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Le Japon est un pays de train. C’est de loin le moyen de transport le plus utilisé dans l’archipel, tant par les locaux que par les visiteurs. Il faut dire que leur réseau est particulièrement efficace et agréable à utiliser. Enfin, sur ce dernier point, on en jugera définitivement dans quelques jours, quand on aura fait un voyage en heure de pointe à Tokyo !

 

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Le réseau ferroviaire japonais est vraiment complet. Il permet d’aller partout, la plupart des panneaux sont traduits en anglais, ce qui permet de s’orienter facilement sans savoir lire les kanjis. Il y a des trains tout le temps, peut-être une fois par heure pour les liaisons les plus rares. Les trains sont à l’heure, toujours sur les mêmes quais, toujours propres et peuvent même être bon marché. Enfin, cela dépend de la distance et de la vitesse du train, mais si on a le temps et qu’on ne fait pas des centaines de kilomètres, les prix sont intéressants.

Et puis enfin, au Japon, il y a aussi des trains pas comme les autres. Des trains du futur !

 

 

Shinkansen, le TGV qui vous fait préférer le train

Shinkansen, c’est le nom du système de trains à grande vitesse du Japon, qui en a fait le pionnier du domaine au niveau mondial. Ce nom désigne aussi bien les trains que l’infrastructure, qui leur est propre. Car quand on prend le Shinkansen, tout est différent du réseau de train « classique » : le train lui-même bien sûr, mais aussi la voie, les gares, les tickets, les machines qui vendent les tickets… et les prix !

 

Et oui, le Shinkansen, c’est extrêmement cher. C’est pour cela qu’on ne l’a pris qu’un fois, pour parcourir les 463 km de trajet entre Kitakyushu et Himeji. Il a fallu débourser une petite centaine d’euros par tête de pipe pour seulement 113 minutes de trajet. Et encore, on a pris des billets sans réservation, c’est-à-dire les moins chers. Au risque de ne pas trouver de place assise !

Mais à bien y regarder, ce n’est pas si différent d’un Paris-Lyon en TGV 2nde classe, tant pour la distance que pour le prix et le temps de parcours. Par contre, en-dehors de ces chiffres, ça n’a pas grand-chose à voir !

 

Dès le franchissement des portillons de la gare de Kitakyushu, l’effet « Shinkansen » se fait sentir. Là, on se pose devant le panneau d’affichage, à la recherche du prochain train pour Himeji. Avec nos billets sans réservation achetés le matin même, on a l’avantage de pouvoir monter dans n’importe quel train. Et on constate qu’il y a un train toutes les 10-15 minutes sur cette ligne, même si tous ne s’arrêtent pas à Himeji. Nous voyant un peu hésitants face à ce panneau dont l’affichage alterne entre un long moment en japonais et un plus court en anglais, la guichetière vient nous voir avec un petit papier à la main. Dessus sont imprimés les horaires des deux prochains trains qui nous intéressent.

En effet, en nous aidant à composter nos billets, elle a vu notre destination, et sans qu’on lui ait demandé quoi que ce soit, elle nous a imprimé les informations qui pouvaient nous être utiles. Puis elle a couru (oui, au Japon, il semble être d’usage de courir au travail) nous les apporter, avant de retourner à son box. Ça c’est du service client !

 

Sur le quai, toujours le même pour les trains de cette ligne (pourquoi faire compliqué ?), on regarde les Shinkansen arriver et repartir. On est arrivé bien en avance exprès. Leur forme aux allure futuristes, leur vitesse d’approche, leur accélération au démarrage. On est surpris du faible niveau de bruit lors de leur entrée en gare : on les entend à peine, jusqu’à ce qu’ils soient devant notre nez !

 

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On observe aussi les informations présentes sur le quai : tout est super bien indiqué ! Et aussi en dessins ou en anglais pour que tout le monde comprenne. L’emplacement de chaque voiture selon la taille (donc le nom) du train est marqué au sol, ainsi que l’indication si le compartiment est pour les billets avec ou sans réservation. Les files d’attente devant chaque porte sont également dessinées, pour permettre une meilleure fluidité entre les entrants et les sortants lors de l’arrêt en gare. Bref, c’est très bien fait, bien pensé et à moins de le faire exprès, on ne peut pas se tromper.

 

A l’arrivée de chaque train, on observe le manège des employés de la compagnie. Il y a d’abord l’agent du quai, qui a un micro dans la main pour faire une petite annonce à l’approche du train. Tous les usagers sont déjà alignés dans les files d’attente prévues à cet effet. Le train glisse à côté du quai et s’arrête en face des marques dédiées. Les agents de tête et de queue de train sortent sur le quai. Les passagers sortent et entrent dans un mouvement fluide. Au moment de partir les agents du train effectuent quelques gestes très précis et saccadés avec leurs mains gantées de blanc.

Regarder sa montre, pointer son index droit vers le panneau d’affichage, – comme pour dire c’est l’heure -, monter dans le train, passer la tête et le bras gauche par la fenêtre, pointer l’avant du train avec son index – c’est parti – et tenir son chapeau pour ne pas qu’il s’envole, car le train a maintenant démarré.

Tout cela a duré moins d’une minute.

 

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A 8h56 précises, notre Shinkansen arrive et on découvre enfin l’intérieur de ce train. Dans notre compartiment, il y a 20 rangées de 5 sièges, deux d’un côté, 3 de l’autre. Ca fait donc 100 passagers par voiture. Comme il y a un train environ tous les quarts d’heure, on a la chance de ne pas avoir grand monde et on prend donc 3 sièges pour 2.

 

Les sièges ne sont pas spécialement larges, mais inclinables et plutôt confortables. Il y a aussi beaucoup d’espace devant pour les jambes, chose rare en Asie, ce qui fait qu’on ne gêne pas la personne derrière quand on incline le siège.

Devant nous, on retrouve la classique petite tablette pour manger ou travailler. Mais dessus, le plan du train et le plan de détail des voitures voisines est affiché, avec l’emplacement des toilettes, des poubelles, des divers services, des zones fumeurs… Encore une fois, très bien fait.

 

201511 - Japon - 0739Toute ressemblance avec un avion n’est que fortuite.

 

L’accélération du train au démarrage se fait tout en douceur. On ressent très peu de vibrations, et le niveau de bruit est très faible : on a plus l’impression d’être dans un avion que dans un train, même un TGV. Le fait de circuler sur une infrastructure dédiée, à la différence du TGV, n’y est sans doute pas étranger.

 

Et 113 minutes pile après le départ du train, on s’arrête en gare d’Himeji. Pile à l’heure. La ponctualité, c’est aussi ce qui caractérise le Shinkansen. En moyenne sur une année, le retard d’un Shinkansen à l’arrivée est largement inférieur à la minute ! Record en 2003 avec 6s…

 

Douceur du transport, fiabilité, rapidité, confort, qualité du service et des informations : le TGV n’a qu’à bien se tenir. En descendant du train, on avait carrément l’impression d’avoir été téléporté !

 

 

Linimo, le train flottant

Le Linimo est une ligne de train à sustentation électromagnétique, circulant dans la banlieue Est de Nagoya. Il se déplace sans toucher le sol, guidé par un monorail, en utilisant des forces magnétiques.

Plus précisément, le train et le monorail sont équipés d’aimants (supraconducteurs dans les projets Japonais) dont les forces de répulsion et d’attraction permettent au train de léviter et de se déplacer, sans aucun frottement avec le sol.

Au niveau mondial, le Japon est à la pointe en matière de projet de trains à sustentation électromagnétique (Maglev, de l’anglais Magnetic Levitation). Et le Linimo est l’une des très rares lignes au monde en service commercial qui utilise ce principe, la seule au Japon.

 

C’est une ligne d’une longueur de 8900 mètres en périphérie de la grande ville de Nagoya, troisième ville du Japon. Elle dessert 9 stations, dont la première est également reliée au réseau de métro de l’agglomération, ce qui en fait une ligne facile d’accès. Quant au prix d’un trajet en Linimo, il est du même ordre de grandeur que n’importe quel trajet en transport en communs. Soit 6€ pour parcourir la ligne dans son intégralité, aller-retour – mais on peut aussi s’en tirer à 2,5€ en rusant un peu ;).

C’est aussi un trajet qui offre une vue agréable, d’une part sur les montagnes à l’extérieur de Nagoya et d’autre part sur les grands immeubles de la ville.

 

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De l’extérieur, le train ressemble à un banal métro, sauf qu’il n’y a pas de roues apparentes. En réalité, des roues sont bel et bien présentes, mais non visibles depuis le quai, et sont utilisées pour les déplacements à faible vitesse (pour des histoires de flux magnétique insuffisant).

 

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Quant au ressenti en mouvement, c’est bien sûr très doux comparé à un métro classique. On n’entend quasiment aucun bruit métallique, juste celui de la ventilation à l’intérieur du train, et le bruit du freinage. Mais au final, le déplacement dans un train à sustentation électromagnétique, sur un trajet si court, n’est pas une expérience extrêmement intéressante à vivre. Le train s’arrête toutes les deux minutes, après avoir parcouru en moyenne un kilomètre, ce qui ne permet pas de faire une grosse différence par rapport à un métro classique. Ca ne laisse pas le temps d’avoir l’impression de flotter.

 

Rendez-vous dans une quinzaine d’années, quand la ligne Maglev reliant Tokyo à Nagoya (350 km) sera en service !

 

 



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