Brèves Nippones #8 : Un cours de cuisine dans une école primaire

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Pour remercier Josh, Mitsue et leurs filles de leur chaleureux accueil et de nous avoir fait découvrir notamment le « making things » festival, on est passé derrière les fourneaux. Pour notre dernier dîner avec eux, on a fait un classique quiche / compote. Pas très glamour sans doute, mais ils ont l’air d’avoir adoré. Et surtout la compote semblait une découverte pour eux, alors on est ravi, c’est tellement simple et bon !

 

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Et puis, alors qu’on organisait les derniers détails pour notre départ du lendemain, Mitsue nous a apprend que ce lundi-là, elle ne travaille pas. Elle doit accompagner ses filles à l’école, car à 10h30, Ayumi a un atelier de cuisine où les parents qui le peuvent sont invités à participer. Les élèves, niveau CE2, vont apprendre à préparer des uiro, cette confiserie qui est une spécialité de la région de Yamaguchi.

 

Cette idée nous plaît tout de suite, alors on tente : « Ah, des uiro, c’est cool ! On aimerait bien apprendre à en faire ! Ce serait possible de venir voir ? »

Mitsue est d’abord surprise par une telle demande, puis finalement se dit que ça pourrait être jouable, que c’est même une très bonne idée. Elle décide d’en informer la maîtresse le lendemain et de revenir nous chercher si celle-ci est d’accord.

 

Le lendemain, comme espéré, Mitsue est rentrée avec une bonne nouvelle pour nous, et on s’est préparés à aller à l’école du quartier. Mais ça ne se fait pas comme ça, surtout pour un cours de cuisine. Il nous faut tout un équipement : masque, foulard pour les cheveux, tablier, chaussons, parapluie… Mitsue nous prête tout ! Sauf le tablier, car on a avait gardé celui du musée de l’okonomiyaki à Hiroshima.

Et vers 10h20, on est partis tout guilleret sur le chemin de l’école pour apprendre à préparer des uiro !

 

 

Découverte d’une école primaire japonaise

Le matin déjà, on avait observé attentivement Ayumi et Kazumi se préparer, mettre leur uniforme et leur cartable. C’est le même modèle pour tout le monde, qui semble assez pratique et adapté, mais les élèves ont le choix entre plusieurs couleurs. En revanche, les uniformes diffèrent selon les écoles.

Puis on est arrivés dans l’école, déjà impressionnés par l’organisation dès le hall d’entrée, et la propreté, impeccable. Il faut dire que dans les écoles japonaises, il n’y a pas de personnel d’entretien. Ce sont les élèves et les professeurs qui ont la charge de nettoyer leur outil de travail, leur lieu de vie commun. Chaque classe est responsable de la propreté de sa salle, et les professeurs de celle de leurs pièces communes. Et à tour de rôle, élèves comme professeurs doivent nettoyer régulièrement les parties communes, la cour, les couloirs, les toilettes !

Apprendre à respecter l’espace commun en ayant la charge de l’entretenir, faire abstraction de son statut de professeur pour montrer l’exemple, pour le bien de toute l’école… En voilà encore des bonnes idées, d’excellentes idées !

 

Pour faciliter l’entretien, il ne faut pas salir. Ça paraît évident. En pratique, cela passe par laisser ses chaussures à l’entrée du bâtiment, et se déplacer dans l’école en petits chaussons d’intérieur. Cela est d’ailleurs le cas partout au Japon, que ce soit chez les gens, dans des musées, des restaurants…

Et, dans le hall d’entrée de l’école, pour éviter tout incident de chaussures, on trouve un ensemble de casiers, numérotés et ordonnés par classe.

 

Ainsi déchaussés, on passe ensuite dans la salle de cuisine. C’est en fait une salle multi-ateliers avec 6 larges tables au milieu, à hauteur d’enfant, et environ 6 tabourets autour de chaque table. Aujourd’hui, le matériel pour cuisiner est de sortie, mais ils y apprennent aussi la couture, la lessive, le repassage… Juste quelques ateliers dans l’année pour apprendre ces tâches élémentaires de la vie.

 

Dans la salle, beaucoup de monde ! Une grosse moitié des élèves est accompagnée d’un parent, peut-être une vingtaine de mamans pour seulement deux papas, et deux touristes, donc ;-)

Et tout ce monde, sans exception, a revêtu pour l’atelier de cuisine l’équipement de circonstance : foulard sur les cheveux, masque couvrant le nez et la bouche, tablier et chaussons. Pour le respect des règles d’hygiène, c’est un sans-faute ! Il faut dire qu’au Japon, c’est une affaire très sérieuse, notamment en matière de cuisine.

 

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La maîtresse explique la recette, assez simple, et le mode opératoire. Elle ajoute un petit mot pour expliquer notre présence aux enfants. Il est vrai que deux étrangers qui viennent là dans leur école sans comprendre un mot de japonais, ça les questionne et les rend curieux !

 

 

L’uiro, la recette

Puis par groupe de 3, les élèves de 8 ans se lancent, avec l’aide des parents, à la préparation des uiro. Les élèves sont attentifs, appliqués. Ils se partagent les tâches pour que chacun puisse participer. Pas de bataille pour la cuillère, de cris ou de chamailleries. Et dès qu’un ustensile n’est plus utile, un élève part le laver, sans même qu’on lui demande. Impressionnant.

 

Pendant la cuisson des deux fournées, les élèves ne restent pas à rien faire. La maîtresse à l’idée de profiter du contexte de cette salle pleine de monde et d’inconnus pour les faire s’exprimer oralement, face à un large public. Loin d’être évident ! Alors par groupe ils viennent devant le tableau et un à un ils racontent un petit quelque chose, un souvenir heureux, un remerciement ou quelque chose du genre. Encore une bonne idée.

 

Après 20 minutes, les uiro sont prêts, on les fait refroidir sur la glace. Les ingrédients se sont combinés pour former une confiserie à la texture flasque et collante.

Vient alors la dégustation. Un groupe d’élèves préposé lance le rituel du « Itadaki-masu« , une manière collective et individuelle, de se souhaiter « bon appétit ». Plus exactement, c’est une façon de remercier pour l’aliment que l’on reçoit. Puis tout le monde déguste l’uiro tout frais, qui passe très bien avec une tasse de thé. Car oui, chaque élève a son thermos de thé avec lui à l’école. Quant à nous, le thé nous a été offert… par la maîtresse !

 

Pour les gourmands, voici la recette de cette friandise :

 

Recette - Japon - Uiro2

 

 

 

Pour la deuxième fois en l’espace de deux jours, on a vécu une expérience inimaginable si on n’avait pas eu la chance d’être ainsi hébergés chez l’habitant.

Visiter cette école a été une grande chance pour nous, surtout dans le cadre d’un atelier de cuisine ! Et on a été impressionné par la discipline générale, le respect pour le matériel fourni et la propreté des lieux, des notions qui nous ont paru comme ancrées en chaque enfant, chaque adulte en devenir. Et en effet c’est bien comme cela, en apprenant dès le plus jeune âge à respecter les choses, à l’école comme à la maison, qu’il est ensuite possible de vivre dans un pays très propre, où tout est en bon état, maintenu et entretenu comme il se doit.

Finalement, la plus belle leçon de cette journée à l’école, c’est celle que NOUS avons apprise !



2 commentaires sur “Brèves Nippones #8 : Un cours de cuisine dans une école primaire


     Estelle a écrit :

    2 décembre 2015 à 09:05

    Coucou,
    En lisant votre article, je me disais : Tiens c’est mercredi… Tiens c’est une recette sucrée… Bonne idée pour le goûter !!!
    Sauf que je vais avoir du mal à trouver les ingrédients !!!
    Je vais quand même voir si je peux les trouver sur internet, pour un autre mercredi…
    Gros bizoo à tous les 2
    Estelle


       Frisita (voyagepartageetpotage.com a écrit :

      5 décembre 2015 à 14:24

      Ahahah :) Oui c’est sur que ce n’est pas la recette la plus simple à reproduire. Quoique, c’est quand même plus facile que de chasser le renne…
      Pour les ingrédients tu devrais peut-être les trouver chez Kioko, rue des petits champs à côté de Sainte-Anne à Paris. En plus faire un tour dans un supermarché japonais, c’est assez dépaysant !
      Amuse-toi bien et on espère bientôt des photos :D
      Bises à tous les 5 !

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