Bilan – On a quand même mangé des trucs bizarres

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Parce qu’on est curieux, parce qu’on aime goûter des choses nouvelles, parce qu’on est là pour découvrir, pour aller au-delà des a priori, on s’est parfois retrouvé à manger des choses originales, bizarres voire carrément peu appétissantes.

Mais après tout, en France, on mange bien des escargots, des tripes, de la langue de bœuf, du ris de veau, des cuisses de grenouilles, du foie de génisse, des huîtres crues, des coquillages… Et on aime ça !

Alors il n’y a pas de raison que ce soit différent ailleurs, et on a essayé de ne pas s’arrêter à la description, il est vrai parfois peu sympathique, de certains plats.

 

Voici donc la liste des aventures gustatives dans lesquelles on s’est lancé ainsi que nos impressions. Et une chose est sûre, c’est qu’on n’a pas toujours les mêmes goûts que les locaux…

 

Légende :

+ : on a aimé

= : ce n’est ni franchement mauvais, ni vraiment bon, mais souvent ça n’a aucun intérêt gustatif ou gastronomique

– : de mauvais à vomitif

 

 

Ecosse

Haggis (+) : plat composé d’abats de mouton (poumon, foie, cœur), d’oignon, d’avoine et d’épices puis cuit traditionnellement dans une panse de mouton. Il s’accompagne de purées de rutabaga et de pomme de terre.

Le goût est étonnamment assez subtil pour des viscères et la consistance pas tellement caoutchouteuse. On a vraiment aimé au point d’en manger plusieurs fois.

 

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Islande

Hakarl, le requin faisandé (-) : Il s’agit de viande de requin qui a reposé dehors pendant 6 à 9 mois, le temps d’évacuer l’urine contenue dans la chair de l’animal, et de pourrir… Le hakarl est consommé sous formes de petits cubes, plutôt comme un apéritif. Il est en général accompagné de Brennivin, le schnapps local, sans doute pour aider à faire le passer.

Le goût du requin est vraiment puissant, ammoniaqué et terriblement mauvais. En tout cas à notre goût.

 

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Boudin de mouton (-) : C’est une grosse saucisse d’abats, essentiellement du foie, bouillie avec d’autres viscères. A l’école, les petits Islandais le mangent souvent froid avec du riz au lait…

Comme ça, ce mélange ne nous a vraiment pas plu, la saucisse ayant un goût bien trop fort. Et pourtant on aime plutôt les abats en général. Alors on a essayé, pour finir notre saucisse, de la faire poêler en tranches, avec des légumes. Pas mieux. Quant au choix de l’accompagner de riz au lait, on n’a toujours pas compris.

 

 

 

 

Groenland

Cœur et langue de renne (+) : Les abats sont ajoutés en fin de cuisson dans une soupe, le cœur et la langue étant considérés comme des morceaux de choix. Ils sont donc les plus prisés et souvent partagés entre plusieurs convives.

Nous avons effectivement trouvé que le cœur et la langue étaient beaucoup plus fins que les autres morceaux du renne.

 

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Canada

Ribs de phoque (+) : Mangés au Nunavut. La chair du phoque est séparée de l’épaisse couche de gras qui entoure l’animal. Elle peut être mangée dans une soupe ou cuite au four, par exemple les côtes.

La viande de phoque a l’aspect de celle du bœuf, un peu comme de la bavette. L’impression en bouche est même surprenante. Mais le goût est plus proche de celui de la mer, de celui iodé du poisson. Etrange mais très bon, à condition d’être suffisamment cuit pour ne pas être élastique.

 

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Gras de baleine (=) : Mangé au Nunavut. La beluga est une baleine blanche à dents, plutôt petite, chassée de façon limitée. On a mangé un petit morceau de chair, situé juste sous la peau.

La consistance est à la fois molle mais avec des morceaux très durs, comme du cartilage. Et le goût ne nous a pas marqués. Nature, cela n’a pas grand intérêt.

 

Sourtoe cocktail (+) : Bu au Yukon. L’idée de cocktail la plus saugrenue et la plus dégoutante que nous ayons rencontrée. Un orteil humain est plongé dans un verre de Yukon Jack, un whisky local, le but étant d’avaler le breuvage jusqu’à ce que l’orteil touche nos lèvres. Sans l’avaler bien sûr.

L’orteil n’ajoute, heureusement, aucun aspect gustatif à la liqueur. Mais cela a été pour nous l’occasion de découvrir le Yukon Jack, un whisky plutôt sirupeux et que l’on a beaucoup aimé.

 

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Etats-Unis

Vin de pissenlit (+) : Comme son nom l’indique il s’agit d’un alcool de plante.

Légèrement acide, comme un vinaigre, il nous a néanmoins semblé intéressant en accompagnement de poisson cru. En dehors de cela, par contre…

 

 

Nicaragua

Michelada (-) : Du sel, du citron, du piment, du poivre et de la sauce worcestershire (?!?) d’un côté. Une bière de l’autre.

Le mélange, quoique pas si mauvais, est vraiment étrange. Mais on a quand même eu du mal à finir notre verre, à deux. Bref, pourquoi gâcher une bière ainsi ?

 

 

Zimbabwe

Masimbi, les vers grillés (-) : Ce sont des gros vers dits Mopane, que l’on fait griller, de telle sorte qu’ils se vident de leur eau. A la fin, il ne reste plus donc qu’une partie extérieure noire et croquante, et une partie intérieure jaune et caoutchouteuse. Les Zimbabwéens mangent ça en snack, à tremper dans une sauce.

On a essayé sans sauce, c’est mauvais. Et avec, ça passe un peu mieux mais c’est quand même pas terrible du tout !

 

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Ethiopie

Kitfo, le tartare de bœuf (+) : De la viande de bœuf crue hachée, sur de l’injera (galette de teff amère). Une version sans condiment du tartare que l’on connait chez nous. De prime abord, rien d’extraordinaire donc, si ce n’est que les serveurs vous demanderont toujours confirmation de votre commande. A priori nos estomacs d’occidentaux ne sont pas forcément assez résistant pour la viande crue locale.

Nous on a testé, on a adoré, on en a repris et c’est devenu notre plat préféré en Ethiopie. Avec quand même un petit twist occidental : on demandait à remplacer l’injera par des frites.

 

 

Iran

Kaleh pache, la tête (+), l’œil (=) et le pied de mouton (-) : C’est un plat typique qui ne se trouve que dans des établissements spécialisés. La première fois qu’on entre dans un endroit de ce type, ça surprend : on a d’un côté une énorme marmite dans laquelle cuit ce qui ressemble à des têtes de mouton, et d’un autre côté une grande casserole avec ce qui ressemble à des tripes. Et l’odeur, on s’en douterait, est assez épouvantable. Kaleh signifie tête, en farsi. Pache signifie pied. C’est donc une soupe de têtes et pieds de moutons, que l’on laisse cuire de longues heures dans un bouillon d’épices et de gras de mouton. Avec toutefois une petite note de cannelle juste avant de servir… On peut l’agrémenter de tripes, pour rendre le repas encore plus convivial, mais nous on n’a eu droit qu’aux têtes et pieds.

Dans la tête les morceaux sont plutôt fondant et savoureux : joue, langue, cervelle, chair crânienne. L’œil, dont il ne faut pas tout manger, n’a pas vraiment de goût ni d’intérêt. Quant au pied, c’est principalement de la peau caoutchouteuse qu’on a eu beaucoup de mal à manger.

 

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Beryun, le poumon de mouton frit (+) : Spécialité d’Esfahan qui se déguste dans un type de restaurant particulier : le beryuni. Il se compose de deux parties : un morceau de viande d’agneau ou de mouton finement mixée puis frite, et un poumon de mouton frit lui aussi. Il se déguste avec les accompagnements traditionnels – feuilles de plantes aromatiques, tomate, oignon cru – et une sorte de pain cuit avec un fromage bien gras. Ça rend l’ensemble un peu moins sec, mais bien lourd !

Le plat est original et bon, bien qu’un peu lourd. Le poumon frit haché apporte un supplément de saveur à la viande. Seul hic, les cuistots des beryuni ont parfois la très mauvaise idée de glisser quelques morceaux de cacahuète bouillie dans la préparation de viande hachée. Inutile de dire que ça n’apporte rien de bon à ce plat, bien au contraire !

 

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La viande de dromadaire (+) : Spécialité de Yazd. La viande est marinée longuement dans des épices.

C’est plutôt bon, avec un goût proche de celui du bœuf fondant.

 

 

Mongolie

Abats de mouton bouillis : cœur (+), foie et rein (=), poumon (-) : Dans le mouton, tout est bon. Dicton mongol. Alors ils récupèrent les abats qu’ils font bouillir et servent, nature évidemment, aux invités. Et ce à toute heure !

Si le cœur est tendre et a un goût plutôt agréable, le foie et les reins n’ont rien de notable. Quant au poumon, bien trop fort à l’odeur comme au goût, mieux vaut l’éviter.

 

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Vodka de yaourt (=) : Comment fabriquer de la gnole artisanale quand on vit dans le désert ou la steppe ? On laisse fermenter du yaourt puis on le distille pendant quelques heures dans un alambic !

On obtient alors une boisson fortement alcoolisée au goût de fromage. Plutôt amusant.

 

 

Japon

Mentaiko, la rogue du colin ou de la morue (+) : Ce sont en fait les gonades femelle (ovaires) de ces poissons, qui se présentent sous la forme de poches remplies de minuscules œufs. Le mentaiko est souvent mangé avec les onigiri, ou consommé nature avec du sake. Encore un mets japonais fin et savoureux.

 

Renkon ou racine de lotus (+) : C’est le nom japonais du rhizome (partie souterraine de la tige) du lotus, que l’on utilise beaucoup comme légume dans la cuisine japonaise, notamment dans l’oden. Le renkon est facilement identifiable par ses trous, au nombre de 7 ou 9, répartis autour de son centre.

Dans le karashi-renkon, spécialité de Kumamoto, ces trous sont remplis de karashi, la moutarde jaune japonaise bien piquante. Le karashi-renkon est ensuite recouvert d’une fine pâte, puis légèrement frit, découpé en tranches et servi tiède avec un peu de mayonnaise.

Si dans l’oden, la racine crue bouillie n’a pas grand intérêt gustatif, si ce n’est pour son croquant, le karashi-renkon est quant à lui un délicieux amuse-bouche pour se mettre en appétit !

 

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Basashi ou viande de cheval crue (+) : C’est de la viande de cheval crue, que l’on déguste sous la forme de sashimi, c’est-à-dire de fines tranches, néanmoins plus épaisses qu’un carpaccio traditionnel. Les sashimis de cheval sont accompagnés de morceaux d’ail cru, de petits morceaux d’oignon vert, de moutarde et de sauce soja. C’est cet ensemble que l’on appelle basashi.

Qui aime le tartare de bœuf, aimera le basashi. Les morceaux du cou sont très prisés, car plutôt gras et de couleur un peu rosâtre, mais la poitrine et le jarret sont, à notre goût, bien plus fins. La viande de cheval nous a généralement paru plus fondante mais un peu moins savoureuse que celle du bœuf.

A Kumamoto, la viande de cheval est aussi servie sous forme d’un tartare, ou cuite saignante dans une délicieuse sauce aux oignons.

 

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Glace aux haricots (+) : Les Japonais n’ont peur de rien dans l’utilisation des algues, champignons et haricots. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés devant un glacier proposant des parfums tels que riz brun, algues, haricots noirs, blancs, rouges… Les plus connus sont les azukis ,des haricots rouges que l’on mange sucrés. On peut ainsi en faire de la glace, même si on les trouve plus fréquemment sous forme de sauce, où ils ont été longuement bouillis.

La première fois c’est un peu étrange de manger ces haricots sucrés, mais rapidement on en devient fan. Le meilleur combo ? Une glace au matcha (poudre de thé vert), accompagnée de mochi (pâte de riz gluant) et de sauce d’azuki.

 

 

Philippines

Balut ou œuf fécondé (+) : C’est un œuf de cane (ou plus rarement de poule) incubé et cuit à la vapeur lorsque le fœtus est déjà formé. Plusieurs stades de développement fœtal sont considérés. Les Philippins consomment généralement des œufs de 17 jours, un âge où l’on ne distingue pas encore les plumes, les poils et le bec. Mais certains vendent des œufs de 19 ou 21 jours. A ce moment- là, le fœtus ressemble déjà beaucoup plus à un petit caneton. Pour bien l’apprécier, il faut d’abord l’écaler un peu sur le dessus, l’assaisonner de sel et/ou de vinaigre puis aspirer le jus dans la coquille. Ensuite, on attaque le blanc.

Un morceau pas vraiment agréable, cartilagineux et caoutchouteux, sans intérêt. Enfin, on atteint le jaune avec le fœtus dedans, aisément identifiable. Cette partie est plutôt molle, avec un goût proche de celui du jaune d’œuf cuit, mais avec un truc en plus, un truc en plumes…

Pas si étrange en bouche ni répugnant que cela, finalement. Pas délicieux non plus, et on se demande toujours quel peut être l’intérêt de préparer un tel aliment.

 

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Algues crues (+) : On a trouvé au milieu des étals d’un marché, des petits seaux remplis d’algues à la texture perlée, comme des œufs de poisson.

On a succombé à la tentation d’y goûter, et c’est étonnamment bon : ça a bien la texture d’œuf de poisson, et le même goût salé et iodé, mais avec une agréable note végétale.

 

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Chicharron (-) : Des morceaux de couenne de porc séchés puis frits deux fois. Les chicharron peuvent aussi se faire à partir d’intestins de porc, ou de peau de poulet. Ils se consomment comme snacks, parfaits avec la bière paraît-il, et peuvent aussi s’utiliser comme trempettes dans différentes sauces.

D’apparence cela ressemble fortement à des gâteaux apéros, mais au goût c’est très gras et avec un fort goût de couenne. On n’a pas du tout aimé.

 

Indonésie

Cingur ou lèvre de bœuf (-) : Spécialité de Surabaya. L’association du rujak, une salade de fruits et légumes servie avec une sauce pimentée à l’arachide, avec de la lèvre de bœuf servie froide.

Aussi mauvais que cela en a l’air.

 

Gâteau glacé au durian (-) : Spécialité du nord de Sumatra. Petites boules de glace au durian entourées de pâte de riz gluant.

La première impression c’est que cela ne sent rien, ce qui est plutôt agréable. En fait, la version glacée atténue bien l’odeur… pestilentielle on peut le dire, de ce fruit. Mais pas son goût !

On a donc cette impression de manger quelque chose qui a été régurgité, dont l’odeur se libère en fondant dans la bouche. Cela a été très très dur de finir notre part, sous le regard hilare de nos hôtes.

 

Python (+) : Certains serpents sont préparés dans les villages environnant de Yogyakarta et servis dans les restaurants de la ville. C’est ainsi que nous avons pu déguster un succulent curry de python, dont on n’a laissé que les os !

 

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Pigeon grillé (=) : Encore une spécialité de Yogyakarta. Un pigeon entier, déplumé et un peu vidé (il restait quelques abats dedans), cuit sur le feu ou frit. Servi tout simplement avec un bol de riz blanc et un petit sambal bien pimenté. Mais heureusement qu’il y a cette sauce à côté, sinon ce serait bien trop sec et osseux pour être vraiment un plat agréable.

 

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Fiji

Kava (=) : Une plante apparentée au poivre dont on consomme le rhizome (racine) séché et réduit en poudre, avant d’être mélangé à de l’eau et bu dans la coque évidée d’une moitié de noix de coco.

Le kava n’est pas alcoolisé, mais a comme un goût d’anis mélangé à un goût de betterave (ou de terre). Pas si mauvais, donc. Il possède surtout d’intéressantes propriétés anesthésiantes et relaxantes, voire somnifères. Et en effet, après seulement quelques gorgées, on a déjà l’impression d’avoir les lèvres et la langue engourdies ! Sympa, mais sans plus.

 

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Cœur de poisson cru (=) : Petite gourmandise des Fidjiens à la fin d’une partie de pêche. Les poissons sont directement écaillés et vidés sur la plage. Et ils gardent le cœur, hyper frais donc, pour n’en faire qu’une bouchée. Ca a comme un petit goût de foie de morue. Mais c’est quand même assez étrange, avouons-le.

 

 

Sur un cargo avec des officiers roumains

Soupe d’estomac (=) : Un bouillon de légumes dans lequel on fait cuire des lamelles de panse. Elle se mange avec de la crème fraîche. Et serait parait-il un excellent remède contre la gueule de bois. Donc parfait pour le petit déjeuner du dimanche.

Le bouillon qui a pris des saveurs de tripes est bon, mais les morceaux de panse en eux-mêmes sont un peu caoutchouteux et pas très agréables à manger.

 

 

A table !

 

 

 

 



3 commentaires sur “Bilan – On a quand même mangé des trucs bizarres


     Olivier (mitekudasai.fr a écrit :

    19 septembre 2016 à 15:36

    Globalement, plutôt du positif :)
    J’ai aussi eu l’occasion de goûter des algues crues dans l’Hokkaido. Et je confirme le côté œuf de poisson (que j’adore !). Mon voisin de table était même assez surpris que j’aime autant ça ^^


       Benito (voyagepartageetpotage.com a répondu :

      22 septembre 2016 à 18:09

      Oui, même si ça peut paraître bizarre, c’est rarement très mauvais. Enfin, en tout cas, pas à notre goût…
      Surtout quand c’est Japonais !
      Et agréable surprise que ces algues, en effet. Ça rehausse un peu le niveau de la gastronomie philippine.


     Vincent (voyagetips.com a écrit :

    31 janvier 2017 à 21:15

    Bravo pour cet article complet et detaillé et bravo aux testeurs :). Je le garde sous la main en cas de petites faims lors de mes prochains voyages !

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